samedi 31 décembre 2016

BONNE ANNEE 2017




2016 est terminé. Sur Terre du Noir, de nombreux romans ont été chroniqués. J'en ai aimé beaucoup. Certains m'ont moins passionné que d'autres mais j'ai pris un réel plaisir à les lire et à en rédiger des commentaires.
Je profite pour remercier ceux qui me suivent dans cette aventure. Les maisons d'éditions par le biais de leurs attachés de presse me font une confiance que je salue ici. Merci à vous tous !
Les auteurs qui me parlent aussi de leurs livres et avec qui j'échange parfois. Même si mes chroniques peuvent être négatives, c'est toujours dans le respect de leur travail. J'essaie d'être le plus honnête possible.
Enfin, bien sûr je remercie les lecteurs sans qui un blog n'aurait pas de raison d'être. Merci à vous de me suivre.
Je vous souhaite donc à tous une excellente année 2017. Que celle-ci soit pleine de découvertes littéraires, de belles rencontres  et de bonnes lectures !

mardi 27 décembre 2016

Dans les brumes du mal, René Manzor, Calmann Lévy


Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud.
Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner.
En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent,
ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour?





Dans les brumes du mal est le troisième roman de René Manzor. Pour ma part, le premier que je lis de cet auteur. Qu'on se le dise tout de suite, ce roman a tous les ingrédients pour être un parfait thriller  : une intrigue solide, des décors fantastiques, un sens du suspens, une écriture rapide, des personnages sortis d'un film, des chapitres courts qui facilitent la lecture. Pourtant, je n'ai pas été séduit. Bien sûr, comme de nombreux lecteurs j'ai moi aussi tourné les pages avidement. J'ai voulu savoir la vérité. J'ai voulu aller au bout de ce roman. 

Un roman techniquement parfait

Je m'explique. Ce roman est techniquement très bien fait dans sa forme. Comme je viens de le dire, dans sa construction il n'y a rien à lui reprocher : chapitres courts qui alternent différents points de vue, suspense en fin de chapitre, maîtrise de l'auteur qui connaît ses classiques. Quelques fausses pistes subtilement amenées entretiennent la tension. Une atmosphère propice aux mystères dans les marais parachève le tout.
Mais voilà...

Un manque d'âme

Ce que je vais dire n'engage que moi mais exprime mon ressenti. Il manque je trouve une âme dans ce récit, juste ce qu'il faut pour qu'il passe du bon moment au thriller excellent. C'est difficile à expliquer mais je n'ai pas réussi à éprouver la moindre empathie pour les personnages. 
Tout d'abord l'agent Rhymes me paraît très dure. Les rares fois où ses sentiments s'expriment, c'est légèrement ridicule comme le moment où elle va rencontrer le révérend en prison. On ne peut pas dire cependant que ce personnage manque de profondeur. L'auteur l'a bien travaillé. Il donne des détails sur sa vie actuelle, son enfance, la façon dont elle s'est construite et c'est plutôt intéressant. Cependant, elle ne m'a pas paru sympathique. Elle est froide et distante. De fait, je n'ai pas éprouvé de sentiments particuliers à son égard.
Miller est l'un des personnages importants du  roman. Mais, comme pour Rhymes, j'ai trouvé qu'il lui manquait quelque chose. Sans rentrer dans les détails, on sait qu'il a perdu sa femme et qu'il élève seul sa fille de 11 ans. On sait aussi qu'il a fréquenté la rue durant sa jeunesse et qu'il était un petit truand des rues. Je n'ai pas non plus apprécié les relations qu'il a tissé avec sa fille. Je les trouves surfaites, caricaturales. La petite fille qui prend soin de son papa et qui lui parle d'égal à égal, pour moi, ça ne passe pas.

Un thriller implacable cependant

Malgré toutes les réserves que je viens d'émettre, j'ai bien apprécié cette lecture. On tourne les pages à une vitesse surprenante car l'écriture de René Manzor s'y prête. On a envie de savoir ce qu'il va se passer.
Je reconnais aussi avoir éprouvé quelques difficultés à écrire cette chronique. J'ai trop de sentiments contradictoires. J'espère donc que le lecteur ne m'en voudra pas.

Ce roman est disponible aux éditions Calmann Lévy que je remercie.






vendredi 23 décembre 2016

La nuit des chats bottés, Frédéric H Fajardie, éditions la Table ronde


Par amour pour Jeanne, jeune femme désenchantée, Stéphan et Paul, deux anciens militaires, vont lancer la plus grande opération de plasticage de tous les temps. Jeanne a souffert de voir son père humilié par la société. Stéphan et Paul vont lui offrir une revanche posthume : «La vie est une opération de commando, c’est une razzia sur l’amour, l’amitié, la tendresse, la bagarre, le pouvoir…» Masqués de cagoules, ils vont s’attaquer à une banque, à un P.M.U., à une clinique, aux usines Renault, au ministère des Finances, et même au Sacré-Cœur. Livre fondateur d’un romantisme noir et anarchique, La nuit des Chats bottés est une œuvre emblématique, un règlement de comptes phénoménal, saluée à sa sortie par une presse unanime.





Troisième roman lu de Frédéric H Fajardie pour ma part. Un roman qui commence par une histoire d'amour entre Stéphan et Jeanne. Jeanne qui va se trouver au coeur d'un engrenage de violence qu'elle n'essaiera pas d'endiguer quand la vérité va se dévoiler peu à peu.
Comme à son habitude, Fajardie ne passe pas par quatre chemins, ça castagne, ça bastonne et ça plastique à tout va. Il ne s'embarrasse pas de préoccupation psychologique, les personnages sont dressés rapidement, leur personnalité comme leur physique. L'essentiel n'est pas là. Fajardie s'attache à raconter une histoire, simplement.
Donc, on retrouve les policiers, barbouzes ou pourris, hommes politiques véreux et vénaux. Les chats bottés sont insaisissables. Ils les font tourner en bourrique, font sauter des objectifs bien précis et s'évanouissent dans la nature.
Comme d'habitude, les dialogues sont incisifs, parfois drôles, sans concession.
Bref, tous les ingrédients sont présents pour en faire un très bon polar, d'ailleurs unanimement salué par les critiques à sa sortie en 1979. Pourtant, je l'ai moins apprécié que les deux précédents. Je n'ai pas été conquis par l'histoire ni les personnages. Je trouve le prétexte pour tout faire pêter un peu... facile voire futile. Même le policier, je le trouve fade et sans envergure. Les chats bottés le provoquent, inscrivent son nom sur les lieux des différents plastiquages et lui, il est nonchalant, comme si rien ne l'atteignait.
Donc, une lecture qui me laisse sur ma faim, un peu perplexe. C'est bien mais pas extraordinaire.

Je remercie les éditions de la Table ronde pour cette découverte.






lundi 19 décembre 2016

Bienvenue à Cotton's Warwick, Michaël Mention, Ombres noires


Australie, Territoire du Nord. Dans l'Outback, on ne vit plus depuis longtemps, on survit. Seize hommes et une femme, totalement isolés, passent leurs journées entre ennui, alcool et chasse. Routine mortifère sous l'autorité de Quinn, Ranger véreux. Tandis que sévit une canicule sans précédent, des morts suspectes ébranlent le village, réveillant les rancoeurs et les frustrations. Sueur, folie et sang. Vous n'oublierez jamais Cotton's Warwick.




Les lecteurs de ce blog savent déjà que j'ai une affection particulière pour Michaël Mention dont je suis (et apprécie) la carrière depuis ses débuts.
Ils savent aussi que j'éprouve une affection particulière pour l'Australie, pays immense où tout est possible. 

Le nouveau roman de Michaël Mention est dans la continuité de son oeuvre. En ce sens, il est différent de tous les autres. Et oui, Michaël Mention est un auteur qui se renouvelle, qui tente des expériences, qui prend des risques, qui ne s'enferme pas dans un domaine. Il a tenté le huis clos (Unter Blechkoller), il a commis une trilogie bien noire (sale temps pour le pays, Adieu demain, Et justice pour tous), un pamphlet sur le PAF (la carnaval des hyènes) ou encore un docu-fiction sur un serial ailler (le fils de Sam). Tous avec un certain succès. 
Ce Bienvenue à Cotton's Warwick dépeint une petite communauté, repliée sur elle-même, oubliée du gouvernement australien, oubliée de tout le monde. Alors, ces gens survivent comme ils peuvent. Leurs relations se tissent, se déconstruisent à coups de poings avinés. C'est le choc, c'est violent. Soleil et alcool ne font pas bon ménage chez ces dégénérés menés par un chef véreux et sans scrupules. Les journées passent, les unes identiques aux autres. Les mois passent, pareil. Les années aussi. Karen, la seule femme, derrière le comptoir du seul bistrot, rêve de départ, d'une vie en ville, loin de l'Outback où chaque jour on peut y laisser sa peau. 
Et puis, il y a ce fameux razorback qui va bousculer ce fragile équilibre. A partir de là, tout s'écroule. Michaël Mention prend un malin plaisir à décrire la rapide décrépitude qui s'ensuit. L'apocalypse arrive à Cotton's Warwick. Comme le dit la bible, elle est incarnée par des animaux de toutes sortes. Comme dans le roman de James Patterson, Zoo, les animaux prennent le contrôle, se soulèvent contre l'être humain. Comme dans Les Oiseaux, la tension monte autour des volatiles qui font le siège de la bourgade. Acculés, les habitants pourront-ils s'en sortir ? 
Le nouveau roman de Michaël Mention est un survival que j'aimerais bien voir adapté au cinéma. Genre trop peu utilisé dans la littérature d'aujourd'hui, l'auteur nous ravit sur près de 300 pages pendant lesquelles on sourit (jaune), on frissonne, on vomit...

... car parfois, c'est un peu gore. Déjà, à certains moments dans ...et justice pour tous Michaël Mention nous avait montré qu'il pouvait l'être. Ici, il se lâche complètement. Cependant, on n'est pas dans la série B. On est dans un vrai roman bien écrit. Il n'y a jamais de sang pour rien, jamais de scène horrifique gratuite. Tout est savamment calculé. Les scènes découlent des actes des humains et comme dans The Walking dead, on peut se demander si le danger vient réellement des animaux. 
Je dois avouer malgré tout parfois, j'ai trouvé qu'il allait un peu loin, l'auteur. C'est hard, c'est cru mais, je le répète, toujours servi par une écriture fine, intelligente, travaillée. 
Je pense toutefois que l'éditeur aurait pu, à l'instar de certaines BD, indiquer la mention "pour lecteurs avertis" car ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. Il faut être bien préparé pour rentrer dans le monde de l'outback. L'Australie ne se donne pas, elle se mérite, avec Michaël Mention. 

Disponible chez Ombres noires.