vendredi 24 juillet 2015

Dead Zone, Stephen King

Et pourquoi pas un "petit" King pour les 3 ans de Terre du noir ? 


Greg Stillson, candidat à la Maison-Blanche, est un fou criminel, grand admirateur d'Hitler et d'autres maniaques de l'extermination. Quand il sera élu, ce sera l'Apocalypse. Un seul homme le sait : John Smith, car il est doué d'un étrange pouvoir qui lui attire pas mal d'ennuis, il devine l'avenir. Il n'y a rien de réjouissant à cela. Il peut prévoir les accidents, les catastrophes, les hécatombes. On ne le croit pas, ou alors on le croit trop. John Smith n'a encore rien dit de ses prémonitions. Pourtant, le candidat à la présidence des Etats-Unis est un dément. Que fera John Smith pour son pays ?


Cet été, j’ai décidé de rattraper une partie de mon énorme retard en m’attaquant à quelques romans de Stephen King, auteur mondialement connu mais que j’avais laissé de côté. Dans mon esprit, il était catalogué « horreur » et n’étant pas particulièrement fan de ce type d’histoires, j’avais délaissé ce monstre de la littérature contemporaine. Après avoir dévoré « Mr Mercedes », je me suis donc penché sur l’un de ses anciens livres, « Dead Zone », paru en 1979. 


Au début des années 2000, j’avais suivi avec un fort intérêt la série tv tirée du roman, diffusée sur M6 à l’époque, même si malheureusement, je n’avais pas vu les derniers épisodes, n’ayant ainsi jamais connu le dénouement des aventures de John Smith. Me plonger dans le roman a été particulièrement facile, facilité certainement par ma connaissance de la série tv, il est dur en effet de ne pas visualiser les personnages de Stephen King de la façon dont on a pu les voir à l’écran… 

Nous sommes en 1970, Johnny Smith vit des jours heureux aux côtés de sa ravissante fiancée, Sarah, quand un soir, en rentrant chez lui, il est victime d’un accident de la route et se retrouve dans le coma. La première partie du roman est plutôt triste, Johnny est inerte sur son lit d’hôpital et nous ressentons la douleur de la famille suite à l’accident qui a changé le cours de plusieurs vies. C’est écrit avec beaucoup de justesse et on ressent énormément de tristesse à travers les parents de Johnny ainsi que Sarah, sa fiancée qui, après quelques années, se doit de reconstruire sa vie. 

Après six années plongé dans le coma et contre toute attente, Johnny se réveille, mais doté d’une aptitude extraordinaire, pouvoir prédire l’avenir ou tout connaître des gens qu’il croise grâce à des visions qu’il a ne serait-ce qu’en les touchant. Si dans sa vie de tous les jours, tout connaître de ses congénères peut être fatigant, cela devient un don du ciel lorsqu’il aide la police bloquée dans la recherche d’un tueur en série. Ce don à double tranchant est au final un handicap avec lequel vivre, devant faire face à la défiance/scepticisme des autres tout en posant des questions de conscience lorsqu’il croise la route d’un politicien aux dents longues, lequel a pour but de devenir Président des Etats-Unis d’Amérique. John Smith doit-il faire confiance à ses visions apocalyptiques ou laisser le destin faire les choses ? 

Ce roman est vraiment bien construit et nous pousse à nous poser la question : Que ferait-on si nous avions le pouvoir de voir le futur et qu’on savait qu’une personne s’apprête à faire quelque chose d’affreux ? Resterions-nous silencieux ou tenterions-nous de la stopper ? Je dois dire qu’avec du recul, après avoir lu le roman, je tire mon chapeau aux scénaristes de la série tv qui ont fait de très légers changements dans la trame de fond mais des modifications avisées qui rendaient le côté dramatique encore plus fort que dans le livre. On notera aussi avec sympathie le petit clin d’œil glissé par Stephen King à l’adresse de « Carrie », son premier roman, paru en 1974. 

Pour ceux qui, comme moi, ne sont pas friands des histoires d’horreur, plongez sans hésitations dans « Dead Zone », un bon roman teinté à la fois d’un peu de romance, de fantastique, et d’une bonne dose de psychologie et de thriller dans sa dernière partie. 

Ben

mercredi 22 juillet 2015

Les belges reconnaissants, Martine Nougué, Editions du Caïman"""

Castellac était un village apparemment tranquille jusqu'au jour où son maire est retrouvé raide mort dans la garrigue. Pénélope Cissé, officier de police du commissariat de Sète, va devoir fouiller dans le passé trouble du village pour retrouver l'assassin de Monsieur le Maire. Elle va être confrontée à quelques habitants pittoresques mais pas toujours très coopérants, protégeant leurs petits secrets et peu amènes à l'égard de ces « étrangers », les nouveaux habitants venus du nord, ou cette flic Africaine qui fouine dans leurs histoires. Extrait : « Une espèce de dynastie locale entreprenante et bienfaitrice, la vigne, des familles imbriquées depuis des générations, leurs petites et grandes histoires, l'inéluctable urbanisation d'un village prospère, des chasseurs, un nid de militants écolos et une journaliste engagée qui épiait nuitamment les galipettes champêtres d'un maire et de quelques élus aux moeurs joyeuses... Pénélope revoyait son entretien avec Marianne Grangé qui avait effectivement justifié sa présence à la bergerie, la nuit de la disparition du maire, en expliquant qu'elle s'apprêtait à révéler quelques-unes des pratiques des édiles locales. ... 




Pour son premier roman, Martine Nougué explore les âmes d'un petit village niché dans la garrigue, ces petits villages repliés sur eux-mêmes, où tout le monde se connaît depuis des générations. Mais voilà quand des "étrangers" débarquent et qu'ils veulent mettre des coups de pied dans la fourmilière, on peut comprendre que ça ne plaît pas à tout le monde. Quand l'équilibre est bousculé , rien ne va plus. 
Les éditions du Caïman nous offrent ici un bon petit roman policier comme je les aime. L'intrigue n'est pas très complexe certes mais les personnages sont bien pensés. Pénélope Cissé est une lieutenant de police originaire du Sénégal et qui semble traîner quelques casseroles dont on ne saura rien de plus. On trouve aussi les écolos prêts à tout pour combattre les projets d'un maire peu scrupuleux de l'environnement. Tout autour, Martine Nougué dresse des portraits que chacun qui aura vécu dans ce genre de villages pourront reconnaître aisément. Le bistrot est le lieu de toutes les rumeurs, l'endroit où se joue beaucoup de choses, où se nouent des relations voire des amitiés. Les lieux sont bien décrits et pourrait même entendre chanter les cigales en tournant les pages de ce roman. 
J'ai beaucoup aimé également l'écriture et les dialogues. Martine Nougué n'en fait jamais trop. De fait, les pages se tournent très vite et j'ai lu ce roman en une journée. 
Des dialogues parfois non dénués d'humour : 
"Pénélope confirma gentiment l'information au gamin qui venait de l'apostropher avec la spontanéité naturelle de son âge.
- Alors vous êtes un jihaille ? 
- Un quoi ? 
- Un JI-HAILLE , qui fait la guerre, à la télé ! insista le gosse.
- Il veut dire un GI, gueula le papy qui n'en perdait pas une. 
- Et pourquoi tu me dis cela, bonhomme ?
- Ben, parce que vous êtes un lieutenant et puis que vous êtes noire, comme les jihailles."

Je vous invite donc à découvrir (très) rapidement ce roman qui mettra un peu de fraîcheur dans votre été caniculaire. 
Disponible aux éditions du Caïman. 

mardi 21 juillet 2015

L'assassinat de Marilyn Monroe, Jay Margolis, Richard Buskin, L'Archipel.

Comment Marilyn Monroe est-elle morte ?
Alors qu’aucune trace de médicaments n’a été trouvée dans son estomac pendant l’autopsie, l’enquête a toujours affirmé qu’elle avait ingéré soixante-quatre somnifères, tentant ainsi de démontrer son suicide.
Mais Jay Margolis et Richard Buskin réfutent cette hypothèse, ancrée dans l’inconscient collectif. Marilyn ne s’est pas suicidée ; elle a été assassinée.
Par qui ? Pourquoi ? Les auteurs ont disséqué les événements qui ont conduit Marilyn à la mort, ils ont tout lu sur l’affaire, y compris le rapport d’autopsie, reproduit dans le livre.
Leur conclusion est sans appel. La mort de l’icône est un meurtre, une conspiration, une affaire d’État orchestrée par…
Marilyn allait parler, dévoiler sa liaison avec les frères Kennedy. Il fallait la faire taire. Son médecin s’en est chargé… Le livre donne le nom des coupables.




Personnellement, je ne m'étais jamais intéressé à l'histoire de Marilyn et je croyais qu'elle s'était tout simplement suicidée. 
L'enquête de Jay Margolis et Richard Buskin prouve en fait qu'elle a été assassinée et pas par n'importe qui. Bobby Kennedy, lui-même serait l'un des principaux protagonistes dans la mort de l'actrice avec la complicité de son psy. 
Tout le livre tend à confirmer la thèse des deux auteurs qui ont repris bon nombre d'entretiens avec les témoins de l'époque, des rapports de police, d'autopsie, des articles de journaux... A tel point qu'on en vient à se demander comment l'enquête a été menée sitôt le décès constaté. Comment une des actrices les plus célèbres au monde en 1962 a t-elle pu terminer ainsi ? C'est surtout ce côté là qui m'a fait peur. Sans doute l'implication des deux frères Kennedy y est-elle pour quelque chose. 
Pour ma part, j'ai trouvé au départ l'idée intéressante. Se plonger dans une enquête de cette ampleur pouvait être une aventure passionnante. Hélas, le livre ne tient pas ses promesses. J'ai trouvé que c'était confus, que les auteurs tournaient un peu en rond et que le trop grand nombre de témoins intervenant dans l'affaire noyait le lecteur. De fait, j'ai pris peu de plaisir à la lecture de ce livre-enquête pourtant bien documenté. 

mercredi 15 juillet 2015

Le carnaval des hyènes, Michaël Mention, Ombres noires.

Carl Belmeyer est une figure emblématique du paysage audiovisuel français. Présentateur du JT depuis plus de trente ans, il dissimule derrière son sourire une personnalité narcissique. Arrogant et manipulateur, il méprise tout le monde, à commencer par son public qui l'adore. Quand Barbara, une bimbo de l'émission de téléréalité Villa Story, meurt en direct sous les yeux horrifiés des téléspectateurs, le scandale secoue durement la chaîne. Elle doit rapidement redorer son blason et compte bien utiliser l'image charismatique de Belmeyer. Il redevient alors reporter de terrain et part couvrir la guerre civile qui fait rage au Liberia. Le message doit être clair pour l'audience : la chaîne se recentre sur l'essentiel. 
Mais rien ne fonctionne comme prévu, et Belmeyer, habitué à rester maître de sa vie, devient tout à coup spectateur contraint. 50% mensonge, 50% buzz, 100% audimat!



Nouveauté des éditons Ombres noires, le dernier né de Michaël Mention, qu'on apprécie beaucoup sur Terre du Noir, est une petite bombe. L'auteur veut dénoncer la télé indigeste, inintéressante, racoleuse, manipulatrice... en mettant en scène un présentateur du JT totalement égocentrique et détestable. Carl Belmeyer est conscient qu'il a construit sa carrière sur des mensonges mais il s'en fiche. L'info, il l'a trafique comme il le souhaite. Ce qu'il veut, c'est de l'audimat. Et il en a des téléspectateurs puisqu'il est la vedette de la chaîne. Jusqu'au jour ou tout s'enraye, il part au Libéria, retourne à ses racines journalistiques...

En quelques mots, voilà dressée l'intrigue de ce court roman qui m'a surpris tant dans son propos que dans sa forme. Je ne reviendrai donc pas longtemps sur le fond : une dénonciation acerbe de la télé d'aujourd'hui. 
La forme quant à elle m'a surpris également car le livre est clairement divisé en deux parties. La deuxième est étonnante. L'auteur nous prend à contre pied, part dans une autre direction et le livre change de style. Là on est dans le roman d'espionnage où l'on retrouve des barbouzes de la pire espèce. Je dois avouer que cette deuxième partie, si elle m'a décontenancé, m'a moins plu. J'ai trouvé que cette immersion dans l'espionnage était moins crédible. Je n'ai pas vraiment adhéré aux situations que pouvaient vivre Carl Belmeyer. J'ai donc été un peu déçu. 
Déçu aussi car, à la lecture du pitch, je m'attendais à autre chose. 

Mis à part cela, Michaël Mention est bien parvenu à me surprendre. Son écriture, toujours aussi dépouillée, marche à tous les coups et est reconnaissable entre mille. Comme diraient les coachs de la Star Ac' : "il a une vraie empreinte vocale !"
Ses personnages sont bien travaillés également. Il ne tombe pas dans le caricatural ni dans le manichéisme. Chez lui, tout n'est pas noir, tout n'est pas blanc. Il y a de nombreuses nuances de gris (peut-être pas 50 mais tout de même...) et ses "héros" oscillent souvent entre les extrêmes. De fait, on ne parvient ni à les aimer ni à les détester vraiment. En tout état de cause, ils ne nous sont pas indifférents. 

Pour conclure, pour moi c'est une lecture mitigée que je nuance. Il y a un bon début et une seconde partie moins convaincante mais je pense que de nombreux lecteurs pourront y trouver leur compte. 

Disponible chez Ombres éditions. 

mardi 14 juillet 2015

Darkmouth, Shane Hegarty, XO éditions

Attention ! Les Légendes arrivent !
Soyez rassuré,Finn est né pour sauver le monde…
Quand il se retrouve face à un monstre enragé, Finn, avec son armure trop grande et son arme trop lourde, n’en mène pas large ! Il a douze ans. Heureusement son père, le dernier Chasseur des Légendes de Darkmouth, n’est pas loin…
Les Légendes, c’est comme ça qu’on appelle les créatures sanguinaires qui rôdent dans la ville.
Et Finn sait qu’il devra bientôt remplacer son père et affronter une attaque majeure des Légendes sur le monde.
Il y a juste un petit problème. Non, un gros problème : Finn est le pire Chasseur que Darkmouth ait jamais connu…
Le premier volume de la série Darkmouth
Une grande aventure monstrueuse et drôle

Etonnant que ce premier roman de l'auteur et aussi de ce qui semblera être une saga. Une fois n'est pas coutume, je vais m'éloigner des polars et des thrillers pour chroniquer ce roman jeunesse plutôt tourné vers la Fantasy. Darkmouth est en effet une ville imaginaire encore régulièrement attaquée par des Légendes, bêtes mi-humaines mi-animales douées de paroles pour certaines. La seule ville qui n'a pas réussi à les éradiquer. Et pourtant, il y a Hugo, le chasseur de Légendes qui veille et qui souhaite transmettre à son fils Finn toutes les ficelles du métier. Mais c'est sans compter l'attitude du jeune homme qui lui ne veut pas entendre parler de ça. Bref, son destin est scellé toutefois et il ne pourra y échapper. 
Sans trop entrer dans le fond de l'histoire au risque de spoiler le lecteur, Darkmouth est  un roman destiné d'abord aux jeunes lecteurs à partir de 10 ans. Il se lit très vite grâce à une écriture simple et sans fioritures et grâce aussi à des chapitres courts dans lesquels s'enchaînent les péripéties. Les personnages sont bien dessinés et pour la plupart d'entre eux fort sympathiques. On retrouve les ingrédients d'un bon roman avec des gentils et des méchants comme il faut, une intrigue principale, une secondaire, de l'action, un zeste de suspens, le tout porté par une écriture simple et fluide dans une atmosphère originale.

Pour conclure, Darkmouth est un très bon roman que les jeunes prendront plaisir à découvrir. D'autant qu'il est le premier d'une série qu'on espère longue.                                                                                           

lundi 13 juillet 2015

My way, Sébastien Gendron, Editions du Toucan

Au début des années 2000, Jean-Paul Arlan n'est plus l'acteur mythique que le public a connu. Alors qu'il a tourné avec les plus grands, les bons films se font désormais sans lui. 
Il décide donc de se lancer seul dans un grand projet, un film dans lequel il incarnera un flic aux mains propres, un justicier solitaire. Mais pour produire un long métrage de cette ampleur, son argent de poche ne sera pas suffisant. Ses liens avec le milieu vont s'avérer d'un grand secours, en particulier son amitié avec la famille Mat. 
Mais si pour lui, il s'agit seulement d'un emprunt, les Mat y voient de leur côté un bon moyen pour blanchir de l'argent. La suite relève plutôt du grand banditisme...




Découverte totale de cet auteur que je ne connaissais pas. Si le synopsis m’accroche totalement, je ne peux pas en dire autant de la première partie du roman qui me laisse perplexe. Après un début d’histoire prenant, je suis rapidement confus, perdu, ayant du mal à savoir dans quelle direction va la trame principale du roman, on s’intéresse à Jean-Paul Arlan, la star incontestable du cinéma français, sur le déclin, à son fils Jérémie, petit escroc drogué de bas étage qui lui cause des soucis et aux familles Mat/Sperone qui font partie intégrante du ‘’milieu’’ et du grand banditisme. 
La seconde partie du livre est, elle, beaucoup plus classique, et enchainer les pages devient alors un véritable plaisir. On se retrouve alors principalement dans la peau de Jean-Paul Arlan, lequel cherche par tous les moyens à revenir sur le devant de la scène, refusant l’image de Has-Been qui semble désormais lui coller à la peau. 
Sébastien Gendron s’en va puiser l’inspiration dans tout ce que le showbiz nous a offert et offre depuis des décennies. On notera un clin d’œil à James Dean, l’étoile filante du cinéma américain tout en remarquant une petite pique aux artistes ayant cherché le profit maximum en multipliant les produits à licences divers et variés afin de s’en mettre toujours plus plein les poches et ceux n’hésitant pas à utiliser tous les moyens, même les plus sales, afin de se maintenir au sommet. Enfin, ce n’est même plus un clin d’œil tant l’inspiration est admise, mais il ne fait nul doute que Sébastien Gendron s’est servi de la vie de Frank Sinatra pour la construction de son histoire : liens unissant Jean-Paul Arlan à la mafia ainsi que les pontes de la société, titre du roman « My Way », la plus célèbre chanson de l’acteur américain. Chanson dont on retrouve une partie du texte en début de chaque nouveau chapitre. 

Après un début de roman qui m’aura laissé sur ma faim, je dois dire que j’ai particulièrement apprécié toute la seconde moitié du livre et qu’au final, ça aura été une lecture agréable. Je regrette uniquement la confusion initiale et peut-être le fait que les familles Mat/Sperone n’aient pas été plus mises en avant. 


Tour à tour livreur de pizzas, manœuvre, télévendeur de listes de mariage, Sébastien Gendron devient assistant réalisateur à 26 ans, réalisateur à 32 avant de trouver un éditeur à 33 qui publie son premier roman La jeune fille et le cachalot. Suivront un recueil de nouvelles et sept autres romans dont le numéro 266 de la collection du Poulpe : Mort à Denise.
Après une quinzaine d'années passées à Paris, il vit aujourd'hui à Bordeaux. Ses livres ne racontent pas sa vie vu qu'il ne lui est jamais rien arrivé.
A noter que « My Way » est une version revue et corrigée du roman « Mes Amis Mortels » paru en 2008 et qu’il fait partie de la série ‘’Mat/Sperone’’ (Tome n°2) des Editions du Toucan.


Ben

samedi 11 juillet 2015

Les nuits de la Saint Jean, Viveca Sten, Albin Michel


L’angoisse monte à Sandhamn : une jeune fille a disparu au cours de la nuit. Sous une pluie battante d’automne, l’inspecteur Thomas Andreasson et ses collègues ratissent l’île, en vain : Lina Rosén reste introuvable et l’enquête conclut à une noyade accidentelle. 
Quelques mois plus tard, Nora Linde décide de prendre quelques jours de vacances au cœur de l’hiver à Sandhamn avec ses deux petits garçons. Son mari la trompe et elle a besoin du calme de l’île pour réfléchir. Mais, en jouant dans la forêt, Adam et Simon font une macabre découverte : des restes humains enfouis dans un sac sous la neige. Est-il possible que ce soit le cadavre de Lina ? Et quelle est cette ombre, tapie dans la nuit, sous les fenêtres des Rosén ? Pourquoi ? 
Malgré l’absence de pistes, Thomas et son amie Nora ont un étrange pressentiment : l’assassin de Lina rôde encore et n’en a pas fini avec sa sinistre mission. 
C’est avec cette nouvelle enquête de l’inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde que Viveca Sten s’est imposée comme la Nº1 des ventes en Suède.





« Les nuits de la Saint-Jean » fait partie de ces romans que l’on dévore en une poignée de jours à peine tant il est difficile de lâcher la lecture une fois celle-ci débutée. Les chapitres courts et l’écriture facile, claire, concise font qu’on ne peut se résoudre à refermer le livre, enchaînant ainsi les pages à un rythme effréné. 
D’un côté, on a droit à une enquête policière classique, qui semble menée à un cul de sac tout en maintenant un suspense imposant tout au long du roman. Dans le même temps, à l’image du roman « Reflex » de Maud Mayeras, on est plongé dans une histoire parallèle remontant au siècle précédant. Les deux histoires sont forcément liées…mais quel lien peut bien les unir, telle est la question et c’est là la force du roman de Viveca Sten tant il faut attendre la dernière partie du roman pour rassembler toutes les pièces du puzzle et comprendre l’histoire dans son ensemble. 

Il y a quelques temps, j’avais fait la découverte de Camilla Lackberg, autre auteur suédoise à succès, et je dois dire que la comparaison entre elle et Viveca Sten tient la route. On retrouve au sein des deux romans une ambiance différente de ce que l’on peut absorber habituellement, ces décors froids, cet univers glacial, cette froidure de l’atmosphère qui n’empêche pas les personnages de leurs histoires d’être eux chaleureux. Au terme de ces deux lectures, une petite préférence pour celui de Viveca Sten dont l’intrigue est bien mieux ficelée et surtout beaucoup plus crédible. Bref, c’est un très bon moment de lecture que l’on passe avec « Les nuits de la Saint-Jean » ! 
Ce roman donne en tout cas envie de lire les précédents écrits de Viveca Sten, dont certains personnages de son histoire comme l’enquêteur Thomas Andreasson et son amie Nora Linde sont des personnages récurrents de ses livres. 

Après une brillante carrière juridique, Viveca Sten s'est lancée dans l'écriture. Sa série, qui met en scène l'inspecteur Andreasson et l'avocate Nora Linde sur l'île de Sandhamn, compte déjà 5 tomes. Succès phénoménal en Suède et dans le monde, la série est publiée dans une quinzaine de pays et vient d'être adaptée en série pour la télévision suédoise. Comme ses héros, l'auteur possède une vieille maison familiale sur l'île de Sandhamn et y a passé tous les étés de sa jeunesse. 

Ben