jeudi 26 juillet 2012

Amazonia (James Rollins)


Amazonia est le premier roman que je lis de James Rollins. Nathan Rand, scientifique isolé en Amazonie, n'a jamais perdu l'espoir de retrouver une expédition disparue 4 ans auparavant conduite par son père.
Cet espoir est relancé par une jolie docteur chargée de conduire une nouvelle expédition et qui l'invite à rejoindre son équipe.
Mais au plus profond de la jungle, une nature livrée aux mutations les plus folles les attend.

Alléchant, non ? C'est ce que je me suis dit en parcourant pour la première fois le quatrième de couverture. Il y a des moments où le lecteur est prêt à lire certaines choses, à découvrir certains territoires, à vouloir croire certaines histoires... Peut-être que si j'avais découvert ce roman l'année dernière, je l'aurais ignoré. Là, j'étais prêt et j'avais envie de me plonger dans la forêt dense et étrange de l'Amazonie.
C'est donc avec un enthousiasme non feint que je l'ai ouvert et croyez-moi ou pas, ce livre je l'ai dévoré en 3 jours. L'écriture de Rollins est agréable et facile à lire, les personnages sont sympathiques, même les méchants prêtent parfois à sourire tellement ils nous rappellent des acteurs de cinéma, le récit est bien construit même s'il faut accepter le postulat de Rollins (et que je ne dévoilerai pas ici) qui peut déconcerter.
Je  ne me suis pas ennuyé une seule seconde à la lecture de ce roman. Le récit s'enchaîne comme un film d'aventures (genre Prédators) où les scènes d'actions sont ponctuées de moments où les protagonistes peuvent se reposer.
Bref, vous l'aurez compris, Amazonia m'a procuré un très agréable moment de lecture. Bien sûr, il ne faut pas y chercher de la grande littérature. C'est un bon livre de série B, comme j'ai pu le lire sur un forum spécialisé.

mercredi 25 juillet 2012

No country for old men



J'ai découvert Cormac Mc Carthy avec la Route, dont un film superbe en a été inspiré. No country for old men a aussi été adapté au cinéma et avec quel succès ! ? 4 oscars ont couronnés les frères Coen.
No country est un polar-western absolument génial.
Moss est un type ordinaire -enfin si on peut qualifier d'ordinaire un mec qui vit dans une caravane, qui chasse la nuit, qui porte des santiags style Clint Eastwood et qui fait quoi le jour ? - bref, toujours est il que lors d'une de ses escapades dans la (rase) campagne texane, pas très loin de la frontière mexicaine, il tombe sur un carnage.
Des bagnoles en rade au milieu des champs déserts, des types refroidis par plusieurs balles, d'autres en cours de refroidissement, des armes et plus loin... ah, plus loin, une malette remplie de billets. Deux millions qui feraient bien l'affaire de Moss et qui ne se pose pas trop  de questions. Il planque donc la valise et se dit qu'il reviendra à la nuit tombée. Et il revient, s'en empare mais les narcotrafiquants débarquent à leur tour.
Une chasse à l'homme commence alors et c'est un véritable tueur à gages de la pire espèce et armé d'un pistolet à clous qui lui collera aux basques.
Comme toujours avec Mc Carthy, les dialogues sont superbes :

Même si vous alliez le trouver et que vous lui rendiez l'argent, il vous tuerait. Rien que pour lui avoir causé des ennuis.
 Il me semble que j'ai fait un peu plus que lui causer des ennuis.
Qu'est-ce que vous voulez dire.
Je crois que je l'ai pas mal esquinté.
Pourquoi croyez-vous ça ?
Je l'ai arrosé des pieds àla tête de chevrotine double zéro. ça m'étonnerait que ça lui ait fait tellement de bien.

Avant la confrontation finale, Moss trouvera une aide précieuse en la personne d'un vieux shérif philosophe et ayant souvent un train de retard.

No country for old men est un formidable polar même si, à mon goût, la fin est un peu trop rapide et manque d'explications et de détails, ce qui pourtant n'est pas l'habitude de l'auteur. Il représente également une bonne entrée dans son oeuvre si singulière.

Un enfant de Dieu


Lire Cormac Mc Carthy reste toujours un moment d'intense émotion et une expérience hors du commun. Peut-être parce qu'il a un sens de la ponctuation qui nous surprend ou bien un souci du détail à limite de l'agacement : "En arrivant à la boutique il s'assit sur une caisse sur la galerie et, à l'aide de son couteau de poche, coupa la ficelle qui s'enroulait autour de ses jambes et de ses pieds, retira les sacs, les secoua et les étendit sur la caisse avec les morceaux de ficèle, puis se releva. Il portait des chaussures basses, noires, trop grandes pour lui."
J'avoue que ce genre d'écriture peut s'avérer déconcertante. Et pourtant, pourtant, son oeuvre est aujourd'hui considérée comme l'une des plus marquantes de la littérature américaine contemporaine.

Lester a été chassé de chez lui, quasiment banni de son village. Réfugié dans les montagnes alentours, il va survivre comme il peut, c'est-à-dire comme une bête, un charognard qu'il devient de jour en jour. Ses raisonnements se simplifient et ses actes irréfléchis sont le résultat de ses pulsions animales.
Lester va donc sombrer dans une bestialité sanglante et violente. Il poussera jusqu'au meurtre et la nécrophilie.
Je n'en dévoilerai pas plus sur ce court roman (170 pages en format poche) qui se lit d'une traite une fois qu'on a compris la mécanique d'écriture de Mc Carthy. Comme toujours, ses dialogues font mouche :
Qu'est-ce que tu veux, Lester ?
Je t'ai d'jà dit. J'veux que t'enlèves ton sale cul de ma propriété. Et que tu remmènes ces crétins avec toi.
Fais gaffe à ce que tu dis, Lester. Y'a des dames.
J'en ai rien à foutre des gens qui sont là.
C'est pas ta propriété.
Putain qu'ça l'est pas.

T'as déjà été au trou pour ça. Je parie que tu veux y retourner. Le shérif en chef est par là-bas.
J'm'en fous bien où qu'il est le shérif en chef. J'veux que tous autant que vous êtes, enfants de salauds, vous partiez de ma putain de propriété.

Rien que pour ce genre de discours - et encore mon exemple n'est pas le plus révélateur- il faut se précipiter à la bibliothèque du coin ou chez le premier libraire pour s'offrir un des bijoux d'un auteur magistral.

lundi 23 juillet 2012

Tabou, Casey Hill



Livre reçu en cadeau, cela tombait bien car je voulais me le procurer. Un tueur en série met en scène de manière atroce les tabous de notre société. Voilà qui fait un résumé alléchant pour ce livre écrit à quatre mains car Casey Hill n'est autre que le pseudonyme de Mélissa Hill et de son mari Kévin.
Reilly Steel, l'héroïne du roman, experte de la police scientifique quitte sa Californie et débarque à Dublin. Formée à Quantico, le célèbre centre du FBI, elle va "apprendre" aux policiers irlandais comment travailler.
Très vite, un jeune couple est retrouvé assassiné. Meutre maquillé en suicide mais on ne trompe pas une star de la scientifique telle que Reilly. Bientôt, d'autres meurtres tous plus terribles les uns que les autres vont s'enchaîner.
Très vite aussi, le passé sombre et douloureux de Reilly va resurgir. Aidée par les policiers locaux et notamment le charmant Chris, elle mettra tout en oeuvre pour arrêter le coupable.
L'écriture des Hill est simple et sans fioritures, ce qui est parfait pour ce genre de roman. En revanche, la mayonnaise a du mal à prendre. On dirait qu'ils veulent écrire du noir sans y parvenir. J'ai éprouvé quelques difficultés à entrer dans ce récit trop "lointain" pour moi. Je ne suis pas vraiment entré dans la peau des personnages, je n'ai pas vibré, je n'ai pas eu peur. Même si l'idée de départ est bonne, même si j'ai préféré la seconde partie du récit, au final j'ai été très déçu.

Opale, Stéphane Lefevre, les nouveaux auteurs


Opale était dans ma PAL depuis un bon moment. Je l'avais échangé par voie postale avec l'un des miens et c'est une sympathique dédicace que Stéphane Lefebvre m'avait laissée sur l'une des premières pages.
Peut-être que ce "pavé" ne m'incitait pas à plonger dedans toujours est-il que j'ai fini par l'ouvrir.
Robin Mésange, journaliste pour un petit journal local (Côte d'Opale) capte dans son viseur le suicide d'un malheureux du haut de la falaise du cap Blanc-Nez. L'occasion est trop belle pour lui de s'échapper d'un quotidien lisse et fade.
Le journaliste va donc se muer en parfait enquêteur. Dès lors, sa vie va basculer. Tour à tour témoin, victime, suspect, il passera par tous les stades, par toutes les émotions. Il prendra des risques pour découvrir la vérité, parfois sordide, et pour les beaux yeux de la belle. Car comme dans tous les bons romans, il y a bien sûr une histoire d'amour.
L'écriture de Stéphane Lefebvre, même si je ne suis pas un inconditionnel du genre, est agréable, maîtrisée et surprenante. Il y a de l'humour, du suspens et de l'action. On ne s'ennuie pas durant les 650 (et quelques...) pages de ce roman paru aux éditions "les nouveaux auteurs".

Mapuche, Caryl Ferey, Gallimard




Mapuche est mon premier Férey. Cela faisait longtemps que je voulais découvrir cet auteur et jamais je n'avais sauté le pas. Après l'avoir entendu à la radio présenter son nouveau roman, j'ai donc filé à la librairie du coin.
L'histoire, pas banale, est celle de Jana, membre d'un peuple indigène de la pampa Argentine, artiste installée à Buenos Aires. Elle survit plutôt qu'elle ne vit dans ce vieux hangar abandonné par celui qui fut le mentor de Jana.
C'est aussi l'histoire de Rubèn, rescapé du régime dictatorial, aujourd'hui détective travaillant pour les mères de la place de mai.
Jamais ces deux êtres, écorchés par la vie, n'auraient du se rencontrer. Mais c'est dans la crasse et la mort que leurs destins vont se croiser, se lier, se mélanger jusqu'au dénouement dur et violent de ce récit sans concession.
En lisant Mapuche, j'en ai appris beaucoup sur l'histoire de l'Argentine des années 70-80.
Mapuche est l'un de mes coups de coeur de l'année.