dimanche 25 novembre 2012

Les Robinson de Bretagne, Sylvick et Fanny Etienne-Arthur


Les éditions du Préau viennent de publier un nouvel ouvrage à destination des jeunes voire même des très jeunes.
Ce livre n'est pas un polar, qu'on se le dise ! Toutefois, je vais en faire un petit commentaire.
Paskal et Francis, respectivement 6 et 11 ans, sont deux jeunes épris de liberté, de rêve et d'aventures. Ils pensent à Stevenson ou à Defoe et pendant leurs vacances estivales, ils sont attirés par ce petit îlot qui fait face à la plage.
Très vite, ils élaborent un plan pour s'y rendre et vivre leur aventure comme Long John Silver ou Robinson. Comme leurs idoles, ils préparent méticuleusement le voyage. L'embarcation, les sacs de vivres et leur matériel prêts, ils entament la traversée.
Mais, si celle-ci se passe bien, quelle déconvenue lorsqu'ils posent le pied sur le sable...
Je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue de ce petit livre.
Je peux simplement dire que les enfants prendront beaucoup de plaisir à écouter ce récit sympathique. L'auteur nous transporte en quelques pages dans un univers dans lequel nous avons tous un jour rêvé de vivre.
Le récit est admirablement illustré. Les dessins de Fanny Etienne-Arthur donnent une dimension supplémentaire à cette histoire dont les petits rêveront une fois la lecture du soir terminée.
Disponible sur le site des éditions du Préau.

mardi 20 novembre 2012

La veillée des ombres, Yann Tatibouët, Coop Breizh



1897, Bretagne, la fine fleur des conteurs doit se réunir dans le plus grand secret pour une joute orale.
Chim marche d'un bon pas vers le lieu du rendez-vous, convaincu d'emporter le titre de maître diseur. Une certitude qui lui en ferait presque oublier les motivations personnelles qui le mènent aussi à Kersabat, une ferme de Carnac : se faire reconnaître, demander réparation et récupérer son dû.
Il n'arrivera jamais à destination, assassiné en chemin.
Le capitaine chargé de l'enquête ne manque pas de suspects : les conteurs aux âmes lourdes de secrets, ou Maela la maîtresse de maison. Pour confondre le coupable, malgré l'hostilité ambiante, il décide de participer à la veillée.
Au matin, Dieu reconnaîtra les siens, à moins que le diable ne les emporte tous.

Petit dernier d'un auteur dont j'ai déjà eu l'occasion de parler en ce lieu. Mi-polar, mi-roman ethnologique, Yann Tatibouët  continue son exploration de la Bretagne à travers sa population, ses mœurs, ses traditions. Ce roman construit habilement se déroule en une nuit pendant laquelle chaque conteur en compétition va rivaliser d'imagination pour gagner le titre honorifique et très prisé de maître diseur.
Les discours des personnages sont donc entrecoupés de contes et de récits dont certains sont même inventés par l'auteur. Inutile de préciser que ces récits qu'on lisait au coin du feu dans les veillées bretonnes sont drôles, cyniques et truculents. Parfois violent et sombre comme peut l'être la société armoricaine dans laquelle la mort rôde.
La veillée des ombres est un roman habile, fin, intelligemment écrit et passionnant. Il a été également lauréat du Prix de littérature 2012 du Lions Clubs International.
Il est disponible aux éditions des Montagnes Noires et trouvera aisément sa place près de la cheminée.

lundi 19 novembre 2012

Nuits Noires, étoiles mortes, Stephen king


Ce nouveau livre du grand King est composé de 4 longues nouvelles dans laquelle il renouvelle tout son talent.
1922, le récit d'entrée, met en scène un paysan du début du XXième siècle. Dès les premières lignes Stephen King brosse le trait. Le paysan en question a tué sa femme et s'est adjoint l'aide de son fils. Comment dans ce cas là, le lecteur peut-il éprouver de la sympathie pour le personnage ? Et pourtant ! C'est aussi l'occasion pour l'auteur de dépeindre une société paysanne en proie aux difficultés liées à la crise qui touchera le monde et à l'émergence de grands groupes industriels et de nous rappeler qu'il est un des meilleurs auteurs contemporains américains. A mon avis, la meilleure nouvelle du recueil.
Grand chauffeur met en scène une auteure violée assoiffée de vengeance. Rien de bien original mais c'est où tout le talent du maître s'exprime.
Dans Extension Claire, la troisième nouvelle, Stephen King renoue avec le fantastique dans un récit où le protagoniste scelle un pacte avec le diable. Le récit est prenant et diabolique et on ne peut s'empêcher de frissonner. Très bonne histoire mais un peu trop courte à mon goût.
Enfin, Bon ménage raconte l'histoire de Darcy, femme d'un tueur en série et qui ne s'en rend compte qu'au bout de 27 ans de mariage. Brrr ! Terrifiant !
Nuits noires, étoiles mortes, le dernier né de Stephen King est un excellent cru à ne pas louper !


dimanche 18 novembre 2012

Seul le silence, RJ Ellory



Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes.
Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient…
Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.

Sous forme d'un longue fresque, l'auteur nous raconte la vie de Joseph depuis ses douze ans jusqu'à la fin de sa vie. J'ai éprouvé quelques difficultés à entrer dans ce roman ne m'attendant pas à suivre le cheminement de ce jeune garçon aussi longtemps. J'ai pensé à Stand by me, de Stephen King. Une bande de jeunes en mal de sensation fortes et souhaitant protéger leur communauté, dans un village au fin fond des Etats-Unis.
Les meurtres se succèdent et le groupe mené par Joseph n'arrive pas à les arrêter ni même à en identifier le coupable. Et pour cause, partir à la recherche d'un Serial Killer quand on a 12 ans, n'est-ce pas un peu de l'inconscience ?
Torturé par un enième meurtre, Joseph sent qu'il doit quitter son village. Les évènements morbides et dramatiques se succèdent dans sa vie comme s'il était touché par une malédiction qui ne le quittera jamais.
Il s'installe à New York, entame une vie d'écrivain dissolue, fréquente des artistes défoncés ou abîmés mais les fantômes sont toujours là. Il ne peut pas y échapper.
L'écriture de Ellory est envoûtante. On ne peut pas se passer de dire que : "non, c'est trop ! Ce n'est pas possible que tant de malheurs lui tombent dessus !" Et pourtant, j'ai été transporté. Le malaise que j'ai ressenti au début est vite retombé. Le récit se lit vite. On a envie de dire au héros de laisser tomber mais c'est sans compter le talent de l'auteur qui affuble Joseph d'une espèce de mission dont il ne peut jamais se séparer.
Jusqu'à la scène finale et au dénouement (légèrement prévisible, je dois dire) mais admirablement écrite. Bref, Seul le silence est un roman envoûtant dont la trame relativement simple est compensée par une écriture forte et émouvante. Un livre à  ne pas passer sous silence ! (elle était facile, celle-là !)