dimanche 29 mars 2015

L'ombre, Stephen Lloyd Jones, Super 8 éditions

Ne faites confiance à personne. Elle fuit. Elle est terrifiée. A l'arrière de la voiture, sa fille de sept ans dort paisiblement. Sur le siège passager, son mari se vide de son sang. Lorsqu'elle arrive de nuit à Llyn Gwyr, une maison de campagne perdue dans les montagnes arides du Pays de Galles, Hannah Wilde sait que plus rien ne sera jamais comme avant : sa mère est morte, son père a peut-être subi un destin pire encore, et l'implacable prédateur qui s'attaque à sa famille est à ses trousses. Elle ne peut faire confiance à personne. Elle ne doit faire confiance à personne. Désormais elle ne peut plus fuir, et sa seule issue est d'affronter Jakab, un ennemi dont elle ne connaît ni l'identité ni le visage. La littérature du 21e siècle est encore capable d'accoucher de monstres inoubliables : Jakab est vivant, et ne ressemble à rien de ce que vous avez pu connaître. Stephen L. Jones signe, avec un sens consommé du suspense, un roman magistral, qui vous fera douter jusqu'à la dernière page.


Les éditions Super 8 continuent leur exploration d'un nouveau monde littéraire. Après les surprenants titres de 2014 (Déchirés, Treize ou encore l'Innocence), 2015 commence fort avec ce premier titre de l'auteur Stephen Lloyd Jones : l'ombre. Roman gothique, funèbre histoire familiale qui s'étend sur plusieurs siècles, l'auteur mélange avec subtilité le fantastique et le thriller. 
Les récits s'alternent entre la Hongrie du 19ème siècle et le Pays de Galles de nos jours. Bien sûr, on se doute bien que les personnages vont se rencontrer à un moment ou  à un autre. Progressivement les liens se tissent et l'abominable machination se dévoile aux yeux du lecteur. 
Ce roman reprend les codes de plusieurs genres. Il y a un peu de Stephen King des années 70/80 avec ses monstres qui défient le temps. Il y a un peu de Louis Bayard et ses universitaires médiévistes en la personne de Charles Meredith. On a l'impression de croiser des highlanders qui se battent pour la survie de leur espèce, ce qui paraît contradictoire mais Lloyd Jones nous fait entrer dans des légendes hongroises où certes la longévité est réelle mais pas l'immortalité. 
Jakab est un prédateur d'un genre nouveau, cruel et pugnace, capable de prendre l'apparence de n'importe qui. il traverse les années sans jamais s'en rendre compte mais toujours avec son esprit de vengeance. 
J'ai beaucoup aimé ce roman dont on tourne les pages (536) rapidement. Le récit ne souffre en effet d'aucun temps mort. Les actions s'enchaînent, les événements se déchaînent. Les personnages ne sont pas épargnés, ce qui fait la force de ce thriller. Le lecteur en a pour son argent une fois accepté le côté fantastique. 
Lloyd Jones s'est attaché à écrire un roman dynamique avec un brin (léger) d'érudition sur les légendes de l'est européen. Mais il a le bon goût de ne pas noyer le lecteur. Ces légendes servent de prétexte à son récit. Elles sont en filigrane et c'est un bon dosage. 
Un très bonne surprise pour cette "ombre" que j'ai dévoré en quelques jours et dont je conseille la lecture. 
Disponible aux éditions Super 8. 

jeudi 26 mars 2015

Le pistolero, Stephen King

" L'homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait... " Ce Pistolero, c'est Roland de Gilead, dernier justicier et aventurier d'un monde qui a changé et dont il cherche à inverser la destruction programmée. Pour ce faire, il doit arracher au sorcier vêtu de noir les secrets qui le mèneront vers la Tour Sombre, à la croisée de tous les temps et de tous les lieux. Roland surmontera-t-il les pièges diaboliques de cette créature? A-t-il conscience que son destin est inscrit dans trois cartes d'un jeu de tarot bien particulier ? Le Pistolero devra faire le pari de le découvrir, et d'affronter la folie et la mort. Car il sait depuis le commencement que les voies de la Tour Sombre sont impénétrables...



 L'homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait... " Ce Pistolero, c'est Roland de Gilead, dernier justicier et aventurier d'un monde qui a changé et dont il cherche à inverser la destruction programmée. Pour ce faire, il doit arracher au sorcier vêtu de noir les secrets qui le mèneront vers la Tour Sombre, à la croisée de tous les temps et de tous les lieux. Roland surmontera-t-il les pièges diaboliques de cette créature? A-t-il conscience que son destin est inscrit dans trois cartes d'un jeu de tarot bien particulier ? Le Pistolero devra faire le pari de le découvrir, et d'affronter la folie et la mort. Car il sait depuis le commencement que les voies de la Tour Sombre sont impénétrables... 

Premier tome de « La Tour Sombre » (série en huit tomes de Stephen King), ce livre a été écrit au début des années 1980 avant d’être revu et corrigé au début des années 2000 afin de rendre l’histoire et le personnage principal plus cohérents avec les sept tomes suivants. 

Roland, pistoléro et personnage principal du roman, est un cow-boy solitaire, suivant la trace d’un « Homme en noir » bien mystérieux… Le paysage traversé par Roland ressemble au bon vieux Far West des meilleurs Sergio Leone…sauf que celui-ci semble être plongé dans une ambiance post-apocalyptique. 
Durant cette poursuite, cette longue traversée du désert, Roland fait diverses rencontres qui marqueront son existence : tout d’abord son passage à Tull, petite ville paisible qui connaîtra un surplus d’action que n’aurait pas renié ce bon vieux Clint Eastwood. On notera également la rencontre avec Brown, un fermier solitaire et son corbeau Zalto, mais également, plus tard, celle d’un jeune garçon, Jake. L’apparition de ce personnage nous fait plonger dans l’univers fantastique du roman puisque Jake a vécu dans notre monde (on reconnaît bien New York dans la description des souvenirs du jeune garçon) mais vit désormais dans ce monde parallèle au sein duquel sont plongés Roland et « l’Homme en noir ». 

Etant fan de westerns, je ne pouvais que donner un coup de chance à « La Tour Sombre », œuvre majeur de Stephen King, selon l’auteur lui-même. Ce premier tome permet de plonger dans l’histoire et de présenter celui qui sera le personnage principal de cette quête. J’ai particulièrement aimé le début du roman en étant par la suite un peu désarçonné par l’arrivée de Jake dans le roman, l’écriture connaissant quelques flashs de fantastique qu’il m’a fallu ‘’digérer’’. La fin du premier tome et la longue course poursuite engagée avec « l’Homme en noir » permettent de tenir le lecteur en haleine et donnent envie de poursuivre l’aventure aux côtés de Roland. Ne manquez pas non plus la préface du King qui donne un avis objectif sur sa « Tour Sombre ». 

Mon conseil ? Même si, contrairement à moi, vous ne deviez pas accrocher à ce premier tome, essayez de persévérer avec les suivants car l’épopée de Roland s’annonce grandiose. Et les retours de fans de la série ont l’air unanime à ce sujet : l’histoire monte en puissance au fil des tomes ! Suite au prochain épisode Wink 

Ben

mercredi 25 mars 2015

Reflex, Maud Mayeras, Anne Carrière éditions


À chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu'aux lèvres. Et, chaque fois, cette même question : Tu es disponible, Iris ? Je suis toujours disponible. " Iris, photographe de l'Identité Judiciaire, shoote comme d'autres boivent, pour adoucir la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Henry Witkin, fruit d'une lignée chaotique de filles-mères, tue pour le besoin de se vautrer dans la chaleur des chairs. Il écorche ses victimes avec soin et collectionne leurs odeurs comme des trophées. Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu'elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors, les monstres se révèlent. Ce n'est que lorsqu'il est pris au piège que le Mal dévoile ses canines. Une histoire de cœurs étranglés, de mères aux crocs luisants, de prédateurs affamés.



Iris Baudry est photographe de l'identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes. Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croque-mitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d'écorcher ses victimes en rappelle une autre. La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu'Iris croyait éteint va s'enflammer à nouveau dans l'objectif de son reflex. 

Le roman de Maud Mayeras est plaisant à lire et l’atmosphère de l’histoire est souvent pesante, on ressent fortement les séquelles du passé dans le caractère de l’héroïne principale du livre, Iris Baudry. Cette dernière a dû faire face à un drame quelques années auparavant, le crime de son fils, une enquête jamais résolue, une déchirure qui aura été à la base d’un conflit ouvert avec sa mère, aujourd’hui internée dans un asile. Iris doit donc tenter de se reconstruire dans cette nouvelle vie, une vie de photographe de scène de crime dans lequel elle excelle. 
En parallèle, on assiste à une seconde histoire, bien lointaine, puisqu’elle démarre un bon siècle avant notre époque. Au fil des pages, on se rapproche doucement mais sûrement de notre époque, nous demandant souvent par quel miracle Maud Mayeras va réussir à lier nos deux histoires…deux histoires dont le destin semblent tout tracé, pas dans le bon sens malheureusement. 

Si Reflex est classé dans les romans dits « Thriller », c’est avant tout un thriller psychologique. Si vous voulez du suspense, de l’action, des retournements de situations à tout-va et une enquête policière…passez votre chemin ! 
Alors que les avis semblent plutôt positivement unanimes sur le roman, j’ai pour ma part deux regrets : le premier, c’est que selon moi Maud Mayeras n’a pas assez insisté sur le travail d’Iris, son poste de photographe de scènes de crime me laissait ‘’espérer’’ de grands moments de lecture de ce point de vue là…alors que l’héroïne aurait été boulangère (sans manquer de respect aux boulangers ! Wink) que ça n’aurait strictement rien changé au récit. Mon second regret et qui serait plutôt un reproche, c’est la conclusion du roman…la réponse à toute les questions que l’on se pose durant l’intégralité du roman repose sur quelque chose d’invraisemblable pour moi. J’ai du mal à trouver cela crédible et donc, même si dans l’ensemble j’ai passé un très bon moment de lecture (principalement la partie concernant l’histoire parallèle du début du XX° sicèle), le final me laisse un goût amer au moment de refermer le livre. 


Ben

Les 3 crimes de West Menphis, Mara Leveritt, L'archipel

West Memphis, petite ville de l’Arkansas. Le 5 mai 1993, trois enfants de 8 ans sont portés disparus. On les retrouve égorgés le lendemain dans un bois dénommé le « nœud du diable ». Ils auraient été tués suite à un rituel satanique.
Très vite, trois adolescents, Damien Echols, Jason Baldwin et Jessie Misskelley sont appréhendés suite au témoignage accablant de deux personnes.
Malgré une enquête bâclée et une absence totale de preuves, Baldwin et Misskelley sont condamnés à la perpétuité, Echols à la peine de mort…
Face aux incohérences du dossier, un détective privé décide de mener sa propre enquête.
En 2011, les accusés sont enfin libérés. En échange de leur remise en liberté, ils ont dû plaider coupable et s’engager à ne pas poursuivre l’État de l’Arkansas pour les dix-huit ans qu’ils ont passés en prison…



 

La journaliste Mara Leveritt s'est lancé dans une grande enquête où elle reprend point par point les détails des trois crimes de West Memphis. Ce n'est donc pas un roman que l'on tient entre les mains mais ce livre se lit comme tel.
L'auteur nous plonge donc dans une sordide affaire de meurtres d'enfants et dans une impitoyable erreur judiciaire que personne ne veut admettre. La police a trouvé des coupables idéaux. Bien. Dès lors, elle va s'acharner à leur construire une culpabilité et à démonter leurs alibis. C'est vicieux mais dans cette Amérique profonde, marquée par le poids de la religion, il FAUT des coupables. Les trois adolescents ont commis des méfaits, l'un est gothique ayant un passé judiciaire et une famille pauvre, un autre est attardé et déscolarisé. Le dernier est plutôt bon élève mais a le malheur d'être un ami du premier. Vous me suivez ? Bref, les inspecteurs de police vont multiplier les erreurs voire les bavures pour leur faire avouer les meurtres, que seul Misskelley avouera (sous la pression) d'ailleurs.
Quand le verdict tombe à l'issue d'un procès sans issue, les sentences sont implacables. Perpétuité pour Misskeley et Baldwin. La peine de mort pour Echols.
Enfermés dans leurs geôles respectives, les "trois de West Memphis" recevront le soutien inattendu de personnalités de la musique (le groupe Metallica ou le chanteur de Pearl Jam) ou du cinéma (Johnny Depp). Si les autorités refusent encore d'ouvrir une nouvelle enquête, les trois accusés sont aujourd'hui libres.
Ce livre est une enquête formidable et effrayante. Mara Leveritt décrit l'impitoyable machine judiciaire américaine qui peut parfois être sans concession et sans remise en question.
A lire aux éditions de l'Archipel.

lundi 16 mars 2015

Dobermann, Joël Houssin, Ring éditions

On craignait une boucherie, ce fut l'abattoir. Né en Janvier 1981, le Dobermann a, en 4 ans et 19 romans, dont l'un fut adapté au cinéma par Jan Kounen, taillé une sanglante balafre dans le paysage du polar. Une anthologie du braquage, un best-of du hold-up ! Côté flics, le mot d'ordre est clair : "Personne n'a envie de voir le Dobermann et son gang en prison. Il y a des voyous qu'on n'arrête pas. Le Dobermann, c'est pas un gangster comme les autres. Il respecte rien. Il braque les banques pour le plaisir. C'est pas humain. On n'a pas le droit de mépriser l'argent comme ça. L'argent, ça se mérite. Et le Dob, il mérite que d'aller au trou... Un trou bien profond avec de la terre par-dessus. Alors collez-moi un paquet de balles dans la tête de ces tueurs de flics !


Incontournable des années 80, le Dobermann revient cette fois chez Ring éditions qui publient l'intégrale en trois (gros) volumes.
On y retrouve donc tous les romans de l'habile Joël Houssin. Son écriture bourrée d'expressions argotiques est tout simplement géniale et détonne. Pour les connaisseurs, ils seront ravis de posséder ces volumes et de retrouver ce truand sans foi ni loi.
Pour les autres, la découverte sera frappante non seulement par le caractère des personnages que par la façon dont Joël Houssin écrit. Qu'on aime ou pas, il ne peut pas laisser indifférent. 

C'est donc une France des années 80 que l'on retrouve avec plaisir. Du vintage, du pur, des bistrots et de l'argot, des CX et des clopes à tout va. Peu de morale encore moins de moralité. De l'action, de la vraie et c'est chacun pour sa peau dans cet univers de gangsters que nous dépeint Joël Houssin. 
Ring éditions nous fait donc (re)découvrir cet auteur si particulier dans une intégrale en trois (épais) volumes dont il ne faudrait pas se priver. 

jeudi 12 mars 2015

L'effet papillon, Jussi Adler Olsen, Albin Michel

Si William Stark n’avait pas été intrigué par un SMS envoyé du Cameroun, René Ericksen, son boss au Bureau d’Aide au Développement, n’aurait pas été obligé de se débarrasser de lui. Si Marco, un jeune voleur gitan n’avait pas trouvé refuge là où le cadavre putréfié de Stark végète depuis trois ans, son oncle, chef d’un réseau mafieux, n’aurait pas lancé ses hommes à ses trousses à travers tout Copenhague pour l’empêcher de révéler à la police l’existence de ce corps qu’il a enterré de ses propres mains...
Pour stopper cet engrenage de la violence, l’inspecteur Carl Mørck et l’équipe du Département V doivent retrouver Marco. Et remonter la piste d’une affaire dont les ramifications politiques et financières pourraient bien faire vaciller l’intégrité politique du Danemark.
Grand Prix policier des lectrices de Elle, Prix polar des lecteurs du Livre de poche, le Danois Jussi Adler-Olsen est une figure désormais incontournable du thriller scandinave.


Cinquième aventure des enquêteurs du département V, "l'effet papillon" est une belle réussite. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès des quatre premiers romans : 
- une intrigue solide et haletante ; 
- des personnages bien travaillés et avec du caractère, 
- du suspens, 
- du l'humour (surtout en la personne de Assad). 

Dans cet opus, le récit alterne entre les passages d'une certaine lenteur mais indispensables au déroulement de l'enquête et les chapitres rapides. 
Le personnage de Marco est extrêmement bien ficelé et l'auteur prend son temps pour affiner sa psychologie et son évolution est constante tout au long du roman. Le lecteur ne peut que trembler devant les risques qu'il prend et ce qui l'attend. Il possède un énorme courage ne serait-ce que pour défier Zola, le "parrain" du clan dont il découvre peu à peu la cruauté. 
Jussi Adler Olsen en profite pour évoquer le monde des roms et de la mendicité ainsi que celui des mafias et autre trafics. Il fait aussi appel à des "enfants tueurs", terrible conséquence des guerres fratricides africaines, pour régler les problèmes qui ne peuvent l'être autrement. C'est donc parfois violent et sans concession. 
Et puis il y a Assad, le flic en convalescence mais dont l'humour revient peu à peu et qui ponctue ses interventions par des proverbes de chameaux que Morck ne comprend pas forcément. Cette relation donne une dose de fraîcheur  au récit car même s'ils ne se comprennent pas toujours, les deux hommes s'apprécient et se respectent. 
Rose est toujours aussi fantasque mais diablement efficace. 

Bref, on a ici un super thriller que j'ai eu énormément de plaisir à "dévorer".
Disponible chez Albin Michel. 

lundi 2 mars 2015

Adieu demain, Michaël Mention, Rivages


Enquête criminelle dans l'ombre de l'Eventreur du Yorkshire, suite de Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir de Beaune 2013), Adieu demain explore, en même temps qu'une Angleterre en déréliction, les fantasmes de la terreur phobique.



J’ai découvert Michaël Mention il y a peu, en lisant son « Jeudi Noir », récit consacré à la demi-finale de Coupe du Monde de Football 1982 entre la RFA et la France. Ayant appris que le second opus de sa ‘’trilogie anglaise’’ était disponible en librairie, j’ai décidé dans un premier temps de lire « Sale temps pour le pays », premier tome de cette trilogie. Un véritable coup de cœur digne du meilleur des David Peace. Il est dur de ne pas accrocher au style d’écriture de Mention et l’envie de découvrir la seconde partie de cette trilogie est donc forte au moment de débuter « Adieu demain ».

Si dans « Sale temps pour le pays » Michaël Mention traitait de la peur s’étant emparée de l’Angleterre suite aux différents meurtres perpétrés par l’éventreur du Yorkshire, en restant proche de la réalité, dans « Adieu demain », il s’inspire du meurtrier Stephen Griffiths, un tueur en série adepte de l’arbalète…tout en prenant par la suite des libertés avec les meurtres commis par ce dernier.

Le roman, dans un premier temps, retrace les premières années de la vie de Peter Griffith, un individu dont sa phobie des araignées va conduire à sa perte de repère, sa destruction. Son parcours le mènera à rencontrer en prison, Paul Witcliffe, le tueur en série de « Sale temps pour le pays ».
Parmi les policiers chargés de retrouver la trace du meurtrier en série, on retrouve Mark Burstyn, l’inspecteur du premier tome et également Clarence Cooper, lequel va devoir joué aux infiltrés afin d’essayer de trouver le meurtrier à l’arbalète.

C’est à ce moment là qu’adviendra un élément du roman qui ne m’a pas trop convaincu, la sensation que c’était trop gros pour être vrai et que le récit perdait en crédibilité et c’est dommage car tout ce qui va concerner Clarence Cooper est l’un des éléments moteurs du récit.
Dans le même temps, comme à son habitude, Michaël Mention continue d’intégrer des éléments de l’actualité d’époque à son roman, rendant celui-ci bien plus fort et bien plus ancré dans le phénomène culturel, social, traversé par l’Angleterre des années soixante-dix jusqu’au début des années deux mille.

Si au moment de finir ce livre, je ne peux qu’admettre avoir passé un très bon moment de lecture, vivant le stress et la peur ressentis par plusieurs personnages tout au long de l’histoire, je ne peux cependant que mettre un bémol concernant l’une des ficelles utilisées par Michaël Mention autour du personnage de Clarence Cooper. Une question me vient d’ailleurs à l’esprit, est-il possible de s’auto-persuader d’être phobique à quelque chose au point d’en devenir réellement phobique ?
Malgré cela, le livre reste magnifiquement écrit et parfaitement contextualité, on ne peut qu’apprécier et attendre avec hâte la conclusion de cette trilogie anglaise !

Ben.