vendredi 30 janvier 2015

La catin habite au 21, Hervé Sard, éditions la Baleine (Le Poulpe)

À Sainte-Mère-des-Joncs, près de Nantes, une jeune prostituée disparaît dans la plus profonde indifférence des autorités, trop occupées à gérer les tensions liées au projet de construction de l’aéroport du Grand-Ouest. Les raisons du meurtre ? Le Poulpe va les chercher en terres armoricaines..



Pour mon premier Poulpe, j'ai choisi Hervé Sard et je ne pense pas m'être trompé. Un délice ! L'auteur s'est bien approprié le cahier des charges imposé par la maison d'éditions pour construire son intrigue autour de la disparition d'une prostituée et de la construction d'un aéroport qu'on pourrait situer dans l'ouest de la France mais dont on taira le véritable nom...
Bien sûr le titre du roman fait inévitablement penser au film de Clouzot sorti en 1942 lui même inspiré du roman de Steeman en 1939. 
Et comme dans le livre de Steeman, les personnages qu'on va rencontrer sont très bien dessinés et sont même truculents comme la Zinette, affairée à son hôtel ou le voyant aveugle et cul-de jatte (rien que ça !) sans oublier Gabriel et son goût pour la bière, la vraie, la bonne. La Leffe ou l'Eku qu'il déguste sans modération. 
Les débuts de chaque chapitre permettent à l'auteur de dénoncer certaines dérives de la société moderne. Hervé Sard s'en donne à coeur joie et en profite pour se moquer notamment des agences immobilières ou encore pour plonger dans des jeux de mots habiles et utiliser avec parcimonie des termes argotiques qu'il doit tenir de ses lectures policières des années 80 (simple conjecture de ma part). Ce clin d'oeil est particulièrement réussi d'ailleurs et colle bien au reste du récit. 
L'intrigue en elle-même est simple mais la façon dont Hervé Sard déroule son écheveau la rend passionnante. 
Je dois avouer que j'ai été très surpris par la fin et permet de refermer ce livre avec un sourire aux lèvres.
Pour conclure, La catin habite au 21 est un excellent Poulpe à mettre entre toutes les mains gourmandes de belle écriture. 


mardi 20 janvier 2015

Les démons de Dexter, Jeff Lindsay

Dexter Morgan est le serial killer dont certains rêvent en secret, qui canalisent ses instincts de tueur en se débarrassant des monstres ayant échappé à la justice. Son job de technicien de scène de crime pour la police de Miami lui fournit une couverture idéale : l'apparence de la normalité. Mais un jour, tout bascule : un double homicide commis sur le campus de l'université le terrifie... et le prive de sa voix intérieure, le Passager noir, qui l'aidait à identifier les assassin. Le plus dur, pour lui, sera de préserver les enfants de sa fiancée Rita, les jeunes Cody et Astor.


Troisième épisode des aventures de Dexter. Ici, notre héros préféré est en grande difficulté. Son passager noir s'est fait la malle, le laissant seul, perdu et (presque) humain. Des meurtres sataniques sont perpétrés dans la ville. Dexter se sent suivi, surveillé mais il ne peut pas agir seul. 
Parallèlement, il prend en charge l'éducation d'Astor et Cody dont il ressent leur vraie nature. 
J'avoue immédiatement que cet épisode est de moins bonne qualité que les deux premiers. C'est longuet, Dexter se perd dans ses trop nombreux discours intérieurs, se posent de trop nombreuses questions par rapport à son passager noir. Du coup, il ne tue plus et ça pour un serial killer, c'est pas bon. 
Jeff Lindsay malmène son personnage principal mais voilà, les interrogations priment ici sur l'action ce qui fait que ce roman est un peu mou. Dommage car l'idée des meurtres sataniques était très bonne. 

Dexter revient, Jeff Lindsay, pocket

Voici notre cher Dexter, expert judiciaire de la police de Miami le jour, tueur en série à la pleine lune, doublement menacé. D’un côté le sergent Doakes, insensible à son apparence de gentleman, traque le « Passager Noir », l’autre moi sanguinaire et justicier de Dexter. Par ailleurs, un psychopathe particulièrement pervers laisse Dexter sans voix alors que son appétit meurtrier se réveille. Lequel de ces monstres rattrapera l’autre le premier ?


Deuxième épisode des aventures de Dexter, "Dexter revient" reprend bien sûr les ingrédients qui ont fait le succès du premier. 
On retrouve donc notre héros préféré dans une aventure qui va laisser des traces. Un dangereux criminel vient assouvir une vieille vengeance à Miami et va prendre un malin plaisir à découper ses victimes qu'il laisse vivantes. Horrible et cruel. 
Dexter est fasciné, attiré par ce psychopathe de la pire espèce alors que Doakes ne le lâche pas d'une semelle. Le sergent qui sent que quelque chose cloche chez Dexter campe devant chez lui, le surveille jour et nuit empêchant le passager noir de s'exprimer, confinant l'expert en sang dans un carcan trop serré. Il n'en peut plus, se réfugie chez Rita, étouffe. Jusqu'au jour où...
Ce deuxième opus est bien réalisé. On prend plaisir à suivre les traces de Dexter mais parfois le récit s'enlise un peu. Il (se) parle beaucoup et agit (finalement) peu. Là où la série le décrit comme un personnage très fort, très précis, le livre lui se contente du minimum et nous montre ses failles. 

Un bon Dexter toutefois. 

lundi 19 janvier 2015

Sortie noire, Christian Laurella, Taurnada éditions

Après vingt ans passés derrière les barreaux, Daniel‚ prisonnier modèle et complètement amnésique‚ bénéficie d'un régime de semi- liberté et trouve un emploi dans une menuiserie. En parallèle‚ deux femmes, dont l'une est au service de l'autre, habitent une maison isolée en province. L'arrivée d'une lettre annonçant la libération de Daniel va bousculer l'apparente quiétude qui semblait être le quotidien des deux femmes et allumer un feu d'enfer dans la maison.


Les toutes nouvelles éditions Taurnada présentent "Sortie Noire", un thriller psychologique dont ils ont bien voulu me confier la lecture. 
J'ai lu ce roman rapidement. Il se lit vite en effet et on tourne les pages aisément. L'intrigue, si elle n'est pas des plus originale, attire l'attention. Ce prisonnier condamné à 20 ans de prison et qui bénéficie d'un régime assoupli en fin de peine. Parallèlement, le duo Elisabeth-Marlène dont  on devine à peine le lien est aussi accrocheur. On sent qu'un drame va se dérouler entre ses différents personnages. 
Pourtant, pour moi le bilan est mitigé. L'auteur a essayé de distiller par petites touches des indices pour garder le suspens. 
Le côté psychologique  m'a bien plu cependant les personnages ne sont pas à la hauteur. Je m'explique. 
Tout d''abord le personnage principal, Daniel, qui souffre d'amnésie depuis sa condamnation et qui ne sait pas pourquoi il est incarcéré. Bon d'accord, c'est pour que l'auteur puisse ne pas dévoiler tout de suite le noeud de l'intrigue mais là, je n'y crois pas une seule seconde. Il s'invente une vie, un passé, ce qui aurait pu être très bien mais désolé, je n'ai pas adhéré. 
Marlène quant à elle est too much. Machiavélique à souhait, manipulatrice, doté d'un sang froid énorme mais là non plus, pour moi ça ne passe pas. Les situations qu'elle vit, ses manigances c'est trop pour être crédible. Avec elle, l'auteur est dans la surenchère et c'est dommage. 
Autre défaut du roman : les dialogues sont pour moi un gros point faible. Je les ai trouvés convenus, trop polis et légèrement mielleux. 
Bref, Sortie noire n'est pas un roman qui m'a transcendé. J'ai bien aimé l'histoire malgré tout mais voilà, trop de scènes ne sont pas crédibles pour le lecteur que je suis. 

mardi 13 janvier 2015

Les fantômes d'Eden, Patrick Bauwen, Albin Michel

Il était une fois en Floride,
cinq ados partis à l’aventure.
Ils vous feront rire. Pleurer. Frissonner.
Mais ce qu’ils affronteront les changera à jamais.
Et l’un d’eux sera assassiné.
C’est sur ce crime que j’enquête.
... parce que le mort, c’est moi.




C’est l’hiver, il fait froid, le temps vous déprime ?! N’attendez plus, jetez vous sur ce roman signé Patrick Bauwen. Un pseudonyme américain pour un auteur qui lui, est français, mais qui nous a concocté une histoire…comme seuls les américains savent si bien le faire d’habitude ! 
Un conseil : Débutez ce livre une veille de week-end car vous risquez de ne pas réussir à le lâcher, ce serait dommage d’arriver au travail avec une nuit blanche au compteur… ! 

« Les fantômes d’Eden », quatrième roman de l’auteur, reprend l’un des personnages de son second livre, Paul Becker, lequel avait fait son apparition dans « Monster », paru en 2009. Il est à signaler qu’il n’est nullement nécessaire d’avoir lu ce dernier pour s’attaquer à « Les fantômes d’Eden ». C’est d’ailleurs mon cas puisque j’ai découvert cet auteur avec la lecture de ce livre. 

A l’origine, c’est un roman qui ne m’inspirait pas forcément, c’est difficile à expliquer, mais la couverture est ‘’quelconque’’, du « déjà vu », le livre est un pavé (630 pages) et le titre ne me faisait pas rêver. Seul le synopsis de fin de page m’a poussé à l’entamer (‘’Il était une fois, en Floride, cinq ados partis à l’aventure. Ils vous feront rire. Pleurer. Frissonner. Mais ce qu’ils affronteront les changera à jamais. Et l’un deux sera assassiné. C’est sur ce crime que j’enquête…parce que le mort, c’est moi.’’). 

Le roman, digne du meilleur des Harlan Coben, vous rendra complètement addict. Il est en effet difficile de stopper sa lecture et les pages s’avalent à très grande vitesse autour d’un récit en deux temps, de nombreux flashbacks et le présent qui nous ramène à la scène initiale du livre. Patrick Bauwen, dés les premières pages, nous attirent dans son récit par la qualité de sa plume et son texte qui n’est pas dénué d’humour. 
Malgré le fait que Patrick Bauwen soit français, son pseudonyme ne l’indiquant pas, les lieux de l’histoire sont décrits à la perfection et on est emporté dans les bayous qui dégagent une atmosphère plutôt inquiétante par moments. J’ai particulièrement aimé les flashbacks, on prend du plaisir à connaître Paul Becker et sa bande d’amis, on a la sensation de faire partie du groupe et on part à l’aventure à leurs côtés. Beaucoup de bons moments durant ce passé marqué d’une certaine nostalgie. Dans sa façon de conter son enfance, on en vient presque à regretter de ne pas avoir fait partie du cercle fermé des amis de Paul. Enfin, la partie du récit se déroulant dans le présent correspond à la quête de la vérité, une enquête passionnante menée par Paul afin de découvrir qui en veut à sa personne, des rencontres intéressantes, etc… De l’amitié, de l’amour, du mystère, une « chasse à l’homme »…tous les ingrédients sont réunis pour nous tenir en haleine. Cerise sur le gâteau, j’ai même découvert l’histoire cachée derrière la chanson « I don’t like Mondays ». 
Seul léger bémol, un final qui en laissera certains sur leur faim, il est rare de faire l’unanimité, mais cela n’aura pas gâché mon plaisir et c’est une certitude qu’au terme de ce livre captivant, je n’ai qu’une envie : me plonger dans « Monster » afin de découvrir si possible encore d’autres parcelles de la vie de Paul Becker ! 
Si je devais retenir une phrase du roman, ce serait celle-ci : « Accroche-toi à tes rêves, tu le dois à trois personnes : à toi aujourd'hui, à l'enfant que tu as été, au vieil homme que tu deviendras ».