jeudi 27 août 2015

Hors de moi, Didier Van Cauwelaert

« J'ai tout perdu, sauf la mémoire. Il m'a volé ma femme, mon travail et mon nom. 
Je suis le seul à savoir qu'il n'est pas moi : j'en suis la preuve vivante. 
Mais pour combien de temps ? 
Et qui va me croire ? » 

Dédoublement, folie, manipulation mentale ? Explorant une nouvelle fois les mystères de l'identité, Didier van Cauwelaert a écrit un suspense hallucinant, l'odyssée d'un homme seul en lutte contre le mensonge de son entourage... ou sa propre vérité.




Voici un livre qui trainait sur ma pal depuis plusieurs années déjà, n’ayant jamais pris le temps de m’y attarder…c’est désormais chose faîte, il m’aura fallu une petite nuit pour lire ce court roman, en partie à cause du faible nombre de pages mais également grâce à son suspense haletant. 
On suit un individu, Martin Harris, qui vient de sortir de l’hôpital suite à un accident qui l’a plongé quelques jours dans le coma. Quand il arrive dans l’appartement au sein duquel il vient de s’installer avec sa femme, un autre homme lui ouvre la porte : il dit que son nom est Martin Harris. Quant à son épouse, elle ne le connaît pas mais est mariée à ce second Martin Harris… Débute alors un roman plein de suspense, le Martin Harris que nous suivons, à l’aide d’une mémoire étrangement infaillible, cherchant à démontrer qu’une machination a été mise en place pour le faire disparaître de la circulation, son « double » vivant avec sa femme, ayant pris son travail… Le lecteur est par la force des choses pris à témoin, cependant, on ne peut s’empêcher de nous poser la question s’il est le vrai Martin Harris ou si ce n’est lui l’imposteur ? 
L’auteur réussit à maintenir le suspense et semer le doute au lecteur tout au long du roman, c’est donc une réussite de ce côté-là. Une lecture prenante, un bon petit thriller. 
Par contre, la fin est quelque peu décevante, surtout bâclée j’ai trouvé, c’est dommage. Pour ce qui est du style d’écriture, ça m’a semblé peu recherché, c’est bizarre, d’habitude je ne me sens pas capable de juger un auteur mais là, ça m’a semblé plutôt « bas de gamme », l’impression qu’il a écrit son texte sans chercher à l’embellir. Une chose qui m’a un peu désintéressé, c’est par moments la multitude de détails du monde de la botanique (Martin Harris étant botaniste…). 
Je pense quand même que ce roman, bien que lu rapidement grâce à son suspense, entrera dans la catégorie « aussitôt lu, aussitôt oublié ». 
A noter que le livre a été adapté au cinéma en 2011 sous le nom « Sans Identité » avec Liam Neeson et Diane Kruger en acteurs principaux.


BEN
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Les rivières pourpres, J.C Grangé

Un cadavre, horriblement mutilé, suspendu entre ciel et terre dans les montagnes de la région grenobloise. Une tombe, celle d'un petit garçon, mystérieusement «visitée» pendant la nuit, cependant que les dossiers le concernant disparaissaient de son école. Deux énigmes, que vont s'attacher à résoudre deux flics hors normes : Pierre Niémans, policier génial, dont les méthodes peu orthodoxes ont compromis la carrière. Et Karim Abdouf, l'ancien délinquant devenu flic, dont la couleur de peau et les dreadlocks suscitent plutôt la défiance dans le trou de province où on l'a nommé… Les deux affaires vont se rejoindre, et les deux hommes se reconnaître. Ensemble, ils vont remonter vers le terrifiant secret des rivières pourpres. Un secret qui ne nous sera livré qu’aux dernières pages de ce thriller exceptionnel, dû à l'auteur du Vol des cigognes et porté à l'écran par Mathieu Kassovitz. 

Avec près de vingt ans de retard, je me suis attaqué à ce roman qui confirmait tout le talent de Jean-Christophe Grangé. N’ayant encore jamais vu le film malgré ses multiples rediffusions, le livre a été une totale découverte pour moi et j’en ai été ravi. 
L’histoire est plutôt classique dans ce polar : un meurtre avec une signature du tueur qui ne laisse pas indifférent, pas de témoins, une victime sans histoires, une enquête dans une impasse, un flic aux méthodes plus que limite (Pierre Niémans)... Dans le même temps, à l’autre bout du pays, des dossiers du passé manquants, une tombe profanée, un enfant à l’identité erronée,…une seconde enquête, avec un flic au passé pas reluisant et aux convictions pas très nettes (Karim Abdouf) ; deux enquêtes qui n’ont a priori rien à voir mais dont on sait qu'elles sont forcément liées…reste à savoir comment. Lorsqu’enfin, les deux investigations se rejoignent, on cherche à comprendre la signification du terme des « Rivières Pourpres » qui est apparu à plusieurs reprises au fil du roman…ça file alors à toute vitesse et la tension atteint des sommets jusqu’aux dernières pages. 

Violence, conspiration, vengeance, suspense, tension, machination, tout est réuni pour faire de ce livre une réussite…même le final m’a particulièrement plu, ce qui n’est pas toujours le cas dans les romans policiers. Je regrette cependant que la fin n’ait pas été plus développée, quelques pages supplémentaires n’auraient pas été du luxe... J’ai bien aimé par contre le fait de basculer un chapitre sur deux avec l’un des deux enquêteurs…cela décuple forcément notre envie d’en savoir plus et de dévorer le livre à toute vitesse. Un très bon thriller que je ne peux que conseiller aux fans du genre.

BEN 

Le prédicateur, Camilla Läckberg, Actes Sud.



Dans les rochers proches de Fjàllbacka, le petit port touristique suédois dont il était question dans La Princesse des glaces, on découvre le cadavre d'une femme. L'affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes... L'inspecteur Patrik Hedstrôm est chargé de l'enquête en cette période estivale où l'incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse d'Erica Falck, sa compagne. Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent. Alors que Patrik assemble les morceaux du puzzle, on apprend que Jenny, une adolescente en vacances dans un camping, a disparu. La liste s'allonge...

Il y a quelques mois, j’avais lu mon premier « Camilla Läckberg » avec son « La Princesse des Glaces », premier tome de sa série consacrée au personnage d’Erica Falck, ‘’romancière-enquêtrice’’. J’ai poursuivi l’aventure en m’attaquant donc au second livre de la série. 

L’histoire débute par la découverte d’un corps d’une femme torturée avant d’être assassinée sous lequel repose des ossements de deux corps de femmes disparues vingt-quatre ans auparavant. L’analyse des os ne laisse aucun doute, les trois corps ont subi exactement les mêmes coups, fractures, c’est le même mode opératoire… Le policier Patrick Hedstrom, en couple avec Erica Falck, est chargé de mener l’enquête qui s’annonce compliquée. De nombreux éléments de l’enquête poussent rapidement celle-ci vers la famille Hult, une famille brouillée en deux clans depuis plus de vingt ans. Une famille brisée également par le suicide de l’un des leurs vingt-quatre ans plus tôt, accusé à tort d’être à l’origine de la disparition des deux femmes dont on vient de retrouver les corps… 

Sur fond de secrets de famille bien gardés, d’analyses ADN, de religion, de fausses pistes, etc…l’enquêteur va devoir démêler le vrai du faux afin de trouver le coupable. Si l’enquête en elle-même est plutôt réussie, prenante, avec également des flashbacks (même si pas forcément ‘’utiles’’) nous mettant dans la peau des deux premières victimes, je dois dire que j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup trop de personnages dans ce roman, une bonne partie de ceux-ci sont inutiles. Dans le même temps, ce qui est plutôt dommage étant donné qu’il s’agit de la série ‘’Erica Falck’’, tout ce qui l’a concernée de loin ou de près, elle, sa sœur, ses cousins…j’ai trouvé ça d’un ennui !!! Heureusement, elle est au final peu présente dans le roman dont Patrick est le personnage principal. 

Au final, c’est une bonne enquête policière même si pas révolutionnaire (j’ai tout de même préféré celle-ci à celle de ‘’La Princesse des Glaces’’). A noter que le roman peut être lu sans avoir forcément pris connaissance du premier.
BEN

La petite fille qui aimait Tom Gordon, Stephen King, éditions retrouvailles.

C'est exprès que Trisha s'est laissé distancer par sa mère et son frère, ce jour-là, au cours d'une excursion sur la piste des Appalaches. Lassée de leurs sempiternelles disputes depuis que Papa n'est plus là. 
Ce qu'elle n'imaginait pas, c'est que quelques minutes plus tard elle serait réellement perdue dans ces forêts marécageuses. Qu'elle affronterait le froid, la faim, la nuit, les bruits et les rumeurs de la nature. Et deux personnages terrifiants acharnés à sa perte : la Teigne et la Chose. Il lui reste son baladeur, grâce auquel elle peut suivre les exploits de son idole, Tom Gordon, le joueur de base-ball. Le seul qui peut l'aider, la sauver.


A partir d’une histoire toute simple, sans fioritures, Stephen King nous emporte avec lui vers une aventure semée d’embûches et de frissons. Pas d’horreur ni de fantastique dans ce roman, juste une histoire à prendre comme un conte, avec en héroïne une petite fille perdue dans la forêt et contrainte de survivre dans ce monde qui peut rapidement devenir hostile à l’homme, encore plus lorsque l’on est encore qu’une enfant… Trisha, l’héroïne du roman, prend d’abord les choses avec philosophie lorsqu’elle se rend compte qu’elle s’est perdue, à elle la liberté, elle en rigolerait presque, puis les heures s’accumulent, les journées s’enchaînent et de nombreux sentiments viennent alors se succéder les uns aux autres…la peur, la tristesse, la folie, la solitude, le désespoir…des réactions logiques face au destin tragique qui se dessine pour elle…heureusement, une bouffée d’air frais lui permet de garder la tête hors de l’eau, sous le nom de Tom Gordon, un joueur de baseball dont elle est la plus grande fan et dont elle possède la casquette dédicacée, un joueur dont elle peut encore suivre les exploits grâce au walkman qu’elle avait sur elle lorsqu’elle s’est perdue…Tom Gordon, son dernier lien avec le monde extérieur ! 
Ce livre est un écrit sur la peur, sous toutes ses formes. Stephen King réussit à nous tenir en haleine, aux côtés de la petite Trisha, souhaitant avec elle fuir cette forêt qui l’a attirée dans ses entrailles et retrouver au plus vite le monde des humains, notre civilisation. Ce livre met en avant, selon moi, la volonté, la force et l’ingéniosité de l’espèce humaine à toujours vouloir aller de l’avant et trouver des solutions pour sa survie, malgré l’hostilité du monde qu’elle peut affronter. Dans le même temps, ce roman relativise la puissance de l’Homme qui n’est que peu de choses face à la nature brute telle que peut l’être une forêt. 

Un bon petit livre, plaisant et rapide à lire.

BEN.