vendredi 27 mai 2016

Gangsterland, Tod Goldberg, Editions Super 8

Tueur à la solde de la mafia de Chicago, Sal Cupertine est ce qui se fait de mieux dans le genre : discret, redoutablement efficace et doté d’une mémoire hors norme, il ne laisse jamais la moindre trace derrière lui. Jusqu’au jour où une opération tourne mal –très mal. Après avoir été contraint d’éliminer trois agents du FBI, Sal quitte la ville, caché dans un camion réfrigéré. Sa carrière est terminée. À moins que…



Inutile de le cacher, je suis un grand fan des écrits proposés par les éditions Super 8, des romans qui ont toujours ce supplément de ''je ne sais quoi'', un soupçon de fun, de déjanté, qui fait qu'il est dur en général de se freiner pendant la lecture. 
Sal Cupertine, "Rain Man", le nettoyeur attitré de la mafia de Chicago, un tueur fiable qui ne laisse jamais de traces derrière lui, commet son premier impair en assassinant trois agents du FBI. une erreur qui devrait conduire à sa perte...sauf qu'un deal lui est proposé. Une chirurgie faciale et un changement d'identité plus tard et adieu Sal Cupertine et bonjour à David Cohen, nouveau rabbin de Las Vegas. 
Les premières semaines sont difficiles pour David, il se doit d'apprendre une nouvelle langue, être capable d'être un rabbin à part entière, lui, le tueur sans remords, pour les membres du temple dont il a la charge...sans oublier la femme et l'enfant qu'il a laissés derrière lui et qu'il espère pouvoir retrouver un jour. Rapidement, David comprend que les pontes de la Mafia ne lui ont pas laissé la vie sauve sans arrières pensées, ils comptent sur lui pour mettre en place une combine permettant de se faire un maximum d'argent grâce au temple tout en se servant du cimetière pour se débarrasser des corps encombrants... Dans le même temps, nous suivons l'agent Jeff Hopper, jugé responsable du carnage qui a coûté la vie aux trois agents du FBI, lequel compte bien venger la mort de ses hommes et ne croit pas une seconde à la mort officielle de Sal Cupertine. 

Tout au long du roman, Tod Goldberg, partage çà et là des grands principes de la religion juive, du Talmud, des pensées qui petit à petit viendront s'encrer dans l'esprit de David Cohen. Un rabbin qui, du fait de son manque de connaissance, ajoutera parfois à ses discours des paroles de chansons de Bruce Springsteen, peu importe la provenance, du moment que la sagesse est diffusée, l'auditoire est ravi... Dans l'ensemble, j'ai bien aimé ''Gangsterland'', avec des personnages plus pourris les uns que les autres, des pointes d'humour non négligeables, mais je pense qu'une partie du roman, consacrée au changement de vie de Sal/David, sa nouvelle routine, bien que nécessaire, était un peu trop longue. Heureusement, pour ma part, l'enquête de l'agent Hopper m'a tenu en haleine et permis d'avancer rapidement dans la lecture. Quant au final, inutile de dire que je l'ai particulièrement apprécié et en refermant une dernière fois le livre, je ne peux que reconnaître que j'ai passé un très bon moment avec David Cohen et tous les personnages pas très nets de son entourage! 
Un bon livre pour le retour des beaux jours ! 

Ben

Les courses, Russel Wangersky, Presses de la Cité

Depuis le départ de sa femme, après dix-huit ans d'un mariage calamiteux, Walt, la cinquantaine légèrement bedonnante, vit seul. Pas d'amis, pas de vie sociale. Ce qu'il aime : déambuler la nuit dans les rues de sa ville et, de temps en temps, aller à la pêche dans des coins isolés. 
Walt est aussi collectionneur, quoique d'un genre particulier : agent d'entretien dans un supermarché, il récolte les listes de courses que les clients jettent dès les caisses passées. C'est devenu un hobby : ramasser ces listes et essayer de se faire une idée de la vie de leurs propriétaires. Ensuite, il aime bien vérifier s'il est tombé juste, jusqu'à s'introduire en douce chez ceux qui ont éveillé sa curiosité... Walt a-t-il seulement une petite manie inquiétante mais inoffensive ? Ou pourrait-il être à l'origine de la disparition de plusieurs femmes de la région ?



Voilà un roman qui n'aura pas répondu aux attentes que j'avais placées en lui après avoir lu le synopsis ainsi que les premières pages. Un vrai pétard mouillé tant le résultat final est éloigné de ce que j'espérais. 
L'idée de base me plaisait fortement, celle d'un agent d'entretien d'un supermarché qui a pour occupation de récupérer les listes des courses égarées ou jetées au sol par les clients afin d'essayer de découvrir la vie de ces personnes tout en cherchant à retrouver leurs traces. Walt, l'agent d'entretien, est devenu un vrai "spécialiste", d'une simple liste de courses, il est capable de dresser un portrait robot de son auteur, se trompant rarement sur celui-ci, une fois sa trace retrouvée...en effet, il n'est pas rare que les listes soient inscrites au dos de documents contenant adresses, noms, indications sur nos vies privées... Tout au long du roman, nous suivons Walt à de nombreuses reprises, dans ce rôle d'observateur invisible, en effet, qui se méfierait d'un simple agent d'entretien dont tout le monde ignore la présence? Walt nous parle régulièrement également de sa relation avec sa femme, qui l'a quitté peu de temps auparavant...peut-être l'élément déclencheur de cette passion dérangeante?! 

Dans le même temps, deux flics du coin sont à la recherche d'informations concernant la disparition de plusieurs femmes de la région, une enquête qui les pousse à interroger Walt et immiscer le doute dans l'esprit de la Police quant à cet agent d'entretien. Egalement, nous suivons Alisha, une cliente qui ne protège pas assez sa vie privée, la dévoilant sur internet sans s'imaginer que des personnes mal intentionnées pourraient rôder dans les parages, une Alisha qui se sent régulièrement suivie, observée, qui ne se sent plus en sécurité chez elle...Walt y est-il pour quelque chose? 

Un roman que j'ai achevé mais qui m'aura ennuyé dans sa seconde partie, lorsque j'ai compris que l'histoire ne décollerait pas et qu'on resterait sur le même rythme jusqu'au bout. De plus, pas mal de questions sont restées en suspens ou alors, c'est que je n'ai pas tout saisi?! Un livre qui ne restera pas dans les mémoires, en tout cas, pas dans la mienne, dommage car les ingrédients de départ m'avaient fait saliver d'avance.

Ben

Une offrande à la tempête, Dolores Redondo, Mercure de France


La mort subite d'une petite fille devient suspecte lorsque le médecin légiste découvre qu'une pression a été appliquée sur le visage du bébé. Très vite, les soupçons se portent sur le père au comportement étrange, qui tente même de dérober le cadavre du nourrisson afin de «terminer ce qui a été commencé». La grand-mère, elle, est persuadée que ce meurtre est l'acte d'Inguma, créature maléfique issue de la mythologie basque. 
Aux yeux de l'inspectrice Amaia Salazar, cette histoire est une énième légende. Mais lorsqu'elle décide de s'intéresser de plus près aux morts subites de nourrisson déclarées dans la vallée de Baztan ces dernières années, Amaia observe pourtant des similitudes troublantes et l'enquête prend une tournure inattendue. Fuyant son rôle d'épouse et de mère, Amaia se consacre entièrement à cette nouvelle affaire qui la mène à l'origine même des événements qui ont frappé la vallée et la confronte bientôt à son passé et à ses propres démons.



Troisième et dernier volet des aventures de l'inspectrice Amaia Salazar : Après le Basajaun (Le gardien invisible), le Tarttalo (De chair et d'os), Amaia Salazar affronte cette fois-ci le mythe basque d'Inguma, créature étouffant les personnes dans leur sommeil. Que dire sinon que cette trilogie, découverte grâce à la sélection des Prix Polars Pourpres, a été un vrai coup de cœur pour moi. Les deux premières histoires, teintées de mythologie/légendes basques ainsi que les enquêtes policières m'avaient convaincu et il en va de même pour cette dernière partie. Une fois de plus, la Vallée de Baztàn est au cœur d'un nouveau mystère, des morts subites touchant les nourrissons de manière bien trop fréquentes... 

Comme lors des deux précédentes aventures, Dolores Rendondo s'attache à mener une enquête policière fouillée, pleine de rebondissements tout en n'omettant pas de développer l'histoire personnelle de son personnage principal, Amaia Salazar, sa vie de couple, ses doutes, ses peurs, ses convictions, etc...une Amaia qui n'en ressort que plus humaine du fait de nombreuses blessures et faiblesses dont elle peut faire preuve. 

Contrairement aux deux premiers livres, j'ai trouvé que le thème de la mythologie était beaucoup moins présent, on est plus dans une enquête policière classique, il n'y a désormais plus tellement place au fantastique, même si tout au long du roman, on a droit à de nombreuses phrases faisant référence aux livres précédents (je ne peux que conseiller leur lecture...pour la qualité de ceux-ci mais également pour apprécier pleinement ce roman !). La difficulté était de faire trois enquêtes distinctes tout en réussissant à leur trouver un point d'accroche et de mon point de vue, Dolores Redondo y est parvenue avec succès. 

Le bémol que j'apporterai est que j'ai décelé assez rapidement une partie de l'intrigue et que j'ai été peu surpris au moment de la conclusion donc quelques regrets de ce point de vue là. 
Pour moi, ce roman est le moins réussi de la trilogie, tout en demeurant cependant de qualité avec une écriture agréable à lire et l'envie transmise au lecteur de tourner les pages et d'avancer rapidement dans la lecture. J'ai également été déçu par le fait que j'ai trouvé les personnages secondaires moins développés dans ce roman-ci que dans les autres. Tout tourne autour d'Amaia, Dolores Redondo s'est concentrée sur elle au détriment de son entourage familial ou professionnel. J'ai également peut-être moins apprécié ce roman que les deux autres par le comportement d'Amaia, qui allait à l'opposé de celui que je souhaitais, des attitudes qui n'allaient pas avec la personne que j'avais envie qu'elle soit... 

Cependant, cela reste un bon roman, plus classique que les deux premiers volets, mais agréable à lire. Il est quand même conseillé de lire "Le Gardien Invisible" puis "De Chair et d'Os" afin d'apprécier fortement l'histoire, l'évolution du personnage d'Amaia Salazar et de son entourage ainsi que de s'imprégner de l'ambiance présente dans cette partie du pays basque espagnol et aussi afin de comprendre les nombreuses références faites aux premiers romans. 
J'ai désormais hâte de découvrir les prochains romans de Dolores Redondo pour voir si elle saura confirmer son talent dans un autre registre ou avec des personnages différents que ceux créés pour cette magnifique trilogie.

Ben

jeudi 19 mai 2016

Le fleuve des brumes, Valerio Varesi, Agullo éditions


Dans une vallée brumeuse du nord de l'Italie, la pluie tombe sans relâche, gonflant le Pô qui menace de sortir de son lit. Alors que les habitants surveillent avec inquiétude la montée des eaux, une énorme barge libérée de ses amarres dérive vers l'aval avant de disparaître dans le brouillard. Quand elle s'échoue des heures plus tard, Tonna, son pilote aguerri, est introuvable. Au même moment, le commissaire Soneri est appelé à l'hôpital de Parme pour enquêter sur l'apparent suicide d'un homme. Lorsqu'il découvre qu'il s'agit du frère du batelier disparu, et que tous deux ont servi ensemble dans la milice fasciste cinquante ans plus tôt, le détective est convaincu qu'il y a un lien entre leur passé trouble et les événements présents. Mais Soneri se heurte au silence de ceux qui gagnent leur vie le long du fleuve et n'ont pas enterré les vieilles rancoeurs. Les combats féroces entre chemises brunes et partisans à la fin de la guerre ont déchaîné des haines que le temps ne semble pas avoir apaisé, et tandis que les eaux baissent, la rivière commence à révéler ses secrets : de sombres histoires de brutalités, d'amères rivalités et de vengeances vieilles d'un demi-siècle... 

Dans la lignée de Giorgio Scerbanenco ou du duo Fruttero et Lucentini, un polar impressionniste servi par une prose pleine de panache, qui nous plonge dans l'atmosphère humide et ténébreuse de l'Italie du Nord et de son histoire tourmentée. 



Agullo éditions est une toute nouvelle maison d'éditions qui devrait faire parler d'elle dans l'avenir par la qualité de ses publications.
Le premier roman qu'elle présente "Le fleuve des brumes" est un roman publié en Italie en 2003 et écrit par Valerio Varesi, un auteur dont je n'avais encore jamais entendu parler. 
Avant même d'entrer dans le détail du roman, je souhaite évoquer le livre en tant qu'objet. Une couverture originale, rendue à sa plus simple expression. Une seule illustration. Le nom de l'auteur, le titre du roman et le nom de la maison d'éditions se situant sur le bandeau. Rien d'autre. C'est sobre et beau. De plus, pas de glaçage sur la couverture. Un papier épais qui rappelle les productions des éditions Zulma. Moi, j'adore et déjà, on voit que les responsables de Agullo éditions veulent se distinguer. Mais ce n'est pas uniquement par la conception de l'objet-livre qu'ils vont se distinguer mais aussi par la qualité des textes. 
En effet, cette enquête, menée au rythme lent d'un fleuve endormi, est servie par un texte subtil et poétique : 
"Toute cette eau qui coulait le long des rues avait délavé la ville qui semblait livide comme aux dernières gouttes d'une hémorragie.... L'eau continuait à tomber de nuages bas, effrangés côté terre, qui lui rappelèrent les entrailles laineuses des matelas éventrés par la brigades des stups lors des perquisitions. Il avait l'impression que le seul endroit au sec était la braise de son cigare. Même ses os, aux premiers pas du matin, s'étaient amollis comme des manches de pelles que l'on mettrait à tremper."
Les personnages créés par Valerio Varesi sont aussi singuliers que le décor dans lequel est planté cette histoire. Le commissaire Soneri, sorte d'Adamsberg italien, aime la bonne nourriture et s'imprégner de l'ambiance plutôt que foncer tête baissée. Il prend son temps, jauge la température et évalue les tempéraments. Il marche beaucoup, réfléchit encore plus, discute et tâtonne. 
Angela, sa "fiancée", adore le surprendre en lui proposant des parties de jambes en l'air dans des endroits incongrus. Il lui faut du piment pour alimenter sa relation avec le commissaire qui ne lui refuse jamais rien. Elle est tonique et déterminée. La relation entre ces deux personnages est vraiment intéressante et sort des sentiers battues. On est loin de la mièvrerie qui peut caractériser les amoureux. 
Et puis, on a tous les personnages qui gravitent autour du commissaire et qui composent le noeud de l'intrigue. Les Tonna, frères, dont le passé sordide resurgit peu à peu. Le vieux Barigazzi, dont l'attitude paraît suspecte. Qui est-il vraiment ? Que cache-t-il ? 
Le Pô, ce long fleuve en crue, est un personnage à part entière dans ce roman. Dangereux ou paisible. Il prend mais rend toujours. "Tôt ou tard, le Pôt vient vous rendre visite." Enveloppé d'une brume persistante, il prend des allures fantomatiques qui donne au récit un ton énigmatique. 
Le Fleuve des brumes est un formidable roman qui pourra ravir ceux qui ne sont pas particulièrement attiré par les romans policiers mais qui adorent les bons mots, les belles phrases, les jolis textes. 
Pour ma part, ce "Fleuve" est mon premier coup de coeur de l'année ! 
Disponible chez Agullo Editions. 




vendredi 6 mai 2016

Magic time, Doug Marlette, Editions le Cherche midi


Quand Histoire et destinées individuelles se croisent…
 
1965. Alors que le mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King s’étend dans tous les États-Unis, le pays a les yeux fixés sur Troy, une petite localité du Mississippi. Quatre jeunes activistes y ont péri dans l’incendie d’une église. Deux membres du Ku Klux Klan sont arrêtés et condamnés à perpétuité.
 
1990. L’un des condamnés libère sa conscience en désignant le vrai responsable du crime. Un nouveau procès se prépare donc à Troy. De retour dans sa ville natale, Carter Ransom, ancien sympathisant dans la lutte pour les droits civiques et journaliste au New York Examiner, est aux avant-postes. Son premier amour, Sarah Solomon, faisait partie des victimes et son père, le tout-puissant juge Mitchell Ransom, avait conduit le premier procès. Carter veut faire toute la lumière sur cette période qui l’a marqué à jamais. Et c’est dans le passé qu’il va devoir fouiller pour mettre au jour une vérité aussi terrible qu’inattendue.
 
Doug Marlette retrace ici toute une époque, trouble, pleine de non-dits, de soupçons et de positions ambiguës, mais aussi de courage, de droiture et de passion. Celle de la lutte pour les droits civiques. Avec une intrigue haletante et des personnages d’une rare humanité, Doug Marlette signe un chef-d’œuvre, à classer entre les romans de John Grisham et de Tom Wolfe.

Roman surprenant que ce "Magic time" qui débute à New York pour finir dans le Mississippi. On suit le chemin de Carter Ransom, journaliste et chroniqueur qui après un "burn out" vient se ressourcer dans sa ville du sud des Etats-Unis, Troy. Les semaines passent, lentement. Les amis défilent, les souvenirs ressurgissent les uns après les autres. Le drame qu'il a vécu 25 ans auparavant et qu'il a essayé d'enfouir au fond de lui refait surface avec l'ouverture du procès d'un des coupables de l'époque. L'incendie par le Klan d'une église et le meurtre de quatre de ses amis dont sa fiancée Sarah serviront de fil conducteur à cette véritable fresque du sud. 
Le récit alterne entre les années 60 et les années 90. Carter est le protagoniste principal de ce livre où la petite histoire rejoint la grande Histoire. Celle qui a façonné les Etats-Unis actuels. Celle de la lutte contre la ségrégation, de Martin Luther King, des droits des Noirs. 
Deux parties pour ce roman qui débute comme un retour aux sources pour Carter qui retrouve ses amis, retrace le parcours de Lige, son ami d'enfance qui est s'est lancé corps et âmes dans la lutte pour les droits civiques. On trouve aussi le Jimbo Stein, juif cynique et comique qui a passé son adolescence auprès de Carter. Lonnie et Stephen complète le tableau. Roman sur les amitiés, c'est aussi ça Magic Time. On se plaît à suivre les aventures de ces jeunes adultes, tout juste étudiants, déchirés entre les valeurs humanistes qu'ils aimeraient défendre et le poids de l'Histoire du sud du pays. 
Puis vient le procès et la deuxième partie du roman. Ici on est plus proche des livres de John Grisham et si l'auteur donne de nombreux détails quant au déroulement d'un procès, il ne nous noie pas dans un vocabulaire abscons. 
Enfin, alors que l'on croit l'histoire scellée et le procès bouclé, ultime pirouette qui donne un peu de piment à cette histoire. C'est rondement mené. L'auteur joue avec nos nerfs pour notre plus grand plaisir. 
Très très bonne surprise que ce "Magic time", surprenant et haletant. 

mardi 3 mai 2016

Orages, Estelle Tharreau, Editions Taurnada

Si vous éleviez seule une fille de seize ans et que votre petit ami devenait trop encombrant, refuseriez-vous un travail et une belle maison dans un village de carte postale où tout le monde semble prêt à vous aider ? Il est probable que non. Pourtant, vous auriez tort !
Les nuits d'orage peuvent s'avérer mortelles pour qui ne sait pas lire entre les lignes du présent et celles d'un passé enfoui depuis plus d'un siècle dans un cahier d'écolier jauni et écorné.




Les éditions Taurnada, dont on a eu l'occasion de parler ici notamment avec le roman "Le visage de Satan (http://terredunoir.blogspot.fr/2016/03/le-visage-de-satan-florent-marotta.html) continuent leur bonhomme de chemin et nous proposent ce premier roman d'Estelle Tharreau, Orages.
Tout commence pourtant bien avec ce nouveau poste de comptable qu'accepte Béatrice dans un petit village où tout le monde se connaît et où "tout le monde se plaît". Les gens sont sympathiques, les lieux superbes mais cette sérénité cache-t-elle quelque sombre réalité ? 
Sitôt installée dans sa nouvelle maison, la fille de Béatrice, 16 ans, va vite découvrir un vieux cahier dans lequel l'histoire de la ville est consignée. Mais quelle histoire ! 
Le roman d'Estelle Tharreau est divisé en chapitres relativement courts et le récit alterne entre la vie de Béatrice, de sa fille et les extraits du cahier où l'on retourne dans le passé. 
Tout comme donc très bien dans ce roman mais peu à peu le vernis s'écaille, les masques tombent, la réalité refait surface. 
L'auteur parvient avec subtilité à distiller des indices avec parcimonie pour faire grandir le suspens jusqu'au dénouement. En même temps, elle utilise les éléments, comme pour donner un sens à l'apocalypse que Béatrice met au jour, l'orage menace, gronde et éclate dans ce village perdu. Si les coupables sont vite identifiés, il n'en reste pas moins leur motivation à découvrir, les liens qui les unissent (pour le meilleur et surtout pour le pire), les poids de leur histoire. 
J'ai particulièrement apprécié également le trio que forme les adolescents et qui se sentent investis d'une mission : découvrir la vérité par tous les moyens et en dépit des conséquences possibles sur leurs familles. Très courageux de leur part. 
Pour conclure, ce roman est une belle surprise à découvrir aux éditions Taurnada.