dimanche 22 novembre 2015

Territoires, Olivier Norek, pocket


Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L'exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d'à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé... et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution.
Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ?
Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles – loin d'être aussi fictives qu'on pourrait le croire – où les assassins eux-mêmes sont manipulés.



J’ai lu ce livre il y a quelques semaines, je peux même dire que je l’ai dévoré tant ma lecture du roman a été rapide. Il était vraiment difficile de se détacher de cet écrit ô combien réaliste, un réalisme qui fait même froid dans le dos. 
Difficile de faire meilleure entrée en matière que dans ‘’Territoires’’ : dés le prologue du roman, trois caïds qui tiennent le quartier par leur trafic de drogue, sont assassinés. Les forces de l’ordre se trouvent dans l’expectative…qui a fait ça ? Qui va reprendre le trafic ? A qui profitent ces crimes ? Etc. 
Le livre dépeint parfaitement la vie de nombreux jeunes des quartiers, une vie sans espoir, sans but particulier et qui ne sait se tourner que vers le trafic en tout genre. Dans le même temps, certains retraités des quartiers dits sensibles se doivent de trouver de nouveaux artifices s’ils veulent survivre à ce nouveau voisinage. Ajoutez à cela le pouvoir des politiciens, bien plus impliqués qu’on ne pourrait le croire dans la violence présente dans les quartiers et vous aurez un aperçu de ce que vous trouverez dans le roman d’Olivier Norek. 
J’ai vraiment adoré ce roman, on sent que l’auteur, ancien flic, connaît parfaitement son domaine. Les scènes sont décrites à la perfection, la tension est palpable, les émotions retranscrites parfaitement, on se croirait sur le terrain en compagnie de certains policiers. Pour une fois d’ailleurs, pas de super flic, pas de Jack Bauer à la sauce française, juste des hommes et femmes comme nous, avec leurs forces et faiblesses, des êtres humains avec des failles mais également un sens certain du devoir. 
Un excellent roman traitant du mal de nos cités et de la complaisance du pouvoir politique vis-à-vis de certains individus, un livre que certains liront certainement avec un œil différent du fait de la terrible actualité touchant la France actuellement… Un roman à découvrir et qui donne envie de lire le précédent d'Olivier Norek, ''Code 93''.
BEN 

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lundi 16 novembre 2015

La mort en tête, Sire Cédric, Pocket.

À Drancy, en Seine-Saint-Denis, dans une chambre d’enfant, une scène d’exorcisme tourne au drame... Mais tout a été consciencieusement filmé par un journaliste.
À Paris, au cours des jours qui suivent, la policière Eva Svärta, enceinte, se sent observée – impression désagréable ou mauvais pressentiment ? Elle sait que le danger rôde. Très vite, entre Paris et Toulouse, le duo d’enquêteurs Eva Svärta et Alexandre Vauvert devient la proie d’un tueur psychopathe...


Nouveauté chez Pocket, ce roman de Sire Cédric a été initialement publié en 2013. 
Dans ce nouveau thriller, l'auteur reprend ses personnages préférés : le commandant Vauvert et la policière albinos Svärta qui vont être malmenés tout au long des presque 700 pages que comptent le livre. 
Comme à son habitude, Sire Cédric tisse une intrigue solide avec  ici et là un brin de fantastique auquel il faut adhérer pour bien appréhender le roman. Tout cela commence comme un film d'épouvante devenu culte. Un exorcisme qui vire au drame. Un enfant possédé. Un journaliste avide de sensationnalisme. Des parents (ici un oncle et une tante) complètement paumés. Tel est le point de départ. 
Page turner ? Sans aucun doute. Les péripéties se suivent sans temps mort. La succession de chapitres courts aide aussi le lecteur à avancer à toute allure dans l'histoire. Les différents protagonistes n'ont pas le temps de se retourner que déjà un nouveau drame se noue. Plus ils avancent dans la résolution de l'énigme, plus les deux policiers s'enferment dans un piège terrible et dans lequel on ne leur voit pas d'issue. 
C'est donc l'une des forces du livre. L'auteur n'hésite pas à bousculer le lecteur. Ses héros sont blessés, traqués, impuissants face à une menace grandissante. Suspectés, ils doivent fuir, se terrer. D'un côté, les flics, de l'autre le prédateur. 
Quelques passages toutefois légèrement gnangnan mais qui n'empêchent pas la lecture. Par exemple quand Amy est blessée, elle dit : "laissez-moi, je vais vous retarder...". On voit ça dans tous les films, on lit ça dans de nombreux livres.  Pour le coup, l'auteur aurait pu être plus inspiré. 
Pour conclure, j'ai beaucoup aimé ce livre dans lequel je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Sauf peut-être pour le passage un peu mystico-ésotérique de la médium. Pour le reste, c'est un roman détonnant et étonnant. Sire Cédric creuse encore plus son empreinte dans le thriller fantastique. 



jeudi 12 novembre 2015

Sujet 375, Nikki Owen, Super 8 éditions.

« Je suis le Dr Maria Martinez et je suis – enfin, j’étais – spécialisée en chirurgie réparatrice. J’ai 33 ans. Lieu de naissance : Salamanque, Espagne. Ah, et je suis accusée du meurtre d’un prêtre catholique. » 

Maria Cruz-Banderras est en prison. Si elle est convaincue d’être innocente des faits qui lui sont reprochés, toutes les évidences sont contre elle. Son alibi ne tient pas la route et les tests ADN confirment qu’elle était bien sur les lieux du crime au moment du meurtre. Atteinte du syndrome d’Asperger, Maria se souvient de tout… sauf de ce qui la concerne intimement. Auprès des thérapeutes, elle va puiser dans ses facultés uniques pour tenter de se remémorer son passé récent. Des endroits étranges. Des gens plus étranges encore… Le puzzle épars qu’elle essaie de reconstituer ne semble pas faire sens. Sauf à croire à des années de mensonges et de faux-semblants. Ce qui est, bien sûr, totalement impossible. À moins que…




En voilà un roman à l’issue duquel, j’ai un avis partagé. Si la première partie m’a paru longuette, ayant du mal à avancer dans la lecture, la seconde m’a tenu en haleine et j’ai avalé les pages à grande vitesse. 
Tout au long du roman, l’auteur écrit de telle sorte que de grands doutes s’immiscent en nous concernant la culpabilité de Maria, laquelle est en prison pour le meurtre d’un prêtre. Atteinte du syndrome d’Asperger – syndrome parfaitement décrit dans le roman -, Maria a une mémoire sans faille, photographique, il lui suffit de voir quelque chose pour l’enregistrer dans son cerveau. Cela devrait lui permettre de reconnaître sa culpabilité dans le meurtre du prêtre mais pourtant, concernant cet acte, c’est le trou noir, impossible de s’en souvenir, pourtant, tout l’accable, alibi, traces ADN, etc… 
Au sein de la prison, les personnes qu’elle rencontre, le directeur, ses thérapeutes, ses codétenues, sa famille etc…tous ont un côté étrange qui laisse le doute chez le lecteur…Maria est-elle victime d’une machination qui la dépasse ou non ? Le mystère concernant le meurtre demeure jusqu’au bout du roman et c’est là la grande force de l’œuvre de Nikki Owen. 

J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, n’étant pas forcément emballé par le thème du roman, mais au fil des pages, j’ai réussi à m’en imprégner et je me suis fait aux sautes d’humeur de Maria, à ses peurs, sa paranoïa, ses obsessions, son Asperger bien présent tout au long du roman. 
L’auteur excelle particulièrement dans le fait de mettre le doute dans l’esprit du lecteur concernant la culpabilité ou non de Maria, on se sent manipulé par Nikki Owen, et c’est plutôt une réussite de ce côté-là ! Même si ce n’est pas forcément ce dont je raffole habituellement, ce livre reste un vrai bon thriller psychologique aux Editions Super 8.

Ben

lundi 9 novembre 2015

L'île de Nera, Elizabeth George, Pocket

Une étrange jeune fille qui ne parle pas, un phoque entièrement noir, appelé Nera, qui revient chaque année à la même date – l'île de Whidbey abrite bien des mystères. Et Becca King, avec sa fausse identité et une histoire familiale compliquée, n'est pas la moins mystérieuse de ses habitants. Réfugiée depuis peu sur l'île pour échapper à un meurtrier, Becca se retrouve chargée par la communauté scientifique d'observer le phoque Nera, l'attraction locale, avec Jenn, son ennemie jurée. Et les deux adolescentes n'auront pas trop de leurs talents conjugués pour faire toute la lumière sur cet animal aussi singulier que surprenant...




Elizabeth George est auteur que j'ai beaucoup lu et apprécié. J'ai avalé avec délice tous ses romans mettant en scène le fameux duo Linley/Havers. J'ai été envoûté par ses descriptions et ses intrigues passionnantes. Puis, je l'ai mise de côté. Plusieurs de ses romans m'ont déçu. 
Lîle de Nera marque mon retour. Il s'agit ici du deuxième tome d'une trilogie "the edge of nowhere". Le premier sorti en 2013 est intitulé "Saratoga Woods". Il met en scène une jeune fille, Becca. Dans ce second roman, Becca a trouvé refuge sur l'île de Nera. 
J'ai appréhendé ce livre difficilement. N'ayant pas lu le premier tome, j'ai été un peu perdu. De nombreuses questions se pressaient : Qui est cette fille ? Qu'est-ce qu'elle fait toute seule sur l'île ? Que fuit-elle ? Quel est son pouvoir ? Quel est le genre de ce roman ?
Car Becca possède un pouvoir, celui d'entendre les pensées des personnes qu'elle côtoie. Mais comme elle maîtrise mal ce don, elle est souvent obligé de se munir d'un appareil auditif que les autres confondent avec un lecteur de musique. Donc, il y a un petit côté fantastique. Et j'en arrive alors à une autre interrogation. A qui s'adresse ce roman ? 

Si l'intégralité du livre est ponctué par les pensées des personnages que surprend Becca, ce n'est que dans les derniers chapitres que le fantastique explose. Jusque là, l'auteur construisait son récit comme un polar. 
Ensuite, je me suis demandé quel public Elizabeth George voulait conquérir. Les adultes ? Les ados ? A ce jour, je n'ai pas répondu à cette question tant le ton du roman me paraît se rapprocher de la trilogie de Harlan Coben avec Mickey Bolitar. Cela dit, cette indécision ne m'a pas gêné. 
D'une manière générale, j'ai bien aimé ce livre même s'il faut absolument avoir lu le premier tome pour mieux saisir la complexité de l'intrigue. Le côté fantastique vient un peu tard à mon goût et n'est pas assez exploité. C'est dommage car l'auteur tenait là une bonne légende que je ne connaissait pas du tout. 
Bref, si ce roman n'est pas le livre de l'année, il est sans conteste un bon divertissement.