mercredi 29 janvier 2014

Le fils de Sam, Michaël Mention, Ring éditions

Il a ensanglanté les rues de New York et traumatisé des millions d'Américains. Pour la première fois en France, l'histoire vraie du « fils de Sam ». 

Été 1977. L’Amérique croit avoir tout subi : assassinat de JFK, émeutes, fiasco au Vietnam, crise économique. Meurtri dans sa chair et saigné dans ses ambitions, le pays est à genoux. New York aussi, soumise à une canicule sans précédent, au blackout et à son bourreau.

Un tueur mystérieux qui rôde la nuit et décime la jeunesse avec son revolver. Un prédateur unique dans la sphère des tueurs en série, défiant les autorités, les médias et le pays tout entier. Cette affaire criminelle a fait l’objet d’un film, Summer of Sam, réalisé par Spike Lee avec Adrien Brody, mais tout n’a pas été exploré...

Pour la première fois en France, un auteur retrace cette stupéfiante enquête, méconnue en Europe, à travers de nouveaux axes d’investigations. Entre document et thriller, Fils de Sam vous fait revivre la croisade du « Tueur au calibre .44 » à la faveur de nombreux documents et photos qui en font bien plus qu’un livre : un ouvrage qui se lit comme un film, en immersion dans la tête de l’un des tueurs les plus complexes. Une plongée au cœur des États-Unis du rock au disco, du L.S.D. à la C.I.A., d’Hollywood au satanisme… portrait d’une nation à travers l’un de ses exclus, devenu icône des serial killers.

Né en 1979, Michaël Mention est romancier et scénariste. Grand Prix du roman noir français au Festival International du Film Policier de Beaune en 2013 pour Sale temps pour le pays (Rivages/noir), il s’impose aujourd’hui comme l’un des nouveaux prodiges du thriller.



Bon, nous avons Michaël Mention que j'ai découvert l'année dernière avec Sale temps pour le pays (rivages noir) pour lequel il a obtenu le grand prix du roman noir français du festival de Beaune, nous avons aussi Stéphane Bourgoin qu'on n'a plus besoin de présenter mais qui reste The spécialiste des tueurs en série dans le monde et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Le premier est auteur dans le cas présent, le second directeur de la collection Murder ballads chez Ring éditions. Autant dire que la mayonnaise ne pouvait pas être loupée. 
Je me suis donc plongé dans ce True crime, un docu-fiction sur David Berkowitz, un tueur en série qui a sévi aux Etats-Unis à la fin des années 70 avec avidité. 
Il s'appelait lui-même "le fils de Sam", a fait tourné en bourrique les flics New Yorkais, a terrorisé les jeunes de la ville pendant l'été caniculaire de 1977 et a fini par se faire pincer. 
Le livre de Michaël Mention est donc un mélange astucieux, intelligent et ultra-documenté de l'aventure de ce Serial Killer à la personnalité étrange et qui, encore aujourd'hui, est classé à part parmi ses confrères
J'ai retrouvé dans ce livre les mêmes ingrédients que dans son précédent roman. L'écriture de Mention est épurée mais terriblement efficace. L'auteur ne s'encombre pas de descriptions  interminables. Il va droit au but, fonce vers l'essentiel. C'est propre. 
Mais ce n'est pas que ça. 
Si Michaël Mention fonce, chaque page est travaillée, cisaillée, pensée pour que le lecteur prenne le plus de plaisir possible malgré l'importance du sujet. 
Et puis, il n'oublie pas de connecter les actes de ce tueur aux événements qui frappent le pays. On trouve donc en filigrane la guerre du Vietnam que le peuple exècre, les sectes dont les rassemblements terrorisent autant qu'ils  attirent des individus en recherche d'une famille. Comme ce fameux David qui erre. D'un quartier à l'autre. Guidé par Sam, sanguinaire. Assoiffé de sang. 
On a donc New York, la ville cosmopolite. On a le disco que David Déteste. On a aussi le LSD, la drogue, le ciné, la musique d'Hendrix et les chiens qui aboient. Qui ne cessent de gueuler à la mort. Je veux qu'ils crèvent, qu'il arrêtent de m'appeler. Pour ça, je voudrais les brûler. Un peu d'essence. Une allumette que je craque. Et hop ! Plus de bergers allemands qui gueulent toute la nuit. A me rendre fou. Mais, j'ai Sam, je le vois dans le rétroviseur. Il est assis derrière, sur la banquette. Et il veut que je tue. Encore. Et encore. Car Sam a faim. Sam veut du sang.
J'espère que ces quelques lignes vous donneront envie de découvrir ce livre qui est un gros coup de coeur en ce début 2014.
Disponible chez Ring éditions. 

jeudi 16 janvier 2014

Après la fin, Barbara Abel, Fleuve Noir

Tiphaine et Sylvain vivent ensemble depuis presque 20 ans. Ils ont connu des moments merveilleux et ont surmonté main dans la main des épreuves difficiles. Comme tant d'autres époux... Aujourd'hui leur couple bat de l'aile et élever Milo, leur fils de 15 ans, n'est pas une partie de plaisir. Une situation qui pourrait être très classique...
Si Milo n'était pas leur fils adoptif. 
Si Milo n'était pas le fils de leur ancien voisin David qui s'est suicidé dans sa propre maison.
Si Milo n'était pas le meilleur ami de Maxime, leur fils, décédé brutalement à l'âge de 7 ans. 
Si Milo n'avait pas hérité de la maison de son père dans laquelle vit désormais la nouvelle famille recomposée. 
Et si une nouvelle voisine n'était pas venue s'installer précisément dans leur ancienne maison, de l'autre côté de la haie, avec un petit garçon de 7 ans...




Mon premier Barbara Abel." Après la fin" reprend l'histoire quelques années après les terribles événements qui ont été relatés dans "Derrière la haine". 
Un couple apparemment sans histoire mais ayant vécu un terrible drame. Un adolescent qu'ils ont adopté et qui a perdu ses parents. Une nouvelle voisine qui s'installe dans leur ancienne maison.
Autant dire tout de suite, ce thriller est une bombe ! 
Des chapitres courts permettent de suivre les personnages les uns après les autres sans temps morts. Ce qui est un véritable bonus pour un thriller. 
Le suspens que l'auteur réussit à distiller avec touche légère est grandissant. Les personnages sont énigmatiques à souhait. Chacun trimbale ses casseroles, tous essaient de s'en sortir, de relever la tête mais c'est sans compter les autres, les voisins, l'amant, l'ami. 
"Après la fin" est un huis-clos angoissant, qui prend à la gorge. Cela faisait longtemps que mon coeur ne s'était pas accéléré comme ça à la lecture d'un livre. 
Donc ici pas de sang, pas de description gore. Que du feutré, du suggéré et de l'angoisse. Et si tout commence plutôt bien pour Nora, ensuite ça monte progressivement jusqu'au basculement dans l'enfer. 
En ce sens, le livre de Barbara Abel m'a fait penser à Jean-François Coatmeur, un autre auteur que j'apprécie énormément et qui n'a pas son pareil pour décrire des gens normaux dont les vies basculent horriblement. 
On le voit, Nora se bat contre la raison et la peur : 
" Ebranlée par la détresse de son amie, celle-ci la dévisagea avec consternation. Son esprit vibrait de mille pensées, il fallait qu'elle trouve quelque chose pour la détourner de cette folie, un argument massue qui la ramènerait sur terre."
La confrontation Mathilde-Nora est en ce sens édifiante. Quand on perd les pédales, quand on sait que toute sa vie va être détruite, peut-on se résoudre à la pire des solutions ? 
J'ai beaucoup aimé également le profil de Milo, adolescent légèrement taciturne -mais au vu de son passé, qui ne l'aurait pas été ?-  qui se bat lui aussi contre ses démons, persuadé d'incarner le mal absolu autour duquel tous ceux qu'il aime finissent par périr. 
Si ce roman est la suite de "Derrière la haine", il peut se lire indépendamment car l'auteur dresse des portraits complets et distille des indices qui permettent au lecteur de reconstituer l'histoire.
Jusqu'à la scène finale, machiavélique et terriblement efficace. 

Un très bon moment de lecture. 
Disponible chez Fleuve Noir. 

dimanche 12 janvier 2014

Plein gaz, Joe Hill et Stephen King, JC Lattès



Plein gaz marque l'entrée en 2014 du couple King et Hill. Père et le fils, dont c'est la première collaboration, vont en effet parler d'eux encore cette année (Nosfera2 pour le fils, Joyland et Mr Mercedes pour le père sont prévus courant 2014.)
L'histoire de cette nouvelle de 92 pages : une bande de motards se fait pourchasser par un camion fou.
Le quatrième de couverture présente ce texte comme un hommage à Richard Matheson et son livre qui a inspiré Steven Spielberg pour le film Duel.
Jusque là tout va bien.
Donc on entre de plein pied dans ce petit livre qui ne laisse aucun répit au lecteur. C'est bien fichu, ça va vite comme les machines des motards. Et pourtant, je n'ai pas été tout à fait convaincu par le récit. Certes les relations entre les personnages (notamment entre Vince et Race) sont intéressantes mais voilà, la crédibilité se perd quand on pense qu'une bande de motards chevronnés n'arrive pas à se défaire d'un camion sur une route désertique. Je pensais naïvement que les motos roulaient toujours plus vite que les camions. Donc là, il y a un hic.
Deuxième point négatif : à un moment Vince et l'un de ses comparses assistent impuissants à la débâcle de la Tribu mais j'ai décroché. Comment ont-ils pu se mettre à l'abri du routier fou ? Après, ils retournent dans le feu de l'action pour sauver Race. Ouais bof.
Malgré tout, j'ai bien aimé cette nouvelle. Les motivations du tueur fou sont expliquées dans les dernières pages et tout s'imbrique facilement.
Les 10 dernières pages de ce livre (vendu 6 euros tout de même) présentent le chapitre 1 de Nosfera2, nouveau roman de Joe Hill publié chez le même éditeur. Comme si Plein gaz servait de publicité pour ce livre à venir. On peut se poser la question...

samedi 11 janvier 2014

Apnée noire, Claire Favan, Editions du Toucan






Nouvelle publication des éditions du Toucan, Apnée noire de Claire Favan dont c'est le troisième roman publié. Pour ma part le premier de l'auteur que j'ai eu l'occasion de croiser lors d'un salon. 
Il s'agit donc d'un thriller ancré aux Etats-Unis. Si ce choix n'est pas très original, l'auteur a su se donner une certaine légitimité en nommant des rues, en évoquant des quartiers, des villes. Donc, soit elle y est allé, soit elle s'est très bien documenté. 

Claire Favan connaît également tous les codes du thriller. On trouvera donc dans ce roman des enquêteurs bien dessinés, une intrigue forte, un passé trouble et un vrai serial killer. Cependant, elle sait faire preuve d'originalité  : Vince est un personnage complexe et attachant. Flic qui a subi un traumatisme et qui ne devra son salut qu'à Megan, du FBI, sûre d'elle, arrogante et brillante. Les deux vont entretenir des relations étranges et destructrices.
Parlons du tueur : insaisissable, imprévisible. Il laisse peu d'indices mais signe ses meurtres d'une patte identifiable. 
Merci à l'auteur de n'être pas tombée dans les descriptions sanguinolentes et glauques qu'on peut trouver dans ce type de romans. Elle a su rester soft dans les détails. Sûrement aussi grâce au modus operandi du tueur. 
Ce roman est bien fichu. J'ai été happé par l'histoire rapidement et je me suis surpris à m'inquiéter davantage pour Vince que pour les victimes. J'ai beaucoup aimé l'effet inverse des deux personnages. Tandis que l'un sort la tête de l'eau, l'autre coule. 
Le récit est parsemé de courts paragraphes sur le passé de Mégan. Là aussi, c'est intéressant mis à part celui où elle retranscrit ses entretiens avec Chester Vernon. J'ai cru revoir Clarisse Starling et Hannibal.
Enfin, parlons du mobile des meurtres : je ne dévoilerai rien mais là encore c'est bien trouvé, bien travaillé et bien construit. 
Le suspens est présent tout au long du roman et les deux dernières pages font froid dans le dos. 
Je ne sais pas ce que Claire Favan envisage mais moi j'aimerais retrouver Vince !


dimanche 5 janvier 2014

J'ai voulu oublier ce jour, Laura Lippman, éditions du Toucan

Il y a quelques années, ils formaient une bande d’amis, les meilleurs amis du monde. Mais le temps a passé et ils sont maintenant presque tous mariés, sont pris dans leurs vies de famille et se sont lentement perdus de vue. Jusqu’à oublier même leur terrible mensonge.
Mais quand Gordon, le plus attendrissant de la bande, meurt soudainement, tout s’écroule. Et les soupçons commencent à émerger….



Nouveauté aux éditions du Toucan, le roman de Laura Lippman "J'ai voulu oublier ce jour" est un récit sur l'amitié, la famille, les liens qui se tissent, les relations qui se font, se défont au gré des saisons.
Le lecteur suit cinq amis qu'un terrible drame a séparé et dont les conséquences resurgissent quelque trente ans après.
Le livre alterne les chapitres actuels et passé.
La précision de l'auteur nous offre une vision complète de la vie des personnages, peut-être trop d'ailleurs.
J'ai éprouvé quelques difficultés à entrer dans cette histoire. Peut-être le nombre des personnages, leur passé confus et une intrigue qui s'éloignait de plus en plus. Peut-être aussi le fait qu'à un certain moment Laura Lippman utilise le "je" pour raconter l'histoire des cinq jeunes comme si elle prenait la place de l'un d'eux mais en les nommant tous (Ex : Gwen faisait ceci tandis que Sean et ses frères faisaient cela...), cela signifierait qu'il y en aurait un sixième ? Je ne sais pas si je me fais bien comprendre mais c'est l'impression que j'ai ressentie.
Dire que je n'ai pas aimé ce livre serait exagéré. Je ne suis pas complètement enthousiaste cependant. Je m'attendais -comme indiqué sur la couverture- à un roman à suspense. Hors, le suspense n'est présent que dans les trente dernières pages, quand se dessine enfin la vérité alors qu'il faut cent cinquante pages avant de réellement entrer dans le sujet.
Un bon roman toutefois pour ceux qui aimeront ce genre d'histoire mais qui manque cruellement de rythme.
Dommage.

vendredi 3 janvier 2014

Le chardonneret, Donna Tartt, Plon

Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D'ou vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui ?

À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l'Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Donna Tartt.




Vingt ans après le prodigieux Maître des illusions, dix ans après le décevant le petit copain, les éditions Plon vont publier ce mois-ci le nouveau roman de Donna Tartt. Beaucoup d'attente pour ce livre qui va consacrer ou nous faire oublier une auteure qui prend son temps...

A venir : Plein gaz, Joe Hill et Stephen King

Le 08 janvier, les éditions JC Lattès vont publier la nouvelle "Plein gaz". Une belle collaboration entre le maître de l'horreur Stephen King et son fils Joe Hill.





Sur une route désolée du Nevada, un gang de motards est pris en chasse par un camion fou, apparemment bien décidé à les éliminer un à un. Il n’existe qu’une seule issue pour sauver sa peau : ne jamais ralentir…

Inspiré par le désormais classique Duel, de Richard Matheson, adapté au cinéma par Steven Spielberg dans son premier film, Plein Gaz marque la première collaboration entre Stephen King et Joe Hill.



Traduit de l’anglais par Antoine Chainas