jeudi 18 décembre 2014

L'oeuf de dragon, George RR Martin, Pygmalion

Parce que Terre du noir ne se cantonne pas qu'aux polars, Ben chronique L'oeuf de Dragon :

Quatre-vingt-dix ans avant les péripéties du « Trône de Fer », Aegon, de la lignée royale, surnommé l'Oeuf, court les routes incognito comme écuyer d'un chevalier errant, Dunk. Au hasard des chemins, le duo se voit convié par le fringant Jehan le Ménétrier à participer à un tournoi richement doté qui sera le clou des noces de lord Beurpuits. Au champion ira le grand prix, un inestimable Oeuf de dragon. Mais il apparaît bientôt que les noces et le tournoi sont un nid d'intrigues et d'ambitions, petites et grandes, et qu'une prophétie annonce de grands événements.

De fait, après la rébellion, les partisans de Deamon Feunoyr, qui a chassé quelques années plus tôt la fine fleur des chevaliers en exil de l'autre côté de la mer, fomentent une nouvelle conspiration. Certains souhaitent déposer le souverain légitime pour installer leur propre prétendant. À leur corps défendant, Dunk et l'Oeuf se retrouvent au coeur du complot.



Vous avez découvert « Game of Thrones » (ou « Le Trône de Fer » en version française) grâce à la série tv éponyme diffusée par HBO ? Depuis, vous vous êtes penchés sur les livres de George R. R. Martin ? Ce dernier livre sorti en France durant l’été est alors un incontournable pour vous puisqu’il vous permet d’en connaître un peu plus sur les ancêtres des Daenerys Targaryen, Robert Baratheon, etc… 

Cette courte histoire (moins de 200 pages), à l’image des intégrales (1000 pages en moyenne) est complexe à suivre sans une certaine concentration du lecteur à cause du très grand nombre de personnages prenant part au roman. Les clans semblent interminables et il n’est pas facile de mettre le nom d’un personnage sur telle ou telle famille. La trame de l’histoire, qui se déroule quatre-vingt-dix ans avant celle décrite dans « Game of Thrones », est celle des aventures du chevalier errant ‘’Duncan’’ (alias Dunk) et de son jeune écuyer ‘’l’Œuf’’. 

Dunk et l’Œuf, initialement en partance pour rejoindre la famille des Starks et Winterfell, sont interceptés en chemin par une troupe de chevaliers qui leur apprennent qu’un tournoi de joutes a lieu en honneur du mariage du Lord Beurpuits, l’ancienne main du roi Aegon IV Targaryen. Un tournoi qui permettrait non seulement de remporter de l’argent pour rejoindre le Nord mais également un œuf de Dragon en récompense au vainqueur final. On apprend à cette occasion que l’Œuf, malgré son statut d’écuyer, possède un œuf de Dragon comme ses frères… 

Le roman nous fait vivre alors le tournoi ainsi qu’un mystère autour de l’œuf mis en jeu. « L’œuf de dragon » met bien en lumière les jeux de pouvoirs, les alliances du « monde antique » afin de permettre de garder un semblant de tranquillité dans le royaume. On assiste alors à toutes sortes de manipulations, conspirations voire corruption afin que le « destin » suive son cours… 

Une lecture que je conseille aux fans de la série tv même s’il faut s’accrocher pour ne pas s’y perdre avec le nombre incalculable de noms de familles différents lus au cours du roman. Même en possédant une connaissance certaine de l’histoire, on arrive à s’y perdre, c’est pour moi la faiblesse (tout en étant une force) majeure de tous les romans de George R. R. Martin sur cette aventure. Une complexité qui peut décourager de nombreux lecteurs. Quoiqu’il en soit, ce livre reste plaisant à lire et le duo Dunk/Œuf fonctionne à merveille. Je conseille toutefois les deux premiers tomes de la série « Duncan/L’Œuf » afin de ne pas connaitre de temps d’adaptation au roman comme ça a été le cas pour moi.

Agatha Doyle au service de Sa Majesté, Caroline Triaureau, Naïve Livres

Jeune collégienne normande en voyage scolaire à Londres, Agatha Doyle se retrouve malgré elle enfermée dans la Royal Gallery de Westminster Palace. Ce n’est pas sur la vieille bique de Miss Marple que la grande ficelle écervelée va pouvoir compter pour sauver sa peau mais sur ses amis, le sportif Sherlock, imbattable en uppercut, et le gros Hercule, qui se demande encore pourquoi ses parents l’ont nommé ainsi ! Les voilà embarqués dans le labyrinthe de Buckingham Palace à la recherche du Traité de l’Indépendance d’Irlande dont le vol mystérieux risque de déclencher une nouvelle guerre entre ces deux pays. C’est sans compter les cellules grises d’Hercule, le sens de l’observation de Sherlock et le flair inné pour se fourrer dans le pétrin d’Agatha !
Une palpitante enquête digne des plus grands romans policiers de Conan Doyle et d’Agatha Christie au coeur des intrigues royales d’Angleterre ! 
Ce roman d’aventures drôle et pédagogique fait découvrir aux plus jeunes la ville de Londres et l’univers d’Hercule Poirot.


Les clins d'oeil sont nombreux dans ce petit roman destiné aux jeunes à partir de 9/10 ans. Comment ne pas penser à Agatha Christie ? A Arthur Conan Doyle ? Quant aux amis de l'héroïne, Hercule (Poirot) et Sherlock qu'il n'est plus besoin de présenter, ils portent les noms de personnages célèbres de la littérature policière anglaise. Comment ne pas faire non plus le rapprochement dans le titre avec un épisode de James Bond ? 
Mais ces personnages sont aussi très bien travaillés. Agatha est une petite chipie intrépide et parfois maladroite qui s'attire beaucoup d'ennuis. Sherlock fait tourner ses cellules grises plus vite qu'Hercule engoncé dans une enveloppe qui le gêne pour suivre les pérégrinations de ses amis. Et Miss Marple ? Elle n'a comme point commun avec l'héroïne des livres que le nom car ici elle est transformée en enseignante légèrement revêche. 
Donc, nous suivons ce trio durant un voyage scolaire pendant lequel Agatha et ses amis vont fausser compagnie au reste du groupe... mais pour le bien de la Couronne. Certains passages sont drôles et l'auteur jongle toujours avec son envie de rester pédagogique et de faire apprendre des choses au lecteur. Ce qui est très positif car j'ai trouvé qu'il n'y avait pas trop de "leçons", juste ce qu'il faut pour en savoir davantage. 
Ce livre se lit très rapidement et on ne s'y ennuie guère.
En conclusion, j'ai bien aimé ce roman même si la scène finale ne m'a pas trop plus. Je l'ai trouvé en effet trop irréaliste mais le plaisir est là malgré tout. 

Disponible aux éditions Naïve livres. 



jeudi 11 décembre 2014

Personne n'en saura rien, Sylvie Granotier, Albin Michel

Mélusine, Jeanne, Irène... Aucune n’est ressortie vivante de l’arrière de cette camionnette qui sillonnait les côtes françaises. L’assassin n’a jamais été inquiété. Isabelle a seize ans quand elle croise sa route. Elle est prête à tout pour survivre.


Aujourd’hui, elle est seule à savoir qui se cache derrière ce gros type solitaire jugé pour viol sur mineure. Pourtant elle se tait et c’est lui qui a peur.
La victime est-elle bien celle que l’on croit ?


On retrouve dans ce suspense sombre et intense la virtuosité de l’auteur duPassé n’oublie jamais. Histoire d’une vengeance et d’une manipulation,Personne n’en saura rien explore avec une subtilité dérangeante les rapports de domination et de soumission.

La collection "spécial suspense" d'Albin Michel réserve souvent de belles surprises. C'est encore le cas avec ce nouveau roman de Sylvie Granotier qui jongle entre passé et présent à travers le parcours d'un tueur dont les actes se révèlent de jours en jours et qui se retrouve confronté à l'une de ses victimes plus forte que jamais. 
Isabelle est la victime qu'il n'aurait pas dû agresser. Dommage pour lui, c'est elle qui va l'amener à sa perte. Et de quelle manière ?
Tout au long du récit, Sylvie Granotier nous emmène dans un univers sombre, précis où les faits sont racontés de manière crue et cruelle et où l'insoutenable vérité prend corps peu à peu. 
C'est donc simple, sans fioriture et sans concession et c'est cela que j'ai aimé dans ce livre, lu en à peine 3 jours.
Chardin est un tueur sans pitié et pourtant fragile. Il n'y a qu'à voir son enfance et son enfance passées entre des parents aimants et protecteurs, peut-être trop, qui ne veulent pas le voir s'éloigner. Des parents qui le couvent mais en fait qui l'étouffent. Son emménagement dans un appartement est vécu comme un moment dramatique au point que ses parents vont l'accompagner pendant de longues semaines. La séparation est plus qu'une déchirure. C'est une souffrance que chacun d'entre eux va essayer de gérer sans vraiment jamais pouvoir le faire. Le drame se noue et Chardin s'enfonce de plus en plus dans la criminalité, attiré par les jeunes filles jusqu'à sa première incarcération vécue comme une injustice. Sylvie Granotier dépeint une société encline à la dédramatisation à travers la famille Chardin compréhensive mais étanche aux méthodes de guérison comme les suivis psychologiques. Chez les Chardin, on règle tout en famille mais on ne parle pas des choses qui fâchent.
Méticuleusement, Isabelle va recouper les preuves, les faits jusqu'à démasquer Chardin dans un final théâtral et surprenant.

Je ne peux donc que conseiller à tous de se plonger dans ce roman au suspens grandissant. Une belle pépite !

Treize, Seth Patrick, Super 8 éditions

Dans la lignée de Minority Report et de Sixième sens, un exceptionnel thriller fantastique dont les droits d'adaptation ont déjà été acquis par les producteurs de The Dark Knight. Le temps des Revivers est arrivé. Les Revivers, ce sont ces hommes et ces femmes capables, d'un simple contact tactile, de ramener brièvement les morts à la vie – pour leur permettre de faire leurs adieux à leurs proches, par exemple, ou, dans les cas les plus radicaux, de révéler à la police l'identité de leur assassin. Modeste et introverti, Jonah Miller est l'un des Revivers les plus talentueux au monde. L'un de plus tourmentés, également. Et ce qui vient de lui arriver n'est pas pour le réconforter : lors d'une séance d'interrogatoire menée auprès d'une jeune femme sauvagement assassinée, Jonah a eu l'impression qu'une présence menaçante était tapie de l'autre côté, du côté des morts. Sensation uniquement due au stress ? Jonah n'en est pas certain. Lorsque Daniel Harker, l'homme qui a révélé au monde l'existence des Revivers et de l'organisation Baseline censée exploiter leurs compétences, est assassiné, Jonah est chargé d'élucider les causes de ce nouveau meurtre. Petit à petit, il réalise que les pouvoirs dont il est dépositaire le dépassent. Bientôt, tout ce qu'il tenait pour vrai s'effondre, tandis que se dessinent les contours d'une sinistre conspiration. Premier tome d'une trilogie haletante oscillant sans cesse entre thriller et fantastique, Treize renouvelle les deux genres avec une maestria étourdissante. Legendary Pictures, les producteurs d'Inception et de Watchmen, viennent d'acquérir les droits d'adaptation cinématographique.


Il n'y a pas à dire, pour son premier roman Seth Patrick frappe fort. Treize est un thriller qui oscille entre réalisme et fantastique. Dans un monde réel, les revivers sont des personnes à part, capables de réveiller les morts le temps d'un interrogatoire. Mais leur don n'est pas sans conséquence et ils le paient cher. c'est le cas pour les meilleurs d'entre eux et encore plus pour Jonah. Touché dans sa chair par les nombreuses ressuscitations qu'il est amené à faire. 
Malgré les quelques 500 pages, ce livre se lit aisément et rapidement. Les chapitres s'enchaînent à une vitesse incroyable et la lecture est fluide. 
Les personnages décrits sont bien travaillés. Jonah, le personnage principal de ce roman, est fragile, en proie aux doutes, en quête de vérité. Même s'il est considéré comme le meilleur, l'auteur lui a donné une faiblesse intéressante. Même chose pour les personnages secondaires qui l'accompagnent : Annabel, la fille de Daniel Harker, en journaliste prête à tout pour découvrir la vérité, forte et fragile à la fois ; ou bien le technicien Never qui débarque, étonné par tout ce qui arrive à Jonah et les péripéties dans lesquelles il est embarqué bien malgré lui. 
Bref, toute une panoplie de personnages attachants que l'auteur confronte bien évidemment à des méchants tout aussi mystérieux. Car un complot de grande envergure semble poindre son nez. Et plus Jonah avance dans son enquête, plus il est en danger. 
A travers ce roman, Seth Patrick parle bien sûr d'un thème qui nous est cher et qui est d'actualité. Le retour à la vie, la vie éternelle ! Tromper la mort. Le graal !Et évidemment, les dérives liées à ce type de recherches scientifiques. 
Le titre "treize" paraît bien longtemps énigmatique et il n'y a que dans le dernier tiers du livre que l'auteur nous en livre le secret avec une explication qui semble un peu tirée  par les cheveux mais qui finalement ne gêne pas la lecture. 
Treize est donc un très bon roman, très divertissant et sans temps mort que l'on prend plaisir à lire. Une belle découverte des éditions Super 8. 

samedi 22 novembre 2014

Jeudi noir, Michaël Mention, Ombres noires


« Aucun film au monde, aucune pièce ne saurait transmettre autant de courants contradictoires, autant d’émotions que la demi-finale perdue de Séville. » Michel Platini
8 juillet 1982, Séville. Coupe du monde de football, demi-finale France-R.F.A.
L’ambition contre l’expérience. L’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et pour les deux équipes, une même obsession: gagner sa place en finale.
Face aux puissants Allemands, Platini, Rocheteau, Giresse… une équipe de France redoutable. mais le pire s’invite: les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.
Pour la première fois, le match mythique vécu en direct, sur le terrain. Une expérience radicale, entre exaltation et violence.
France-R.F.A 82: un match, une victime, une vengeance.
Pour prolonger l’expérience, rendez-vous sur notre chaîne Youtube et découvrez la playlist qui accompagne la lecture de Jeudi noir.

Retrouvez également les journaux télévisés des 8 et 9 juillet 1982, ainsi que le match France-RFA dans son intégralité!



Jeudi noir, deux mots qui évoquent pour de nombreuses personnes le Krach de la Bourse de New York de 1929. Si le 8 juillet 1998, l’Equipe de France s’offrait une place en finale de sa Coupe du Monde en éliminant difficilement la Croatie, seize ans plus tôt, un 8 juillet également, les Bleus s’étaient vus barrer la route de la finale du mondial espagnol au terme d’un match homérique face aux allemands, la R.F.A. plus précisément. Un jeudi noir pour le peuple de France. 
Michaël Mention (Le rhume du pingouin, Sale temps pour le Pays, Fils de Sam, Adieu Demain) prend le pari risqué de faire revivre en intégralité la mythique rencontre entre les Bleus de Platini et la Mannschaft de Kaltz (3-3, victoire allemande aux tirs au but). Une demi-finale marquée par l’acte barbare d’Harald Schumacher, gardien de but allemand, coupable d’une agression caractérisée non sanctionnée sur le français Patrick Battiston. Les fans de football, nés ou non lors de cet été 1982, connaissent tous cette rencontre, ce match étant rentré dans le Panthéon des Grands Moments du Sport Français. Il y a des victoires qui ne sont rien de plus qu’une ligne dans un palmarès mais il y a également des défaites qui marquent une génération, un sport, un pays tout entier et marquent l’Histoire de leur sport. Le France-Allemagne de 1982, c’est tout cela et c’est à ce monument du Sport Tricolore que s’attaque Michaël Mention avec son « Jeudi Noir ». 

Au premier abord, on peut se demander si parler uniquement d’un match sur la totalité d’un roman ne risque pas d’être compliqué, comment décrire une rencontre sans être ennuyeux ? Michaël Mention y parvient avec une maestria digne d’un Platoche, dribblant les temps morts pour nous faire vivre les grands moments de tension qui s’emparent des joueurs de l’Equipe de France tout au long des deux heures de jeu et d’une séance de tirs au but particulièrement tendue elle aussi. Être un fan de foot est un avantage indéniable avant de s’attaquer à la lecture du roman (tout comme connaître le prénom des footballeurs afin de savoir qui entreprend quelle action sur le terrain…)mais ne rien connaître n’est en rien rédhibitoire, Mention faisant de ce match bien plus qu’un match de football, mettant en avant le fait que cette rencontre a, par sa physionomie, pris un chemin détourné pour sortir du cadre du sport. Face aux scenarii du match, tout plus fous les uns que les autres, Michaël Mention, à travers les yeux et la pensée d’un douzième joueur Bleu virtuel, nous fait passer par tous les états d’âmes qu’ont pu vivre les joueurs mais aussi les français devant leur poste de télévision. Au fur et à mesure que les minutes s’égrainent et que les fautes allemandes s’accumulent sans être sanctionnées, la haine du « boche » reprend le dessus, n’oublions pas que la Seconde Guerre Mondiale n’est pas si loin et que le peuple allemand vit même coupé en deux par la faute d'un solide mur à Berlin… 

Mention réussit un vrai coup de maître avec ce roman, réussissant à nous faire passer par toutes les émotions, la peur, la haine, la joie, l’extase, la crainte, la tristesse, le dégoût, etc…toutes ces émotions qu’ont pu vivre les français ce soir là et que certains revivent lorsqu’on évoque avec eux cette rencontre là. Je ne peux que conseiller ce livre intelligent, bien goupillé et qui permet également de mettre en avant les espoirs déchus de la France de Mitterrand, les difficultés économiques de la France des années 80, laquelle s’était offert un petit coin de ciel bleu durant l’été 1982 grâce au parcours de son Equipe de France de Football. Enfin, quand on est fan de foot, on ne peut s’empêcher de penser, au moment de refermer « Jeudi Noir », un « Le foot, c’était mieux avant ». 

Ben.

vendredi 21 novembre 2014

L'innocence, Brian Deleeuw, Super 8 éditions

Il a six ans et il s’appelle Luke Nightingale. Lors d’une froide après-midi de novembre, dans une allée de Central Park, sa vie bascule. C’est là, aux abords du Muséum d’histoire naturelle, qu’il fait la connaissance de Daniel. L’amitié qui va naître de cette rencontre ne ressemble à aucune autre.
Claire, la mère de Luke, s’occupe d’une maison d’édition spécialisée dans les romans à suspense. En instance de divorce, elle n’a guère le temps de s’occuper de son fils et de son nouvel ami. Il y a pourtant quelque chose d’anormal chez Daniel. Exigeant et exclusif, il s’emploie à faire le vide autour de Luke comme s’il se nourrissait de son malheur. Ça tombe bien : Luke est souvent malheureux. Mais ne pourrait-il l’être encore plus ? Peu à peu, ce qui n’était en apparence qu’une amitié entre deux enfants prend les allures d’une manipulation terrible dont il devient vital pour Luke de se défaire.
Douze ans plus tard, alors que l’enfant devenu adulte entre à l’université, Daniel est de retour. Et le jeune homme doit désormais se battre pour garder le contrôle de son existence. Car certaines amitiés semblent destinées à ne jamais mourir…
Dès les premières pages de L’Innocence, le lecteur est pris à la gorge par une impression de menace diffuse, qui ne fera que s’amplifier jusqu’à l’explosion finale. Chronique d’un désastre annoncé, ce thriller psychologique dérangeant et paranoïaque, vibrant d’une tension extrême, révèle un écrivain de tout premier ordre.

Il y a des livres qu'on aime.
Il y a des livres qu'on déteste. 
Et puis, il y a les livres qui prennent le lecteur aux tripes. 
Personnellement, cela ne m'est pas arrivé souvent bien que j'ai adoré bon nombre de romans. Je peux citer par exemple : "Le maître des illusions" de Donna Tartt, "Garden Of love" de Marcus Malte ou plus récemment "Joyland" de Stephen King.
Et je rajouterais donc "L'innocence". 
Pourtant, contrairement aux autres romans précités, je n'ai pas été conquis tout de suite. Je n'ai pas compris qui était vraiment ce "Daniel" si présent et si influent dans l'existence de Luke qui me paraissait quant à lui trop fade. De plus, il utilise un vocabulaire trop élaboré pour un môme de 6 ans. Je ne le trouvais pas crédible. 
Puis, au fur et à mesure que l'intrigue se déroule, que la vérité se fait jour et que les années passent, j'ai changé d'avis. Dans la deuxième partie du roman, à partir du moment où Luke devient adolescent, tout s'accélère. Les relations entre Luke et Daniel, celles entre Luke et sa mère Claire se complexifient et on sent pointer un drame. Le roman change de ton et l'auteur nous emmène dans un récit initiatique. On suit Luke dans sa vie lycéenne et dans ses premiers mois de fac. On suit avec intérêt ses pérégrinations dans un monde vivant dans lequel il semble lointain. Comme un spectateur passif. Il va côtoyer Cassie, Richard qui aura tant d'influence, il va goûter à la drogue, à l'alcool et surtout, il va comprendre le mal qui ronge sa mère, Claire. Le suspens monte de page en page et le lecteur pressent une fin terrible. Ce qui ne manque pas d'arriver. 
L'innocence est un roman brillant à lire absolument. Encore une belle surprise des éditions Super 8. 

mercredi 19 novembre 2014

Chambre 507, J.C Hutchins, J Weisman, Super 8 éditions.


Construit en 1875 à New York dans les profondeurs d’une ancienne mine de grès, l’hôpital Brinkvale est peuplé de criminels impossibles à traiter ailleurs – trop dangereux pour l’asile, trop déséquilibrés pour la prison. C’est dans ce cadre extrême que Zachary Taylor, jeune thérapeute, doit analyser la personnalité de Martin Grace afin de déterminer si celui-ci est suffisamment sain d'esprit pour répondre pénalement des crimes dont on l’accuse. Soupçonné de douze homicides, Grace a annoncé à chaque fois aux victimes leur mort imminente. Et les meurtres ont cessé deux ans plus tôt lorsqu’il est devenu aveugle. Mais l’affaire est délicate : Grace, en effet, dispose d’un alibi solide pour chacun des meurtres.
Dans la chambre 507 de l’hôpital Brinkvale, l’interrogatoire prend progressivement l’allure d’un jeu aussi dangereux que passionnant. Martin Grace est-il un authentique génie du crime ou, comme il entend le faire croire, un esprit hanté en proie à des visions prémonitoires ? Surtout, pourquoi sait-il autant de choses sur la vie privée de Zachary ? Est-il vraiment ici par hasard ?
Lorsqu’après de multiples coups de théâtre la vérité éclatera enfin, elle sera bien plus surprenante que tout ce que le lecteur a pu imaginer.
Ce thriller cauchemardesque, à l’atmosphère oppressante et à l’intrigue machiavélique, touche à l’essence même du fantastique : quand la réalité se dérobe sous vos pieds, à quoi pouvez-vous vous raccrocher ?



Les auteurs du roman nous plongent dans une histoire sombre, originale et agréable à lire malgré ces plus de 400 pages qui se laissent dévorer facilement. L’environnement dans lequel se déroule la trame principale du roman, Brinkvale, un institut psychiatrique sous terrain accueillant des prisonniers trop dangereux pour rester en prison, a pour effet de rajouter une tension non négligeable à chaque fois que le héro du livre, Zach Taylor, s’en va affronter Martin Grace, ce « psychopathe » aveugle soupçonné d’être à l’origine d’une douzaine de meurtres. On imagine aisément que les auteurs du livre se sont légèrement inspirés du Silence des Agneaux lorsqu’Hannibal se jouait de l’inspectrice Clarice Starling. 
Ici, le jeune psychiatre, plus précisément art-thérapeute, par ses méthodes sortant des sentiers battus, basées sur les effets de ‘’l’art’’ sur l’humain, s’attire la sympathie de son chef de service, le docteur Peterson, lequel lui confie la dure mission de savoir si Martin Grace est fou et ou non et s’il doit répondre juridiquement ou non de ses actes. 
A travers cette étude de Martin, Z. va devoir affronter des souvenirs de son enfance enfouis au plus profond de lui-même tout en devant lutter contre l’une de ses plus grandes anxiétés, la peur du noir. Pour l’aider dans ses recherches sur son patient mais aussi sur son propre passé, Zachary peut toutefois compter sur son jeune frère ainsi que sa copine. 

Tout au long du roman, on naviguera entre paranormal, fantastique et réalité, ce qui rendra la lecture agréable, tout comme le style d’écriture qui m’a bien plu. Cependant, la fin du roman ne laissera personne insensible et fera parler dans les chaumières, c’est certain ! En voilà une conclusion qui ne laissera personne indifférent. Certains crieront au scandale, d’autres au génie. Pour ma part, j’ai été un peu déçu du final du roman qui m’a bien tenu en haleine durant les trois-quarts du récit. Tous les ingrédients étaient réunis pour faire de ce livre quelque chose de grand mais sa fin, qui ne m’a pas particulièrement convaincu, fait que je referme ce roman avec une impression mitigée au moment d’en faire une rapide revue. 

A noter que « Chambre 507 » sera porté sur les écrans prochainement, Hollywood ayant récupéré les droits. 
Enfin, pour les fans du roman anglophones, jetez un coup d’œil à cette page disponible sur le site des auteurs, vous trouverez des fausses études psychologiques de résidents de l’hôpital de Brinkvale. 
http://jchutchins.net/images-brinkvale-residents/

article rédigé par Ben.

vendredi 14 novembre 2014

Le grand ménage du tueur à gages, Hallgrimur Helgason, Presses de la cité

Balles perdues, cavalcade et accents imprononçables : le voyage d'un tueur à gages en Islande, un pays où l'été est comme un réfrigérateur laissé ouvert, lumineux mais vraiment pas chaud !Avec soixante-six victimes et aucune balle perdue à son actif, Tomislav Boksic, alias Toxic pour ses camarades de la mafia croate, est le meilleur tueur à gages de New York. Malheureusement, quand il s'avère que sa dernière cible appartenait au FBI, il doit fuir les Etats-Unis. Après avoir usurpé l'identité de Father Friendly, un célèbre télévangéliste qu'il a mortellement assommé dans les toilettes de l'aéroport, Toxic embarque malgré lui pour l'Islande.

Là-bas, Father Friendly est accueilli comme le Messie... pour prêcher la bonne parole à la télévision ! Bien vite, Toxic s'habitue à ce pays si étrange et à ses habitants aux noms imprononçables. Mais le chemin vers la rédemption sera long, car tout le monde n'est pas prêt à passer l'éponge sur ses antécédents sanglants...

Un roman à l'humour décapant et à la verve provocatrice, sur les forces du bien, du mal, et de la destinée humaine.





Un titre cocasse, une couverture originale et étonnante, un pitch engageant pour un roman islandais rafraîchissant. Il faut dire que la situation de départ même si elle paraît banale (un tueur à gages qui prend le large pour se mettre au vert) dérive bien vite vers d'autres contrées. Et c'est en Islande que notre tueur se retrouve et par un malencontreux hasard, se voit contraint de jouer le Messie dans une communauté religieuse des plus surprenantes. Vite démasqué, il est ensuite pris en charge par les membres d'une congrégation aux méthodes non conventionnelles pour ramener les brebis égarées. 
Notre héros, donc, un tueur sans pitié, venu de l'ex-Yougoslavie s'avère être un personnages plutôt rigolo même s'il s'en défend. Il rencontre une panoplie de personnages tous plus profonds les uns que les autres et dont il ne parvient pas à prononcer les prénoms autrement que par des sonorités : Au-lit ; Hill-Gun, Torture, God-mon-Dur ou Tristeure.
Là sur cette île perdue au milieu de l'océan, il va trouver la rédemption et l'amour jusqu'au chapitre final où il est rattrapé par ses démons. 
"Le grand ménage du tueur à gages" est un roman intéressant et passionnant avec beaucoup d'humour mais pas seulement. J'ai aussi apprécié les passages sur la guerre en Yougoslavie, très émouvants par ailleurs et beaucoup plus parlants et percutants qu'un témoignage ordinaire sur ces terribles événements. 
Bref, une très bonne surprise de cette fin d'année 2014.
Disponible aux éditions Presse de la Cité.  


Qui a tué le Dahlia noir ? Stéphane Bourgoin, Ring éditions

La plus grande énigme de l'histoire criminelle américaine enfin résolue.

15 janvier 1947, Los Angeles.
Le cadavre coupé en deux d Elizabeth Short, le « Dahlia Noir », est découvert sur un terrain vague. Vidé de son sang et lavé. Elle a été gardée prisonnière pendant plusieurs jours afin d être soumise à d innommables tortures, tenues secrètes à ce jour par la police de Los Angeles. Aujourd hui, Stéphane Bourgoin vous dévoile le monstrueux rituel du tueur. L analyse de la scène de crime et les pratiques hors normes de l assassin prouvent, sans l ombre d un doute, qu il n en est pas à son premier forfait.

1934-1950, Cleveland, Ohio.
1939-1940, New Castle et Stowe Township, Pennsylvanie.

Un serial killer mutile et décapite hommes et femmes. Il lave et vide de leur sang les corps de ses victimes. Et il pratique un rituel similaire à celui du Dahlia Noir. Vingt ans d investigations et l analyse de milliers de « cold cases » ont mené Stéphane Bourgoin sur la piste de l un des pires tueur en série américain, et d élucider ce crime légendaire, une hypothèse validée par les célèbres « profilers » de l Académie nationale du F.B.I., à Quantico. Spécialiste mondialement reconnu des serial killers, Stéphane Bourgoin nous livre, dans ces vingts ans d'enquête, le résultat de sa quête obsessionnelle.



Attention Bombe !
Ce livre est une bombe. Stéphane Bourgoin, bien connu de nos services, nous fait le plaisir de publier aux très bonnes éditions Ring le résultat de ses 20 ans d'enquête sur ce qui est devenu un mythe, le meurtre en 1947 d'Elizabeth Short, provinciale venue sur la côte ouest attirée par les sirènes d'Hollywood. Elle qui rêvait de gloire ne l'aura atteinte que "grâce" à une mort atroce, nous dit l'auteur. 
Méticuleusement, Stéphane Bourgoin analyse chaque thèse, revient sur la main mise des journalistes sur l'enquête, interrogeant même des témoins clés avant la police elle-même. Il parle aussi des conflits entre les différents services : LAPD, shérif, FBI..., des multiples déséquilibrés qui se sont accusés du meurtre et des hypothèses les plus farfelues et les plus invraisemblables. 
Ce livre est passionnant et se dévore comme un roman. Malgré ses 400 pages, il se lit très très vite. De nombreuses photos et documents garnissent le texte et dont certains sont totalement inédits. L'auteur confie lui-même qu'il a crée un réseau immense de policiers, de juristes, d'enquêteurs qu'il n'a pas hésité à contacter pour avoir accès à ces documents. 
Un cahier photo est inséré au milieu de l'ouvrage. 
Dans les dernières pages, Stéphane Bourgoin dresse un panorama complet de toutes les oeuvres (littéraires, cinématographiques ou musicales) qui ont été inspirées de près ou de loin par Elizabeth Short. C'est là qu'on peut se rendre compte, nous lecteurs français, de l'importance de ce meurtre sur la société américaine même 70 après. Ce "fait divers" a marqué les esprits aux Etats-Unis par ce qu'il raconte le rêve d'une provinciale aux rêves de gloire assassinée sauvagement et parce que toutes les hypothèses font fantasmer les gens. 
Qui a tué le Dahlia Noir est un formidable ouvrage qui clôt 70 ans d'enquête. En revanche, âmes sensibles s'abstenir : de nombreuses photos et descriptions sont parfois insoutenables. 
Disponible aux éditions RING. 

lundi 3 novembre 2014

Resurectio, Amelie Sarn, Seuil.

À quinze ans, Marie se réveille un jour sans aucun souvenir. Le médecin qui l'accueille dans cette nouvelle existence prétend l'avoir ramenée à la vie alors que tout le monde la croyait perdue, veille sur elle avec affection.
Pourtant, Marie est habitée par le sentiment étrange d'être plusieurs personnes et ses souvenirs, aussi confus soient-ils, la ramènent à des histoires ne pouvant avoir été vécues par un seul individu.
Qui est-elle en réalité ? D'où vient-elle ?
Seul Victor détient les réponses à ces questions.


Qui est cette jeune fille qui se réveille un matin dans une chambre d'hôpital le corps couvert de cicatrices ? 
J'ai ouvert ce roman destiné à un public plutôt adolescent avec enthousiasme et curiosité. L'auteur nous fait vivre la vie de Marie, ado de 15 ans pas tout à fait comme les autres. Ou plutôt pas du tout comme les autres. Et pourtant, c'est la normalité qu'elle recherche dans un monde où la différence est très mal vécue. Marie, longtemps confinée dans la maison de Victor cherche (et c'est normal) avant tout son indépendance. Elle veut aller au lycée, étudier et côtoyer des jeunes de son âge. Mais Marie va éprouver de nombreuses difficultés pour se caler dans un moule trop étroit pour elle. Grâce à un fort caractère, elle va surmonter le harcèlement dont elle est victime de la part des "garces" de service. Elle va aussi apprendre à maîtriser cette ombre qui la suit ainsi qu'à interpréter ces visions qui s'emparent d'elle quand elle s'y attend le moins.
Amélie Sarn nous livre un récit passionnant et poignant sur l'adolescence et la difficulté à s'intégrer quand on est différent des autres. Les personnages de son roman sont tous très bien travaillés à commencer par le petit Malo, autiste terriblement attachant ou encore Liam, le champion de natation promis à un bel avenir mais dont la carapace s'effrite. Et bien sûr il y a Marie qui cherche à comprendre d'où elle vient et qui elle est. 
L'auteur prend son temps pour faire évoluer ses personnages jusqu'aux dernières pages où la vitesse s'accélère, où la vérité commence à se dévoiler terriblement. Car Marie porte la mort. Marie serait-elle une émissaire de la mort ? Marie porte-t-elle le malheur sur elle ? 
Plusieurs thèmes intéressants sont donc développés par l'auteur dans Resurectio, livre qui nous fait bien sûr penser à celui de Mary Shelley, mais chut... je n'en dirai pas plus pour le moment. 
Un très bon roman destiné aussi bien aux adolescents qu'aux adultes. 
Disponible aux éditions Seuil. 

Les proies du lac, Kate Watterson, Presses de la cité

Venu prendre quelques jours de vacances dans le Wisconsin pour se remettre de son divorce, Bryce Grantham fait la connaissance d’une jeune étudiante qu’il raccompagne chez elle. Mais le lendemain, il découvre des traces de sang au domicile de cette dernière, qui semble bel et bien avoir disparue. C’est la panique. D’autant qu’il s’agit de la quatrième disparition de ce genre en dix-huit mois… Tandis que la détective Ellie MacIntosh se lance aux trousses d’un serial killer potentiel, Bryce devient le suspect n°1. 
Un suspect contre qui les preuves ne cessent de s’accumuler. Quelques jours plus tard, Bryce retrouve le corps d’une précédente victime au bord d’un lac. Comble de malchance, culpabilité, complot ? Ce qui est certain, c’est que le temps ne joue pas en sa faveur... 

Kate Watterson a publié sous différents pseudonymes près d’une cinquantaine d’ouvrages, traduits dans le monde entier, et pour lesquels elle a reçu de nombreux prix. Les Proies du lac signe son incursion dans le genre policier.



Initialement attiré aussi bien par le titre du roman, son synopsis que la couverture du livre, c’est avec un énorme plaisir que j’ai parcouru les pages de ce thriller. Tout débute par la disparition de Melissa Simmons, jeune étudiante que Bryce Grantham a raccompagnée chez elle la veille. Devant se rendre au domicile de celle-ci le lendemain, Bryce trouve des traces de sang et alerte la police, il devient alors le suspect numéro 1 d’une série de disparition. Cela ne va pas en s’arrangeant quand, dans la foulée, il découvre le cadavre d’une autre victime, Bryce étant alors en pleine crise de conscience, avertir la police afin de signaler le corps découvert et aggraver ainsi son cas personnel ou alors ignorer complètement la chose… Il choisit d’être un "honnête citoyen" et devient plus que jamais le principal suspect pour les autorités, représentées dans le roman par la détective Ellie MacIntosh et son équipier Rick. 
Chaque chapitre débute par un paragraphe correspondant à l’action ou aux pensées du tueur, sa violence montant en puissance tout au long du roman. Ces quelques lignes initiales remettent souvent en cause notre jugement, ne sachant définitivement pas si l’on peut de fier de Bryce ou si celui-ci « joue avec nous » alors qu’il n’est rien d’autre que le tueur en série tant recherché. Seules les dernières pages du livre nous permettront de répondre à cette question. 
L’histoire est bien ficelée et intéressante, particulièrement grâce au duo Ellie/Bryce même si Rick n’est lui non plus pas en reste dans la dernière partie du roman. L’histoire est assez prenante, on ne peut s’empêcher de tourner les pages grâce à des personnages crédibles sans oublier un final qui est assez « excitant », le tout dans un décor du Wisconsin enneigé (que j’imagine assez proche du paysage vu dans la série américaine ‘’Fargo’’) qui explique en partie le titre du roman en version originale (« Frozen » = Gelé). 
Une lecture agréable, une bien belle surprise que ce livre de Kate Watterson, à découvrir et à suivre, si de nouvelles aventures de l’inspectrice Ellie MacIntosh devaient voir le jour…

dimanche 2 novembre 2014

La sixième extinction, Guillaume Lebeau, Marabout.

Alors qu'en Antarctique, la paléoclimatologue Smila Sibir et l'agent de la DCRI Ethan Terrel tentent de sauver la base Concordia d'une attaque à grande échelle, au Japon, la centrale nucléaire de Fukushim-Daiichi est ébranlée par un puissant séisme de magnitude 9.
Le même jour, la famille d'Hidehiko Nishiyama, ingénieur employé par l'entreprise en charge de la centrale, est attaquée. A Séoul, le dirigeant d'un puissant empire industriel est la cible d'une exécution dans les règles, tandis que les ingénieurs d'un laboratoire de l'Environnement sont éliminés froidement à Grenoble. 
Machinations, meurtres, spectre d'une extinction massive qui mettrait fin à l'espèce humaine... Quelles informations détenaient ces personnes pour qu'on veuille les faire taire ?
Qui tire les ficelles du complot mondial auquel s'attaquent Smila et Ethan ? Quelles sont leurs chances de survie ? 



Le nouveau roman de Guillaume Lebeau, par ailleurs scénariste et documentariste, et pour moi une entrée dans son univers. Je n'étais donc pas passé par la case "le troisième pôle" et cela m'a été dommageable pour cette lecture.
En effet, cette aventure de Smila Sibir annoncée en couverture, reprend les personnages du 3ème pôle et l'auteur y fait de nombreuses références. J'ai donc été perdu plusieurs fois et surtout au début du livre, à la découverte de ce duo étrangement mal assorti et dont j'ai eu du mal à comprendre leur quête. La première partie du livre ne m'a pas enthousiasmé. Je me suis demandé souvent "mais où veulent-ils en venir ? Que cherchent-ils à défendre ? "
L'auteur nous emmène en Antarctique puis à Séoul et les connexions se font attendre.
Les deux héros viennent sauver une base d'un danger qu'ils semblent les seuls à connaître et que même les scientifiques qui y travaillent ne soupçonnent même pas. Un étrange commando arrive simultanément et balance une bombe. Bon, ok. Admettons.
Ensuite, Guillaume Lebeau nous envoie en Afrique du Sud où le récit prend une autre dimension. Nous suivons Ràn, la mercenaire sans foi ni loi. Et le voyage continue à travers le monde.
A partir de là, j'ai bien raccroché et j'ai suivi avec plaisir les pérégrinations de Smila et de Ethan.
Sur fond de réchauffement climatique, l'auteur signe un thriller trépidant et sans temps mort. Beaucoup d'érudition dans ce récit et grâce auquel j'ai appris plein de choses. C'est bien construit, bien mené même si certains passages (ex page 328 : la tête de forage est une couronne munie d'outils qui découpe par rotation un cylindre de glace de dix centimètres de diamètre, continua Smila d'un ton coupant. La carotte pénètre dans le tube carottier proprement dit où des extracteurs la maintiennent... Une carotte de trois mètres est forée. A chaque passe, tous les trois mètres, les dix mètres du système carottier sont treuillés à la surface...) sont trop précis et trop technique pour le lecteur que je suis.
J'aurais aimé également un peu plus de profondeur pour Ethan qui m'a paru légèrement effacé par rapport à Smila. Il est pourtant un ex agent de la DCRI et je m'attendais à ce qu'il prenne encore plus de place dans le récit.
Toutefois, j'ai bien aimé ce livre qui m'a fait voyager dans des contrées pas forcément touristiques et qui m'a fait réfléchir à tous ces discours qu'on entend quotidiennement sur le réchauffement climatique et autres considérations écologiques.
Ce livre est disponible aux éditions Marabout.


jeudi 23 octobre 2014

Déchirés, Peter Stenson, Super 8.

Accro à la méthamphétamine, Chase Daniels est un junkie minable sans cesse en quête d’un nouveau fix. Quand il se réveille un beau matin pour voir une fillette déchiqueter un rottweiler, il ne s’inquiète pas plus que ça. Ouais, peut-être qu’il devrait.
Car la fin des temps est là : les rues grouillent de zombies avides de chair humaine, et survivre est devenu un objectif à très court terme. Mais que signifie l’apocalypse, se demande Chase, quand la société a déjà tiré sur vous un trait définitif ? Et cette malédiction, qui semble toucher tout le monde sauf lui et son ami Typewriter, n’est-elle pas l’occasion qu’il attendait – celle de prendre un nouveau départ et d’accomplir enfin quelque chose de grandiose ?
Dans un monde livré au chaos et aux flammes, le « nouveau » Chase Daniels, perdu dans ses rêves de rédemption et d’amour fou, se met en tête de retrouver son ex-petite amie et de la sauver. Les règles du jeu ont changé : désormais, c’est tuer ou être tué, fuir sans penser au lendemain. Hanté par les fantômes du passé, dévoré par le manque, Chase ne court-il pas au-devant de sa dernière désillusion ?
Comédie noire, thriller horrifique, à la fois cruel et atrocement comique, Déchirés n’est pas seulement un grand roman de zombies porté par une écriture survoltée : c’est aussi, à mi-chemin entre The Walking Dead et Breaking Bad, Hubert Selby Jr. et Las Vegas Parano, l’histoire d’amour la plus extrême et déchirante que vous ayez jamais lue.




Ancien accro à la « méth », clean depuis une quinzaine d’années, Peter Stenson, auteur jusqu’alors de courtes nouvelles signe avec « Déchirés » (sorti aux Usa en 2013 sous le nom de ‘’Fiend’’ en VO) un premier roman explosif et complètement déjanté.
"Oh non ! Un nouveau livre traitant le thème des zombies, encore un auteur qui souhaite surfer sur la vague des succès télévisés du moment !" Nombreux sont ceux qui se diront cela en lisant le résumé du livre de Stenson, il n’en est pourtant rien, ‘’Déchirés’’ est une histoire qui n’a que peu en commun avec ce qui a déjà pu être traité auparavant par les auteurs s'étant penchés sur un monde post-apocalyptique.

Nous suivons Chase et Sténo, deux junkies complètement paumés lesquels se réveillent un matin en pleine ‘’hallu’’ : une fillette vient de déchiqueter un rottweiler...! Quand ils comprennent que le monde touche à sa fin et que les ‘’morts back’’, comme ils les appellent, ont pris possession des lieux, ils n’entrevoient que la survie au jour le jour. Dans le même temps, ‘’l’apocalypse zombiesque’’ est l’occasion pour Chase d’entreprendre de retrouver son unique amour, Kay, qu’il avait fréquenté lors de sa dernière cure de désintox’, cherchant à obtenir une seconde chance comme dans la meilleure des histoires d’amour.

Chaque chapitre du livre correspond à un jour de la semaine, un jour supplémentaire à affronter ce nouveau monde, un monde au sein duquel les seuls survivants semblent être les parias de notre société actuelle : les toxicos. A chaque jour suffit sa peine afin de trouver la dose de drogue suffisante pour survivre. Chase Daniels est l’anti-héro par excellence (un Jesse Pinkman en puissance pour les fans de la superbe série télé « Breaking Bad »), c’est lui le narrateur de l’histoire, on est à ses côtés dans ce road-trip si particulier qui mène notre petit groupe de survivants à devoir affronter les personnes ‘’cleans’’ devenues, elles, de véritables zombies.

Le rythme du récit est ultra-rapide, on ne peut s’empêcher de tourner les pages afin de découvrir comment nos survivants vont réussir à gérer la crise qu’ils traversent. Les sentiments éprouvés ainsi que les effets provoqués lors de la prise de la drogue sont parfaitement décrits, on a la sensation d’être aux côtés de Chase et Sténo, luttant nous aussi pour notre survie, à l’image des derniers survivants de la série tv « The Walking Dead », essayant d’échapper aux zombies tout en tentant d'instaurer un nouveau monde basé sur de nouvelles règles de société.

‘’Déchirés’’ est une véritable drogue, presque aussi pure que celle concoctée par le génialissime Heisenberg dans « Breaking Bad », dont il est difficile de se détacher, en partie également grâce à son humour noir décapant, sans conteste l’un des meilleurs livres lus en cette année 2014 ! Si un jour « Déchirés » devait être adapté au cinéma (par un réalisateur déjanté à la Tarantino ?), je serai très certainement le premier présent dans la salle ! Smile

mardi 7 octobre 2014

Identique, Scott Turow, JC Lattès

Le sénateur Paul Gianis se présente comme maire à Kindle County tandis que son frère jumeau, Cass, est libéré après avoir purgé une peine de vingt-cinq ans de prison pour le meurtre de son ancienne petite amie, Dita Kronon. Lorsque Evon Miller, frère de la victime et responsable de la sécurité pour la société de Hal Kronon et Tim Brodie, détective privé, reprennent l’enquête sur la mort de Dita, ils se retrouvent pris au piège des illusions et confrontés à une vérité sans fard : les gens ne croient que ce qui les arrange. Passion, meurtre et trahison : dans ce superbe roman, Scott Turow, maître incontesté du thriller juridique, revisite avec brio le thème de la gémellité. 

Scott Turow, l’avocat/écrivain américain, célèbre pour son roman ‘’Présumé innocent’’, mis en lumière à l’écran grâce au talent entre autre d’Harrison Ford, nous emmène avec ‘’Identique’’ dans un polar judiciaire teinté de mythologie grecque, que cela soit sous la forme des noms de certains personnages (Zeus/Héraclès), de certaines expressions laissées en grec dans le texte, mais également de l’histoire en elle-même, s’inspirant directement du mythe de ‘’Castor et Pollux’’, les célèbres jumeaux. 


Un bon polar qui mêle à la fois une enquête policière menée par le duo Evon/Tim, deux personnages qui, comme souvent, ont tout sauf une vie personnelle calme et sereine ainsi qu’une campagne électorale marquée par une…campagne de dénigrement destinée à semer le trouble et permettre de connaître la vérité sur un meurtre commis vingt-six ans plus tôt. Le fait que la recherche scientifique ait fortement progressé entre 1982 (année du meurtre) et 2008 (année où se déroule l’histoire) permet à l’enquête d’avancer, les analyses ADN étant désormais parfaitement maîtrisées, le jugement de 1982 était-il le bon ou a-t-on eu droit à une erreur judiciaire ? 

Le roman évoque une foison de personnages qu’il n’est pas forcément facile de retenir rapidement, heureusement, la première page du livre récapitule le nom et le ‘’statut’’ de chacun des acteurs majeurs de l’histoire. ‘’Identique’’ permet également de mettre en lumière de façon subtile les rouages de la justice, américaine ou non, de la manière dont un détail peut parfois changer le cours d’un procès. Le livre est également composé de nombreux flashbacks, ceux-ci semant chaque fois un peu plus le doute dans notre esprit sur celle ou celui qui serait l’auteur du meurtre. 
Scott Turow, avec ‘’Identique’’, s’offre un scénario classique mais qui sait tenir en haleine ses lecteurs, principalement grâce à son duo d’enquêteurs, les rebondissements ne manquant pas tout au long du roman, principalement dans la dernière partie de celui-ci.

Killer country, Mike Nicol, Ombres Noires

Mace et Pylon, deux ex-free fighters reconvertis dans la sécurité, offrent leurs services aux riches touristes du Cap, donr les rues sont gangrénées par la violence. Mais lorsqu’ils décident d’investir de l’argent sale dans un deal immobilier douteux, ils ont affaire à des adversaires d’un nouveau genre : Obed Chocho, tout juste remis en liberté conditionnelle, et Spitz, un psychopathe qui assassine au son de playlists méticuleusement sélectionnées. Dans l’ombre, la vénéneuse Sheemina tire les ficelles, méditant sa vengeance…
Mace et Pylon échapperont-ils à la colère de leur vieille ennemie et au tueur lancé à leur poursuite ?



Killer Country est le deuxième opus de la trilogie sud africaine de Mike Nicol inaugurée par le percutant "la dette". On retrouve donc les mêmes personnages, Mace et Pylon notamment. Je rassure tout de suite les lecteurs, ce livre peut aussi être lu sans avoir lu le précédent. Mike Nicol y fait de nombreuses références mais en dévoile assez pour deviner ce qui s'est passé avant.
Dans Killer Country, on suit donc la trace de Mace et Pylon, à la tête d'une entreprise de sécurité. Anciens trafiquants d'armes, il semble qu'ils se soient rangés. Ils ont cependant de l'argent bien planqué aux Caïmans et qu'ils cherchent à blanchir. Aussi se lancent-ils dans l'immobilier mais leur concurrent est un vrai truand qui n'hésite pas à engager un tueur à gages pour régler les comptes. 
Ce roman de 500 pages se lit d'une traite. L'écriture de Mike Nicol est fluide, agréable et précise et les chapitres courts nous font tourner les pages à la vitesse d'une mitraillette. 
Ses personnages sont finement cisaillés à l'image de Sheemina, sombre, mystérieuse, diabolique. Ou encore du duo improbable mené par Spitz, qui tue en musique. 
Enfin, l'intrigue nous fait découvrir un pan de l'histoire Sud Africaine ou les couleurs ne se mélangent pas encore facilement. L'apartheid est finie mais les mentalités changent plus lentement. 
Mace et Pylon forment aussi un duo intéressant, chacun d'entre eux tiraillés entre leur ancienne vie d'escroc et leur envie de se ranger, de former une famille ordinaire. 
Killer Country est donc un roman noir percutant à découvrir absolument !

lundi 22 septembre 2014

Le secret de la Joconde, Catherine Ternaux, Grasset Jeunesse

Amandine Toupet et Arthur, son professeur de dessin, vont visiter le Louvre. Très intriguée par le mystérieux sourire de la célèbre Joconde, Amandine décide d'en percer le secret. Un soir, elle se faufile dans la salle du musée, mais deux voleurs y sont déjà.
Une enquête menée à un train d'enfer. En filigrane, une réflexion sur l'art et des révélations sur le fameux sourire de la Joconde...

Court roman d'une soixantaine de pages (idéal pour la cible à laquelle il s'adresse), le titre a piqué ma curiosité. L'auteur transporte son lecteur en compagnie de la malicieuse Amandine à travers les couloirs sombres du Louvre. Elle revisite le mythe du sourire de la Joconde en maniant à la fois les codes du roman policier et ceux du fantastique. Le mélange est agréable. Didactique, Catherine Ternaux en profite pour nous présenter Léonard De Vinci et son oeuvre. Aucun temps mort dans ce livre frais. Les personnages sont bien travaillés : des méchants plus peureux que terrifiants, un professeur de dessin un peu paumé, une Amandine prête à tout et une Joconde qui se révèle... surprenante. Seuls les parents ne font qu'une brève apparition sans que cela prête à conséquence.
Bref, Le secret de la Joconde est un bon petit roman que nos enfants apprécieront sans nul doute !

Riches à en mourir, Frédéric Andréi, Albin Michel.



Tous les vendredis, la mort frappe.
Jamais au hasard.
Seulement les riches…

Un terroriste sans visage s’attaque aux nantis là où ça leur fait le plus mal. Au portefeuille. S’ils ne veulent pas mourir, une seule alternative leur est offerte : donner une partie de leur fortune aux plus nécessiteux. La menace est réelle. Pour les douze millions de riches de la planète, le compte à rebours a commencé…

Un thriller féroce, ambitieux, parfaitement maîtrisé, qui impose d’emblée l’univers romanesque original et déjanté de Frédéric Andréi.
 

Frédéric Andrei, acteur et réalisateur français, signe avec « Riches à en mourir » son premier roman, lequel a pour cadre la baie de San Francisco, à Sausalito. Une baie composée à la base, dans les années soixante, par une population hippie vivant dans des bateaux-maison (house boats) et qui devient de nos jours un cadre de vie recherché par la population aisée.
Le personnage principal est Nicholas Dennac, un américain d’origine française, ancien journaliste reconverti charpentier, un homme marqué par la vie et qui a vécu une profonde déchirure des années auparavant. Alors qu’il travaille sur un chantier pour le compte du multimilliardaire Tom Wards, mariée à l’électrisante Tina, celui-ci décède mystérieusement de manière brutale : il n’est au final rien de plus qu’une nouvelle victime d’un chantage duquel sont victimes les nantis du monde entier. Nicholas Dennac, mêlé indirectement par ce qui devient une affaire mondiale, reprend ses ‘’habits’’ de journaliste afin de mener l’investigation et comprendre les méandres de ce système révolutionnaire qui consiste à prendre aux riches pour rembourser une partie des dettes des pays et financer des actions humanitaires en faveur de populations dans le besoin.

Frédéric Andréi réussit avec ce premier roman à nous tenir en haleine jusqu’aux toutes dernières pages, grâce à un scénario digne des meilleurs thrillers. L’enquête subit de nombreux rebondissements et le doute s’empare de nous sur la faisabilité ou non d’une telle action de la part de quelques ‘’irréductibles’’ qui souhaiteraient mettre à mal le pouvoir des hommes les plus puissants financièrement de notre planète. On en vient à se demander quelle serait notre réaction si un tel scénario devenait réalité : trouverions-nous cela génial, ou alors complètement fou ? Frédéric Andréi, profite également de son livre pour ‘’dénoncer’’ les inégalités face à la vie selon qu’on ‘’naisse ou non du bon côté de la planète’’…

Côté écriture, il faut souligner que Frédéric Andréi possède une vraie signature "scripturale" avec des phrases longues qu'on n'a plus l'habitude de lire, surtout dans les thrillers, et des dialogues truculents.

"- Tu habites Cupertino, à cinq cents mètres du siège d'Apple et tu te trimballes toujours des bousins du XXème siècle ! maugréa Nicholas en essayant de faire fonctionner une vieille souris récalcitrante.
- ça marche très bien !
- Non, la souris est bloquée et elle pue en plus !"

" - Je ne t'ai jamais aimé et, de toute façon, je déteste le mauve.
- Ah ?... pourtant c'est toi qui m'avais demandé de repeindre ma maison en mauve, fit Milton abasourdi.
- Tu es sûr ?
- Certain.
- C'est possible... J'étais jeune... je devais être défoncée pour te demander ça...On dit n'importe quoi quand on est jeune et défoncée..."

Alors c'est vrai que cela peut paraître déconcertant. Il use et abuse d'adjectifs et de rallonges mais qu'importe ! ça fait du bien de lire ce genre de roman.

Un premier roman vraiment bien ficelé qui se lit facilement et rapidement malgré ses quelques cinq-cents pages et qui nous permet également d’imaginer au mieux la baie de San Francisco, principalement le secteur de Sausalito, régulièrement décrit tout au long du récit.