dimanche 15 septembre 2013

Le présage du corbeau, Don Rearden, Fleuve noir

Jamais ils n'auraient cru que l'Alaska serait la terre de leur cauchemar...
John et Anna ont tout quitté pour enseigner en Alaska, chez les Yupiks, une tribu inuit. Ils veulent changer de vie, découvrir les grands espaces et renouer avec les origines de John. L'intégration est difficile dans cette contrée pauvre coupée de toute civilisation. Lorsque l'hiver arrive, une grippe virulente décime le village. Les habitants meurent les uns après les autres. Personne ne viendra à leur secours.

Livré à lui-même, John tente de trouver de l'aide. Sur son chemin, il rencontre une jeune aveugle et une vieille femme, deux Yupiks réfugiées dans une maison abandonnée. Une lutte pour leur survie s'engage alors. Dans une nature hostile, blanche et déserte. Seules des traces de ski dans leur sillage semblent prouver qu'ils ne sont pas seuls...


Nouveauté au éditions Fleuve Noir, ce roman est dépaysant. L'Alaska comme terrain de jeu pour un auteur qui signe ici son premier livre.
Le présage du corbeau est habilement construit en alternant trois récits reprenant les mêmes personnages mais à des moments différents. Dès les premières pages, on découvre l'apocalypse et cela rappelle au lecteur l'influence certaine d'un certain Cormac McCarthy qui nous avait fait le coup avec son inoubliable et prodigieux roman post-apocalytique "La route". Une terrible épidémie a ravagé les villages oubliés de l'Alaska, isolant les survivants dans cette contrée immense, désertique et hostile. Des survivants qui vont parfois plonger dans l'horreur du cannibalisme. Mais là où Rearden se distingue de McCarthy, c'est qu'il ne s'attarde ni ne décrit les scènes sauf peut-être ici :" De fines bandes de viandes rouges séchaient, suspendues à l'une des poutres..."  Je n'en dirai pas plus afin de ne pas dévoiler la suite de l'histoire.
Autre particularité, John est l'anti-héros par excellence. Un prof, tout ce qu'il y a de plus ordinaire, qui se trouve confronté à une situation de survie dans laquelle il n'est ni particulièrement courageux, ni téméraire. Il a ses doutes, ses craintes et ses faiblesses que ses compagnons (la jeune fille aveugle et la vieille dame) lui renvoient à la face chaque fois qu'il hésite.
Et puis, il y a ce chasseur qui rôde et dont le rôle d'exterminateur semble se dessiner jour après jour.
Un roman à découvrir rapidement !