vendredi 25 avril 2014

Le Sang versé, Asa Larsson, Albin Michel

À 145 kilomètres du cercle polaire, dans l’atmosphère crépusculaire du grand nord, un petit village aux environs de Kiruna, ville natale de l’avocate, est sous le choc : le pasteur de la paroisse – une femme – vient d’être assassiné. En mission là-bas pour son cabinet d’avocats, Rebecka remonte la piste de cette affaire qui réveille le souvenir traumatisant d’un autre meurtre…


Surprenant, est le premier mot qui me vient à l'esprit pour caractériser ce roman. Le fin fond de la Suède, des personnages énigmatiques, un crime atroce, des cauchemars qui remontent à la surface et l'ombre d'une louve. 
Pourquoi surprenant ? Ce roman, dont les critiques sont unanimement dithyrambiques, fera date. J'ai éprouvé quelques difficultés à le classer dans les romans policiers. En effet, Asa Larson a beaucoup travaillé son texte et cela se voit. Son écriture est belle, presque poétique. Le récit est lent (comme souvent chez les scandinaves), elle repousse les limites du genre. Mais ce n'est pas non plus un livre de "littérature générale". Un roman qui oscille donc entre les deux. 
Le lecteur est invité à suivre les traces de Rebecka, avocate au fond du gouffre, qui n'arrive pas à chasser de son esprit les meurtres qu'elle a dû commettre pour sauver une personne l'année précédente. Peu à peu, elle essaie de remettre les pieds au boulot par de brèves apparition dans les tribunaux. Phénomène de foire, tout le monde veut savoir ce que ça fait de tuer quelqu'un, elle en a ras le bol. Elle fuit le monde et trouve comme une bénédiction cette histoire sordide pour retourner sur les lieux de son enfance. 
Parallèlement, Asa Larsson décrit l'histoire d'une louve vieillissante mais pourtant très bonne chasseuse. J'ai été surpris là-aussi de ces chapitres qui venaient s'intercaler de manière ponctuelle dans le récit principal mais finalement, j'avoue avoir pris du plaisir à suivre Gula Ben. Même si encore aujourd'hui, je pense que cela n'apporte pas grand-chose au récit. Il y a bien l'ex-policier qui chasse, le pasteur chasse aussi et... quasiment tous les hommes qui chassent et qui se retrouvent de fait confrontés aux femmes menées par la pasteure, les magdalena, qui revendiquent ce territoire. 
Bref, on entre là dans le coeur du village, de ses amitiés, de ses rancoeurs et de ses haines. 
Je suis déçu en revanche par les personnages des deux policiers principaux qui malgré une humanité certaine et un quotidien banal (on voit l'enquêtrice fasse à son désordre ménager) manquent un peu de profondeur à mon goût. J'aurai aimé en savoir plus sur eux. 
La fin est terrible, saisissante et émouvante. 
Le sang versé est donc un roman fort et puissant qui pourra aussi ravir ceux qui ne sont pas habituellement friands de polars. 
Disponible chez Albin Michel. 

lundi 7 avril 2014

Les oubliées, Tess Gerritsen, Presse de la Cité

La main d'une femme est découverte dans une ruelle obscure du quartier asiatique de Boston. Sur le toit d'un immeuble des environs, on retrouve le cadavre de la victime à laquelle elle appartient : rousse, vêtue de noir, la gorge tranchée, comme si le meurtrier avait tenté de la décapiter. Deux mèches, qui ne s'apparentent pas à des cheveux humains, sont retrouvées sur son corps.
Assistée dans son enquête par le détective d'origine chinoise Johnny Tam, Jane Rizzoli découvre que ce meurtre brutal a connu un précédent. Dix-neuf ans auparavant, une tuerie au Phénix Rouge, un restaurant asiatique des environs, avait fait cinq victimes. Existe-t-il un lien entre ces deux drames ? Et si la clé du mystère se trouvait dans le passé ? Forte de cette intuition, l'inspecteur Rizzoli décide de rouvrir cette affaire presque classée. Elle ne tarde pas à découvrir que ce massacre est étroitement lié à la disparition de deux jeunes femmes...



Ce nouveau roman de Tess Gerritsen fait partie des enquêtes de Rizzoli et Isles dont plusieurs ont été adaptées pour la télévision mais dont je n'ai encore vu aucun épisode. 
Je ne connaissais pas non plus cet auteur et je remercie vivement les éditions Presse de la cité de me l'avoir fait découvrir.
Dès les premières pages, on rentre dans le vif du sujet. On va parler d'arts martiaux. Mais pas que...
Une main est découverte dans le quartier chinois de Boston. Plus tard, le reste du corps. 
Rizzoli et son co-équipier Frost vont peu à peu faire le lien avec une tuerie qui a eu lieu dix neuf ans plus tôt et qui a touchée profondément la communauté chinoise. 
Ce roman alterne les chapitres écrit à la troisième personne et les chapitres où l'un des personnages principaux - Iris Fang- prend la parole. La vieille dame dont le mari a été tué durant l'épisode sanglant évoqué ci-dessus et dont la fille a disparu deux ans plus tôt écrit ce qu'elle voit, ce qu'elle vit, ce qu'elle ressent. Elle qui n'a jamais cru à la version donné par la police à l'époque des faits, elle qui n'a jamais abandonné l'idée de démasquer le véritable coupable. 
On suit aussi Maura Isles, le médecin légiste et ami de Rizzoli, amitié qui sera mis à mal par le témoignage de Isles contre un policier. 
L'écriture de Tess Gerritsen est plaisante et fluide. Elle ne s'encombre pas de détails superflus et va à l'essentiel. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette aventure et le personnage de Rizzoli m'a plu. Elle a de l'humour et une certaine dose d'auto-dérision qui est relativement rare dans les romans policiers. 
Par ailleurs, l'auteur nous fait découvrir à travers les 350 pages de ce roman, le quartier chinois de Boston avec ses secrets et son mode de fonctionnement, les arts martiaux et une légende chinoise. Bref, aucun temps mort, de nombreux rebondissements, des personnages intéressants même si j'aurais bien aimé en savoir plus sur Maura (mais peut-être le personnage est-il davantage développé dans d'autres livres...) et une intrigue dont je n'aurais jamais trouvé le dénouement.
Un très bon moment de lecture.
Disponible ici :
http://www.pressesdelacite.com/site/les_oubliees_&100&9782258106949.html

mardi 1 avril 2014

Sale gosse, Stephen King, Albin Michel (e-book)

« Souvenez-vous, ça revient sous les traits d'un enfant. »

Un gamin diabolique qui provoque immanquablement la disparition de vos proches, un sale gosse qui a conduit le comptable George Hallas dans le couloir de la mort. Et qui pourrait bien un jour croiser votre chemin...


Nouveau cadeau du maître King après sa venue en France en novembre dernier. Ce court récit est disponible depuis le 14 mars uniquement en e-book (merci Ben de m'avoir prêté ta liseuse).
Un prisonnier dans le couloir de la mort raconte son histoire à son avocat. Une histoire terrible dans laquelle il est persécuté depuis son enfance par un sale gosse dont chaque apparition se ponctue par un drame. 
Le texte est court, une cinquantaine de pages, mais j'ai pris du plaisir à le lire. Comme d'habitude avec King, c'est plaisant et on tourne les pages les unes après les autres sans voir le temps passer. 
Ce texte m'a aussi permis de découvrir les e-books. Alternative intéressante au livre papier. 
Merci à Stephen King pour ce cadeau qui est le prélude à une année bien remplie : Joyland (dont un extrait est inséré à la fin de Sale gosse) est en effet prévu pour mai-juin 2014 et le très attendu Mr Mercedes ! 
Disponible aux éditions Albin Michel.